COURONNEMENT DE FRÉDÉRIC II A ROME
Dans la turbulente Romagne, Bologne cède le comté d'Imola dont elle s'était emparée et prête serment et hommage ; la paix estrétablie entre cette ville et Faenza; la petite ville de Forliseule est maltraitée. Il y avait encore en Toscane des conflits sur les biens de la comtese Mathilde, entre les droits impériaux et pontificaux, entre ceux-ci et les villes, C’est à l'avantage de l'Église de Rome, à laquelle il restitue ces biens, que Frédéric terminecesdifférends.« Vous ne vous repeulirez pas, » écrit le jeune empereur élu à Honorius, « d'avoir élevé et chéri un tel fils; nous nous rendons aux pieds de Votre Sainteté; vous aurez bientôt le fruit désiré de l'arbre que vous avez planté. » Honorius, en novembre, envoie cependant au-devant de ce fils l'évêque de Tusculum et le chapelain Altrinus pour blâmer l'élection de Henri en Allemagne, pourrappeler les dangers de l'union réelle de l'empire et de la Sicile, et exciter en même temps le zèle impérial contre les Patarins et contre les Infidèles d'Égypte, où, comme on avait pu le prévoir, les chrétiens à leur tour se trou+ vaient déjà menacés duns leur conquête de Damiette. 1] fait rédiger à l'avance les capitulations nécessaires au maintien de l'union de l'empire et du sacerdoce et il les communique à Frédéric pour qu'il les approuve. Celui-ci accepte tout des mains paternelles d'Honorius. Il n'épargne point ses promesses ordinaires ; il reconnaît qu'il a reçu par sa mère en fiefde l'Église le royaume de Sicile. Comme le pape lui a fait dire que c’est en vue de la croisade qu’il veut le couronner, specialiter hac de causa, il s'engage à partir; et le pape annonce au légat Pélagius à Damielte la prochaine arrivée de l'empereur couronné. C'est ainsi que Frédéric entre à Rome enfin, le 22 novembre 1220, jour de Sainte-Cécile #,
* Huillard Breh., Introd., p. CX, et au Supplément la lottro inédite trouvée dans les rouleaux de Cluny-
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«r LOI CONSTITUTIVE CATHOLIQUE DE 1220 495 .
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yer de suite à Damiette, en attendant, 500 chevaliers. Après ce couronnement et ce vœu, une loi constitutive eatholique, en neufarticles, fut promulguée, à Saint-Pierre de Rome, et contresignée du pape et de l'empereur, pour être exécutée dans tout l'empire et enseignée par les docteurs en droit de la célèbre nniversitéde Bologne. « Elle annulait tous les statuts et toutes les coutumes qui s'étaient introduits dans les villes, contrairement à la liberté de l'Église, qui, avec l'aide de Dieu, ne pouvait vouloir que le bien, et à tous les droits personnels des ecclésiastiques et aux prescriptions canoniques et impériales. Ceux qui contreviendraient à ces décrets seraient déclarés infâmes et leurs biens confisqués. Elle libérait de tout impôt les églises, les fondations pieuses et les prêtres, sous peine d’une triple res titution. Elle mettait au ban de l'empire toute personne qui serait restée une année sous l'excommunication de l'Église. Elle interdisait à tout défendeur et juge de citer des ecclésiastiques devant le pouvoir civil. Elle notait d'infamie et dépouillait de leurs biens tous les cafharins, patarins , arnaudistes et autres hérétiques ou fils d’hérétiques, or donnait à tous les magistrats civils, juges, recteurs, etc., sous serment, d'informer contre eux, et meltait les auteurs et fauteurs d'hérésie et les seigneurs qui les souffraient , hors la loi. Elle portait des peines contre l'affreux droit de bris et d'epave exercé encore de ce temps, aux dépens des malheureux naufragés. Elle prenait sous sa protection la personne et les biens des croisés et en rendait les évêques responsables sur leurs territoires. Elle prohibait l'attaque des cultivateurs du sol et l'enlèvement de leurs bœufs et de leurs charrues etinstruments detravail !. » Rédigée touté «
A Pertz, Mon, Germ., leges, IV, 123. Huillard Breb., Il, 2-6.