PREMIÈRES DIFFICULTÉS AVEC LES LOMBARDS
dez-vous à son fils, quelques princes allemands seuls, entre autres, Louis de Thuringe, ayant traversé l'Autriche et l'Istrie, étaient arrivés par merrejoindre l'italien Azzon d'Este. Le roi des Romains, Henri, et les autres princes qu'il devait amener, ne s'y trouvaient pas. Frédéric recula, de Päques à la Pentecôte, la diète de Crémone. Henri ne s'y trouva pas encore davantage. Lorsque celui-ci descendit, en effet, par Trente, la vallée de l'Adige, les habitants de Vérone se précipitèrent aux cluses ou défilés, qu'ilsavaient récemment fortifiés, et lui barrèrent le chemin. De Parme, où il était arrivé avec peu de monde, Frédéric ne pouvait songer à employerla force. Ienvoyal'évêque de PortoetdeSainte-Rufine, le patriarche de Jérusalem et le grand maître de l'Ordre Teutonique, offrir une indemnité aux Recteurs de la Ligue, qui étaient à Mantoue, pour le passage de son fils. Les Reeteurs répondirent qu'ils accorderaient le passage à Henri avec 1200 chevaliers, mais, à la condition que l'empereur renverrait ses barons napolitains el s'engagerait, sous serment garanti par Honorius, à ne mettre au ban de l’empire ni atlaquer aucune des villes de la Lombardie, de la Romagne et de la Marche. « J'aime mieux souffrirune injure que de consentir à ma honte, » répondit Frédéric. Il était venu « apporter la paix », écrivait-il, le 20 août, à Honorius, “et on lui opposait le scandale ; il venait avec bienveillance, on l'accueillait avec méchanceté !. » La grande opposition que Frédéric devait trouver à sa toute puissance se dressait pour la première fois devant lui.
Tandis que son fils repassait les Alpes, en laissant Trente en flammes, Frédéric revint avec ses évêques et princes
1 Huïll, Bréh., Il, 643. Maluit sibi illatas injurias suslinere quam ad inconvenientias obligart.
fidèles à Borgo-San-Donino, mais seulement pour y exhaler sa colère. Il y accusa les Lombards d'avoir apporté par leur résistance un nouvel obstacle à la croisade. Le cardinal de Porto, légat pontifical, essaya d'intervenir. Il se rendit à Mercaria près des Recteurs, sur l'Oglio. Ceux-ci paraissaient plutôt se moquer des négociateurs que les prendre au sérieux, potius illudere quam salisfacere. Alors, le 11 juillet 1226, l'évêque allemand Conrad d'Hildesheim, après avoir lu la bulle qui menaçait d’excommunication tous ceux qui feraient obstacle à la croisade, lança l’interdit contre la Ligue lombarde. L'empereur, après lui, la mit au ban de l'empire, lui retira tous les privilèges, droits et honneurs, accordés par la paix de Constance, ordonna le licenciement de ses écoles, et particulièrement de l’Université de Bologne, défendit tout commerce avec ces villes, et déclara leurs habitants hors l'honneur et la loi.
C'était une menace vaine et dès lors une faute. La cour de Rome, ne pouvait laisser faire une guerre qui retarderait la croisade de 1227. Elle retira l’excommunication lancée par l'évêque d'Hildesheim comme outrepassant ses pouvoirs. Convaincu de son impuissance, Frédéric rappela ses troupes du Nord et écrivit, le 29 août, humblement, humiliter, comme un fils obéissant, à Honorius, pour demander son arbitrage. Arrivé au nord avec fureur, Frédéric retornuait la douleur au cœur dans son royaume dun midi !.
Arbitre entre Frédéric et les Lombards, le pape Honorius mit en présence à Rome les envoyés des Lombards et ceux de l’empereur, et les accorda, comme deux plaideurs, à son profit et à celui de l'Église ‘7 janvier 1727). L'empereur dut retirer le ban qu'il avait jeté sur les villes lombardes et
{ Chron. Placent : Ipse venit cum furore el recurril cum dolore