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OTTON IV REPASSE EN ALLEMAGNE

tantôt l’autre, et anathématiser tantôt celui-ci tantôt celuilà, et il craint que la maison de Dieu ne paye pour les folies de son maître. » Un moine même, à Rome, du nom de Capocci, ennemi du pape, s'écrie que « les paroles d'Innocent sont de Dieu, mais ses œuvres du diable ». L'incrédulité religieuse et l'indifférence politique gagnent à ces querelles.

La présence subite d'Olton, de retour en Allemagne, empêche la défection des princes de s'étendre, mais sans lui enramener beaucoup. A Francfort, un assez grand nombre de princes laïques,surtout du nord-ouest, de la basse Lorraine, viennent le saluer, mais très peu d'ecclésiastiques. A lu diète de Nuremberg, un peu plus tard (13 mai), il ramène Léopold d'Autriche, et, soutenu par le duc de Misnie et Albert de Brandebourg, il prononce la déchéance ‘du roi de

Bohême, Oltokar, en faveur de son fils du premier lit. Mais l'archevèque de Cologne, Siegfrid, nommé légat par le pape, le landgrave de Thuringe et quelques autres princes empêchent ceux-ci de le saluer empereur, en rappelant combien de fois il a été excommunié !,

Un semblant de guerre commence en juillet. Otton envahit la Thuringe et assiège Weissensee avec une formidable machine amenée d'Italie, une invention du diable (déabolico instrumento), qu'on appelait triboek, et qui lançait des pierres énormes *; en désespoir de ne pas prendre cette forteresse, il ravage tout le pays d’alentour, quaad il apprend que Frédéric arrivait en Allemagne : « Écoutez le beau conte, dit-il à ses compagnons, le roi des prêtres

4 Chron. Mont. Ser., p. 183 : Imp, erebre excommunicatum denuneiabat et ne quis eum imperatorem appellaret sub pæna excommunicalionis prohibebat.

# Chron. Sampetr., p. 84, 85.

vient pour nous chasser. » Confiant dans sa fortune, il se rend en août au château de Nordhausen, y consomme son mariage avec sa fiancée Béatrice, alors en pleine jeunesse. Mais celle-ci meurt quelques jours après, au milieu des fêtes, empoisonnée, disait-on, par une maîtresse de son mari, venue d'Italie. Avec cette catastrophe, commencent les malheurs d'Otton IV. En eftet, le jeune Frédéric- Roger, que les deux francs seigneurs de Souabe avaient été chercher, mettait, à son tour, le pied en Allemagne.

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Frédéric passe en Allemagne. — Ligue d'Otton [IV et de Jean sans Terrecontre Frédéric et Philippe-Auguste.— Rôle européen du pape.— Constitution d'Ægra. — Bataille de Bouvines (1214). — Fin d’Othon IV.

Le petit-fils de Barberousse avait dix-sept ans quand ilse décida à aller revendiquer l’empire de son grand-père.

Pour un petit roi de Sicile, qui n'avait vécu que de la protection pontificale, au milieu des factions, c'était risquer beaucoup que de s’aventurer ainsi sur la haute mer de la politique européenne. Sa femme, Constance l’Aragonaise, itenta de l'arrêter par ses larmes, en lui montrant son jeune fils Henri, dont il risquait l’'humble fortune. Mais l'héritier et le successeur, en Sicile, des aventureux rois normands, avait bien dans les veines du sang impérial de son père, Henri VI, et de son grand-père, Barberousse. Deux années auparavant, en conférant un privilège à un moine souabe, il avait déjà annoncé qu'il revendiquerait au moins le duché allemandde ses pères. Comment enfin résister aux prières que des princesallemandslui faisaient parvenir, aux tentations de l'ambition naturelle à la jeunesse ?

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