‹ Histoire d'AllemagneChapitre 51 sur 150 · CHUTE DE DAMIETTE EN ORIENT · texte numérisé non relu

CHUTE DE DAMIETTE EN ORIENT

’ couronne. Comme en Allemagne, avant d'accomplir son vœu de croïséen personne, il crut que c'était son premier devoir de rétablir son autorité dans son royaume méridional et d'y faire règner la paix, du moment où le pape lui-même, avéc son concours, rétablissait sa suzerainelé à Spolèle, à Forli et dans les États dont la possession lui avait été impérialement confirmée.

Or l'état du royaume et surtout de la Sicile appelait les plus prompts et les plus énergiques remèdes des deux côtés du phare, En terre ferme, les droits el les biens royaux avaient été fréquemment usurpés. En Sicile, les Sarrasins ne restaient plus campés dans les montagnes du centre; ils descendaïent dans la plaine etpénétraient pour piller jusque danses villes ouvertes. Au point de vue légal, une réunion à Capoue de juristes, de grands laïques et ecclésiastiques du royaume procède à la revision des privilèges qui, pendant la minorité ou l'absence de Frédéric, avaient été usurpés, extorqués ou falsifiés, an détriment de son autorité. Un édit en vingt paragraphes ! dut servir de règle à cette opération destinée à ramener les choses au temps du roi normand, Guillaume le Bon, d'heureuse mémoire. Frédéric, dans un diplôme particulier, donne la raison de sa conduite : « l'état de notre royaume, dit-il, nous est resté longtemps inconnu; nos droits ont été méprisés, usurpés, par beaucoup deseigneurs etde prélats. Maintenant nous voulons que tout soit éclairé par la lumière du droit et ramené sous notre gouvernement à l'état de justice 2. »

Ÿ Rle. Sang. L: mperator se reclo tramite Capuam conferens, et regens bi curiam generalem pro Lono statu regni suas assisias prom it quæ sub viginti capitulis continentur,

3 H. B., HN, 101 : Omnia volumus sub jure lucesccre et cuncta sub regimine nostro in statu justitiæ reformare.

Il n’y avait là rien que de très naturel. Honorius, qui voyait avec peine Frédéric nommer un duc en Romagne et procéder à la revendication de bourgs et châteaux sur l’abbé du Mont-Cassin et sur les comtes de Molise, de Celano et d’Aquila, craignait surtout qu'il n'attaquât aussi des privilèges d'Église qu'il s'était engagé à respecter. Il avertissait donc son ancien pupille de s’enfoncer moins dans les affaires de son royaume et de se préoccuper plutôt de l'Orient. Celui-ci, ayant envoyé pour la seconde fois (13 juin), sous le commandement du comte de Malte et du chancelier de Sicile, Gautier de Paléar, de nouveaux renforts de croisés en Égypte, Honorius l’en remerciait; mais, en août, le pape regrettait qu'il ne partît point lui-même et il l’'exhortait « à accomplir en personne les promesses faites à Dieu, » quand la nouvelle retentissante de la chute de Damiette, récemment prise, arriva en Europe.

Le légat du pape en Égypte, Pélagius, ayant reçu en mai les premiers secours envoyés par Frédéric, avait, malgré les recommandations faites par celui-ci, entraîné de suite les chrétiens et Jean de Brienne, de retour, pour marcher sur Kahira, où les mahométans étaient venus camper sous le commandement de Malek-ei-Kamel (le 15 juillet). Mais il fallaittraverser le Delta, coupé, comme onsait, par les bouches du Nil et par des canaux où l’on avait accumulé les obstacles et les défenses. Les croisés, tâchaient à force de peines d'en triompher, quand des nuées de cavaliers apparurent et les criblèrent de flèches à distance. Jean de Brienne voulut s'arrêter. Le légat Pélagius l'acusa de trahison ; les chrétiens, quoique déjà découragés, continuèrent. Mais bientôt, sur l'ordre de Malek-el-Kamel, l'ouverture des barrages et écluses, le percement des digues transformèrent la plaine en un vaste marécage boueux où les croisés ne pouvaient plus

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