MARIAGE D'OTTON AVEC BÉATRICE
deux factions !. C'était en même temps assurer à Olton, mari de l'aiaée des filles, déclarée héritière du royal défunt, au moins l'administration du duché de Souabe, et les possessions, fiefs, villes et châteaux, universa prædia, castra, civilates etoppida de la famille, dont les deux autres filles étaient allées rejoindre leurs fiancés de Brabant et de Bohéme. Le roi et les princes prétèrent le serment « de maintenir la paix publique sur terre ét sur mer, » comme la légendé altribuait à Charlemagne et à Ollon le Grand de l'avoir proclamée 2.
« Unenouvelle lumière s'était élevée dans l'empire», disait l'annaliste Arnold de Lübeck, «une ère nouvelle de joie et de tranquillité, jucunditas pacis et securitas quielis, allait s'ouvrir, » Otton IV, faisant œuvre de souverain, commença sa royale chevauchée à travers l'Allemagne, pour mettre la main partout au rétablissement de l'ordre, et envoya à Rome un notaire et un chapelain, pour avoir les dispenses nécessaires à son mariage avec Béatrice et fixer l'époque à laquelle il pourrait être couronné à Rome.
En remontant le Rhin, le nouveau roi étendit les privilèges de Worms et de Spire, les deux villes fidèles, monta & Trifels où il avait été prisonnier comme otage du roi Richard, séjourna à Haguenau, demeure favorite des empereurs souabes, et revint à Cologne, pour y surveiller la no- Mination du nouvel archevêque, Thierry de Hengebach, après la mort de Bruno. De là, il se rendit à Augsbourg, et
À Ant, col. max 823 : Filia P. Regis cum universis, quæ possides rabän dolem ei datur pro bonum pacis et concordiæ, — Gusin Hall. : Filia P. R. ei est tradila in uxorem cum omni hereditale et
monio universo.
#Lie.;1bi rez primo et deinde celeri principes jurant firmam pacem lerra marique servandam.
y tint une grande diète (4 janvier 1209), où se trouvaient les princes et les évêques du midi de l’Allemagne. Le jugement rendu sur les assassins de Philippe de Souabe y fut confirmé et exécuté. Louis de Bavière prit d'assaut, fit raser le château de famille des Wittelsbacb, et s'empara de ses biens. Le maréchal d'empire, Henri de Calden, trouva le meurtrier lui-même, caché dans l'écurie d’une ferme d'un couvent, où il donnait par passe-temps de son bouclier sur les cornes d’un bélier; ille tua de sa propre main, en vertu d'un jugement, et trancha sa tête, qu'il jeta dans le Danube, laissant là son cadavre, qui resta neuf ans sans sépulture. Telle était la sanction de la justice au xime siècle, au moins en Bavière. Le château d’Andechs, résidence de famille du margrave de Styrie, soupçonné de complicité, fut aussi détruit ; et ses fiefs impériaux d’Istrie etde Carniole auraient passé également à Louis de Bavière, si le patriarche d'Aquilée ne les avait réclamés et obtenus comme prix de son adhésion à Otton. Le margrave de Styrie, par un pèlerinage en Terre Sainte, et l'évêque de Bamberg, soupçconnéségalement, sauvèrent leur vie, grâce à un pèlerinage à Rome.
Otton se piquait de juslice ; les chroniques nous disent qu’il répandait la terreur, more leonino, parmi les brigands et les criminels, pour la plupart de petits seigneurs 1. Il avait donné ordre au maréchal Henri de Calden, sur cinq perturbateurs de la paix faits prisonniers, d'en décapiter un et de faire pendre les autres. Mais il apportait beaucoup d’orgueil et de brutalité dans la répression, même dans ses rapports avec les comtes et les scigneurs auxquels il n'avait rien à reprocher. On s’apercevait que, sous prétexte de jus-
4 Chron. Ursp. : In Sueuia, cœpit predonibus et facinorosis Lerrorem inculere et judicia super eos exercere.