Tome V
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déric Il, sans avoir été dans la mêlée, y trouvera, dans se lutte contre Otton IV, la couronne impériale ; et le pape qui, de Rome, a tout mené, y gagnera, en Allemagne, un souverain à sa dévotion, au moins pour un temps, y recouvrere ses États menacés dans la péninsule, la suzeraineté du royaume de Naples, et assurera, avec la suprématie pontiffcale qu’il aimait à exercer sur le monde, l'indépendance et l'autorité de l'Église universelle, pour les dominer. Les passions et les intérêts ecclésiastiques n'ont pas moins de part à cet événement que les passions et les intérêts politiques, comme à tous les événements de ce temps. La bataille de Bouvines est un grand fait européen ; et le principal vainqueur, qu'il le veuille ou non, sera celui qu’on peut regarder, à juste titre, à cette époque, comme le maître du jeu du monde, Innocent III.
Pour s'expliquer le rôle de ce pape tout-puissant dans cet événement qui semble, au premier abord, si loin de sa portée, il faut se rappeler que, dans les parties les plus éloignées de l’Europe, aucun succès n'était alors refusé à la foi ardente et à l'ambition sans limites de celui qui avait débuté dans son pontificat en renversant, presque sans le vouloir, au profit des Latins, l'empire de Byzance, en 1204.
C'était alors que les croisés du Nord de la France, qu'il avait armés non plus contre les Infidèles, mais contre les bérétiques du Midi, contre les Albigeois, passaient dans le bassin de la Garonne, prenaient Agen, assiégeaient Toulouse, Montauban, et, malgré les plaintes de Raymond de Saint-Gilles, des habitants spoliés et chassés de leurs villes prises ou de leurs maisons incendiées, prenaient possession des fiefs et châteaux du maître du pays et y préparaient la chute d’une civilisation florissante.
La même année, une nouvelle invasion mahométane,