LE PAPE HONORIUS HI
de croisés s'en revenaient. Il y avait encore à faire en Orieat.
Frédéric, pendant l'hiver de 1219-1220, s'était réellement occupé de la croisade aux diètes de Nuremberg et d'Augsbourg ; mais, ce qui était bien naturel aussi, il tâchait de pourvoir au gouvernement de l'empire en son absence. Il pressait quelques princes de Le suivre en Orient et demandait au pape d'en dispenser ceux qui paraîtraient nécessaires à l'administration de l'empire. Pour lui enfin, il annonça décidément son départ en Allemagne et à Rome, mais non sans de nouvelles exigences. Il demanda et obtint d'être couronné empereur en chemin, à Rome, afin de prendre comme tel lecommandement de l'expédition ; et, sans vouloir réunir la Sicile à l'Allemagne, il exprima le désir que la Sicile lui revint, au cas que son fils Henri mourût sans fils ni frère. Le pape lui fait encore cette concession le 19 février 4220. Pour remerciement, Frédéric, toujours plus exi= geant, lui écrit qu'il serait heureux de ne pas abandonner la Sicile sa vie durant et ne cache pas l'espoir d'obtenir cela de Sa Béatitude quand il sera en sa présence !. L'abbé de Fulde part pour trailer avec le pape, avec le sénat et le peuple romain, du couronnement de cet insatiable ambitieux.
Pour Frédéric lui-même, il ne quitte point l'Allemagne sans avoir atteint le but que sa souple et patiente diplomatie avait poursuivi, en abusant de la faiblesse d'Honorius III. Entre le 20 et le 26 avril 1220, il y avait à Francfort une solennelle réunion des premiers princes de l'empire. Les archevêques de Cologne, de Mayence, de Trêves, de Magdebourg, beaucoup d'évèques, les ducs de Bavière et de Brabant, le landgrave de Thuringe, les margraves de Namur et
A Hull. Breh., 92, 742 : De ipsius regni nobis in vita nostra
dominio reservanda, cum in vestra fuerimus præsentia constituti a vestra Heatitulines speramux.
de Bade, les officiers de la cour de Frédéric y étaient. Deux d'entre ceux-ci, l’échanson Walter de Winterstett et l’'écuyer tranchant Eberhard de Waldebourg, s'agitaient beaucoup. Quel prince s’élait montré plus prodigue que Frédéric Il d’honneurs, de privilèges, de concessions, d'immunités aux princes et seigneurs et surtout aux ecclésiastiques? Le mois d'avril 4220 est celui où il semble dépasser encore toutes ses générosités ! L’archevêque de Cologne, les évêques d'Utrecht, d’Aix-la-Chapelle, le duc de Lorraine, des monastères y ont part. Deux villes, Spire et Nuremberg, reçoivent des privilèges avantageux. Enfin un acte plus considérable et plus général que toutes ces chartes ou diplômes particuliers s'accomplit, le 26 avril, au profit des princes et des évêques.
Dans un document solennel alors promulgué, Frédéric renonce au droit impérial d'établir de nouvelles taxes, d'’introduire de nouvelles monnaies dans les territoires des princes, sans leur consentement. Il s'engage à ne plus recevoir leurs vassaux ouserfs dans lesmurs deses cités impériales ou dans leurs banlieues (Pfahiburger); il restreint à l'espace de quinze jours l'exercice exceptionnel de la juridiction desofficiers royaux dans les résidences temporaires de la cour. Aucun château impérial ne sera plus bâti sur les terres de l'Église particulièrement, et aucune prétention impériale ne sera valable sur les fiefs ecclésiastiques. Les. baillis d'église ne prêteront pas hommage aux officiers royaux. Tout laïque enfreignant cette règle sera mis hors la loi. Ceux que les ecclésiastiques excommunieront ne pourront plus se réclamer de la loi civile. Six semaines après l'excommunication, ils seront au ban de l’empire et ne pourront avoir d'avocats. Les princes, en revanche, promettent aide et secours au roi contre les rebelles. Frédéric impose à ses héritiers et successeurs le devoir