‹ Histoire d'AllemagneChapitre 140 sur 150 · CONRADIN · texte numérisé non relu

CONRADIN

NTI

Vie et mort de Conradin : iadifférence de l'Allemagnb. — Bataille de | Tagliacozzo (1267). — Réalité et légendes.

L'Allemagne avait été fort indifiérente à la lutte et à la chute de Manfred au fond de l'Italie. Mais il y avait un enfant, une famille peut-être, chez elle, que cet événement intéressait. C'était le fils de Conrad IV, le jeune Conradin, agé alors de quinze ans. Elevé aux bords éharmants du lac de Constance, il vivait sous la tutelle éloignée des deux fils d'Otton l'Illustre de Bavière, l’un comte palatin, l’autre duc de Bavière, et de sa mère Elisabeth, qui avait épousé en secondes noces Meinhard de Gœrtz, comte de Tyrol et de Carinthie. Avec les titres brillants, mais vides, de roi de Sicile et de Jérusalem, son duché de Souabe et ses biens patrimoniaux, déjà bien échancrés, étaient sa seule ressource. Ses deux oncles, en querelle d’ailleurs l’un avec l’autre. et sa mère ne paraissent dans les chroniques avoir rien fait de sérieux pour le pousser à l'empire contre les deux compétiteurs étrangers que l'Allemagne ne voyait pas. Il était sijeune! Du vivant même de Manfred, quelques exilés italiens avaient déjà voulu exciter l'enfant (en 1261) à revendiquer la Sicile contre l'usurpateur. Ses tuteurs ne voulurent point s'engager dans cette affaire. Conradin s'était consolé avec sa jeunesse, avec la poësie, qui faisait alors partie de l'éducation d’un prince, el surtout avec un jeune homme déshérite, orphelin comme lui, le fils de Gertrude, fille de Frédéricile Batailleur, qui s'était remariée aussi en secondes noces, le jeune Frédéric qui avait vu son héritage maternel d'Autriche, passé à Ottokar de Bohême.

La mort de Manfred suivie de l’arrivée, à Constance, de

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