‹ Histoire d'AllemagneChapitre 143 sur 150 · BATAILLE DE TAGLIACOZZO · texte numérisé non relu

BATAILLE DE TAGLIACOZZO

de la grande lutte de l’empire et de ln papaulé. C'est juger ce dernier conflit, qui n’était plus guère que celui de deux ambitions, avce les idées d'un sièele auparayant, La coin position de ces deux armées rrecrutées presque entièré= ment de mercenaires soldés, comme presque toutes celles + de ce temps, étaient trop bigarrée, pour représenter une» cause nationale ! L'Allemagne se souciaitwpeu du dernier descendant ‘de ses empereurs qui allait là à lameconquête de leur héritage ; l'ambition de Charles d! marquis de Provence, à qui la Sicile convenait bien, iuspi= rait autant de crainte à la cour de Rome quesses, services méritaient de reconnaissance, On ne saurait Voir Midi | côté ni de l'autre de vrais éléments d'armée nalional@ ni + un dévouement général et réel à une cause européenné. Lés pieux saint Louis s'intéressait plus que la France à la d de Charles d'Anjou, et l'Allemagne, contente d'emperetirs qui ne la visitaient point, ne désirait plus guère voir refes nir chez elle un nouveau Frédéric. c Il paraît bien hors de saison aussi de rechercher de qhai côté était la justice et le droit, sur les rives de ce cours d'eau perdu dans les gorges des Abruzzes, et surtout de s'indignersoitcontre ce jeune etnoble aventurier qui venait raviver les vieilles querelles, pour revendiquer son Héritage perdu, soit contre ce frère de saint Louis, qui à la voix du pape était venu, en profitant des mêmes factions, pour Le lui ravir. Au point de vue du droit de famille, la revendication de Conradin sur la Sicile était fondée. Frédéric IE avait fait celui-ci, sans le consentement de la cour de Rome, il est, vrai, son héritier. Au point de vue du droit féodal, la prisé de possession du royaume par Charles était légitime. La papauté, qui avait érigé le royaume de Sicile en faveur des premiers conquérants normañds, pour en garder une suze- M

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raineté que tous reconnaissaient, n’avait-elle pas sur lui un droit de contrôle, nécessaire à son indépendance, à sa sécurité, à celle de l'Italie? Italiens, Napolitains, Siciliens étaient partagés sur la question. Le caractère et la conduite de Charles d'Anjou n'étaient point faits, il est vrai, pour recommander la domination d'un prince français. Mais le fils de Barberousse, le sanguinaire Henri VI, après avoir dépouillé, laissé mourir en prison les derniers descendants des rois normands, n'avait-il pas par des violences et des cruautés, qui avaient soulevé partout l’'indignation, implanté sa dynastie des deux côtés de phare? Ce royaume, Frédérioll ‘ne l'avait-il pas épuisé dans l'intérêt d'une ambition sans limite ? Le chevaleresque et poétique Manfred l’avait-il épargné, relevé? Sait-on ce que Conradin vainqueur serait devenu ?

Quand on a suivi avec intérêt un Alexandre III, un Grégoire [IX faisant cause commune contre l'empire allemand avec les républiques italiennes affranchies ; quand on les a vus avec impartialité, soutenir une lutte terrible, sans doute, dans l'intérêt de leur indépendance ou de leur ambition universelle et excessive, mais aussi dans celui de l’indépendance, de l'autonomie des autres souverainetéset nations menacées de la domination cosmopolite des Hohenstaufen, comment blâmer leurs successeurs d’avoir poursuivi une politique qui s’opposait à la réunion, parla même famille, de l'Allemagne et du royaume de Naples, dangereuse pour l'Italie et pour l'Europe! L'établissement d'une dynastie angevine ou autre, comme celle d'Aragon, par exemple, qui vintaprès, en ‘concurrence avec celle-ci, au midi de l'Italie, n’était-il pas plus dans l'intérêt général? La victoire de Conradin! mais elle eût été le recommencement d'une lutte qui n'avait que trop duré, la reprise d’une question qui avait été jugée,

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