‹ Histoire d'AllemagneChapitre 22 sur 150 · CHEVAUCHÉE ROYALE D'OTTON EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

CHEVAUCHÉE ROYALE D'OTTON EN ALLEMAGNE

cesse ne peut rien m'apporter que je ne possède déjà, Pour la richesse de celle-ci, elle est pelite, puisque l'héritage de son père doit être partagé avec ses sœurs. C’est le vœu de l'assemblée que je fasse ce mariage, malgré les liens de pareté qui existent entre moi et la princesse. Dieu m’estté moinque j'aimerais mieux vivre sixmille ans et rester aussi longtemps célibataire que de mettre mon âme en péril en me mariant ; mais c'est aux cardinaux présents à se prononcer à ce sujet. » Ceux-ci, après s'être retirés pour délibérer, déclarent que ce mariage est prescrit par le pape comme un devoir à Olton dans l'intérêt de la paix de l'empire et de la réconciliation des partis. L'abbé de Morimond, se lève alors : « Celle union, dit-il, n'en est pas moins une infraction aux règles de l'Église; Otton ne peut y satisfaire qu'en s'engageant, comme roi, à protéger les couvents et l'Église, les veuves et les orphelins, à bâtir, de ses deniers, ‘un couvent de l'ordre, et à faire une croisade. » L'assemblée des princes et des évêques donne son assentiment, qui n'était pas sans importance, à cette sorte de comédie. Le roi se hâte de promettre tout ce qu'on veut, Lu princesse Béatrice encore enfant, arrive devant le roi, qui se lève pour la saluer. Sollicitée de donner son assentiment à ce que l'assemblée avait résolu, l'orpheline répond affirmativement. Le roi lui passe alors au doigt l'anneau, Jui donne le baiser de fiancée, la conduit à la place d'honnéur entre deux cardinaux, ét dit aux assistants : « Voici xolre reine, honorez-la comme il convient ! ».

Olion donne alors rendez-vous aux assistants dans la plaine du Lech, près d'Augsbourg, au jour de Saint-Jacques,

AWoïr, pour ces détails, Arnold de Lub., VII, 15. Comp. Otto S. Blas., CEA

pour l'expédition d'Italte : les princes et comtes présents s'y engagent par serment. La somme à payer par ceux qui resteraient est fixée; et, après avoir envoyé sa nouvelle femme à Brunswick et laissé son frère, le comte Palatin, pour administrer la Souabe et la Franconie, lui-même, à la tête d'une petite armée de 3000 lances et de nombreux piétons, en tout une dizaine de mille hommés, il part, le 25 juillet, pour l'Italie.

JI

Expédition d'Otton IV en Italie. — Il est nommé et non consacré empereur à Rome. — Il menacs le pape et le royaume de Naples. — Innocent III l’excommunie. — Otton repasse en Allemagne (1209- 1212).

Il y avait onze années que l'Italie n’avait vu un empereur. Otton devait la trouver bien changée. Dans le nord, aux rivalités de principe ou d'intérêts qui avaient si souvent mis. les cités aux prises auinom des papes ou des empereurs ou pour des rivalités de commerce et de transit, s'étaient ajoutés dans l'intérieur des cités, et surtout à Milan et à Crémone, les luttes des nobles, des chevaliers (milites) et des bourgeois ou du peuple. La plupart n'avaient trouvé la paix qu’en remettant une partie du pouvoir ou de la police municipale à des podestats, quand une des deux factions était assez puissante pour imposer son choix à l’autre. Portés par la noblesse, quelques seigneurs tentaient déjà ainsi de s'élever à une sorte de puissance quasi-princière, dans les villes de la Marche Véronaise, à Ferrare, à Mantoue et ailleurs, par exemple les familles d'ailleurs ri.

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