‹ Histoire d'AllemagneChapitre 18 sur 150 · PROCLAMATION D'OTTON; SON MARIAGE AVEC BÉATRICE · texte numérisé non relu

PROCLAMATION D'OTTON; SON MARIAGE AVEC BÉATRICE

nombre d'évèques désignèrent donc à Halberstadt par un choix préparatoire Otton comme empereur. L'archevèque de Mayence Siegfrid, revenu de Rome et rentré dans son diocèse, en même temps que Bruno à Cologne, convoqua, selon son droit, une diète à Francfort à la fête de saint Martin, pour achever la révolution !.

I n'y avait pas beaucoup d'opposants, Innocent se chargea encore de les réduire. On surprend là l'étendue et l'activité de sa diplomatie. Le roi de France poussait contre Otton Henri de Brabant, fiancé aussi à une des filles de Philippe. Il cherchait à inspirer à Innocent des soupçons contre les intentions cachées d'Otton et à l'Italie des craintes qu'il avait réellement pour son royaume. Innocent lui objecta la promesse qu'il avait obtenue depuis longtemps d'Olton de ne point altaquer la France. Le roi de Bohème Oliokar, dont le fils était aussi fiancé à une troisième fille de Philippe, craignait ses voisins, le margrave de Misnie et le landgrave de Thuringe, passés de suite à Otton. Le pape, pour le persuader, leva l'excommunication qui pesait sur lui depuis qu'il avait renvoyé la fille du margrave de Misnie et épousé la fille du roi de Hongrie. Le roi de Danémark Waldemar avait vu avec plaisir le Saint-Siège excommunier, à Brême, le protégé de Philippe de Souabe ; ilné demandait pas mieux que de ne pas montrer de mauvais vouloir. Louis de Bavière redoutait l'avènement du fils d'Henri le Lion, dont il avait recueilli le duché el les biens bavaroïs. On lui donna loutes les garanties qu'il voulut, 200 mares et les biens des meurtriers de Philippe de

M Regist, de neg. imp., 160, 161, 162. — Chron. Sampetr., Hi : Moguntinus regiam euriam omnibus principibus Frankenvurd adiendam promulgavit in feslo sancti Martini.

g9 RÈGNE D'OTTON IV (1203-1218)

Souabe. Il y avait bien encore l'héritier direct de Philippe de Souabe, son neveu Frédéric-Roger, qui pouvait penser à faire valoir ses prétentions à la couronne d'Allemagne. Mais il était loin, faible; et il n’avait pas pour lui Innocent.

La dièle royale de Francfort (11 novembre 1208), fut l’une des plus nombreuses qu’on eût vue depuis longtemps. Les princes et évêques de Bavière, d'Autriche, de Souabe, de Franconie, de Saxe, d’une partie de la Lorraine s'y trouvaient. Les princes et les évêques du Nord-Ouest, de Hollande, de Namur, sous l'influence du duc de Brabant, et ceux du royaume de Bourgogne, qui commençaient à se détacher de l'empire, ainsi que Berthold de Zœæhringen, manquaient. Le chancelier, accompagné du maréchal de l'empire, avait apporté les insignes de l'empire du château de Trifels, à la condition qu’ils fussent maintenus l’un et l’autre dans leurs charges. Pour que rien ne s’opposât plus à la reconnaissance d'Otton à qui l’on avait toujours reproché la minorité de sa première élection, tous les princes présents proclamèrent Olton roi. Un acte d'intérêt autant que de générosité acheva la réconciliation des partis. La fille aînée du malheureux Philippe de Souabe, âgée de dix ans, Béatrice, conduite par le chancelier de l’empire, vient implorer la vengeance de son père, la pitié d’Otton; les princes en tumulte mettent au ban de l'empire l'assassin et ceux que l'on regardait comme ses complices, les comtes d'Andechs, de Styrie, et l’'évèque de Bamberg. Otton promet de protéger l’orpheline et de la prendre pour femme, comme on en était convenu à l'avance, pour effacer les discordes qui avaient si longtemps séparé les deux familles en

! Contin. Weïing. : Universis pene principibus et optimatibus romant regni coadunalis in Francowurth.

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