PREMIÈRES DIFFICULTÉS AVEC LA LIGUE LOMBARDE
trouva tous les supplices trop doux pour le meurtrier et lui souhaita de prendre tout vivant le chemin de l'enfer.
Premières diMicultés avec la ligue lombarde. — Établissement de l'ordre teutonique en Prusse. — Arbitrage d'Honorius en 1225-1227.
L'archevêque Engelbert avait été appelé avec raison, « le père de la patrie, l'honneur de l'Allemagne ». La paix fut rompue après lui, sous un roi jeune, émancipé par son mariage et entouré de jeunes compagnons qui ne songéaient qu'à mener avec lui joyeuse vie. Vainement l'empereur mitil auprès d'Henri pour conseiller un des princes les plus dévouëés à sa maison, le duc de Bavière, Louis. Celui-ci ne futni assez habile pour se faire écouter, ni assez fort pour se faire respecter. « On retomba, dit un annaliste, comme en Israël, quand il n’y avait pasde roi; chacun faisait ce qu'il voulait, » À Ratisbonne deux évêques élus, un Gottfried etun Sifried, l'un soutenu par le pape, l'autre par le roi, se disputent avec des ravages la ville et le territoire de l'évêché. Au nord, le roi de Danemark, Waldemar, infidèle aux promesses qu'on lui avait arrachées, envahit de nouveau le Holstein, avec le duc de Lunebourg et s'empare de Hambourg, malgré le comte de Schwerin et les Lubeckois. Au Pays-Bas, un vassal révolté de l'évêque d'Utrecht brave les troupes lourdement armées de l'évêque et des comtes de Gueldre et de Hollande. Ces troupes s’enfoncent dans un marais; l'évêque, fait prisonnier périt au milieu des supplices; le duc de Gueldre, prisonnier aussi, meurt en captivité, Le successeur de l'évêque d'Utrecht ne peut user que des armés impuissantes de l’excommunication contre ses
ennemis. « Malheur au pays, disait-on, qui a un enfant pour roi. » L'Allemagne, sentant le désavantage d’avoir un souverain si puissant que sa grandeur le retenait tonjours loin d'elle, l'appelait vainement. L'empereur ne bougeait, mais n'était pas plus disposé pour cela à partir pour la croisade.
Comment Frédéric aurait-il quitté aussi l'Italie? Jean de Brienne n'avait pas vu sans dépit son gendre, dans la Palestine, recevoir par délégué l'hommage de ses vassaux, prendre sous sa protection spéciale l'Ordre teutonique et nommer ua lieutenant du royaume. Il se plaignait au pape. Honorius plaidait au moins les convenances en faveur d'un prince qui ne devait point, au scandale de beaucoup, « trouver une déchéance où d’autres trouvaient un accroissement d'honneur t» et il le consolait en le nommant Recteurdu patrimoine de l'Église, au risque de mécontenter Frédéric. Enfin l'accord même si difficilement maintenu entre Frédéric Il et Honorius !II, commençait à se troubler. La courde Rome ne voyait pas sans crainte à côté de Lucera s'élever une nouvelle colonie mahométane, à Nocera. La fondation de l'université de Naples, où l’on enseignait à la fois la théologie el le droit romain, la médecine, la grammaire et la dialectique, sous Pierre d'Isernia, son premier recteur, excitait ses appréhensions. Les réformes entreprises par Frédéric dans son royaume ne respeclaient pas toujours les privilèges de l'Église. Il y avait des conflits dans la Toscane, dans le duché de Spolète et dans la Romagne, où se rencontraient les lieutenants impériaux et les légats du pape. Enfin d’autres causes, au Centre et au Nord de l'Italie, pouvaient attiser davantage le conflit.
4 Hoïll. Breh., II, 526, 531, 538, 596. Raynald, ad ann., 25. Dom Buuquet, XVIII, 311.