ARBITRAGE ET MORT D'HONORIUS (1227) É
rouvrir l'Université de Bologne. Les Lombards exécuteraient ses lois contre les hérétiques, et s'engageaient à entretenir pendant deux ans quatre cents chevaliers en Terre Sainte. Frédéric envoyait dans son royaume de Naples et de Sicile l'ordre aux monastères de payer l'impôt de la croisade : il dépéchaitau delà des Alpes Hermann de Salza, pour hâter le recrutement des croisés, el écrivait lui-même au landgrave de Thuriage et au roi de Hongrie, pour leur donner rendez-vous en août 1227.
La patience d'Honorius avait sauvé la politique théocratique de l'ambition de la politiqueimpériale. Un conflit s'élevaitalors aussi entre l'empereur et le nouveau roi de France, Louis IX. Pendant l'expédition de Louis VII, prédécesseur de celui-ci, contre les Albigeois, pour maintenir l'œuvre de Simon de Montfort, les chevaliers français avaient assiégé et pris la ville d'Avignon, massacré un grand nombre d'habitants. Ils voulaient rester là comme d’autres étaient restés avant eux à Béziers et à Toulouse. Mais c'était terre d'empire ; le royaume d'Arles appartenait à l'empereur. Frédéric 11 réclamait. Honorius servit encore d'arbitre. Il décida que les croisés resteraient dans le pays tant qu'il serait nécessaire, mais que, après l'extirpation de l'hérésie, Frédéric disposerait de tous les fiefs de l'empire et que le roi de France elles chevaliers français respecteraient ses décisions. Un dernier acte d'Honorius répondait bien à sa mission. Il réconciliait Frédéric avec son beau-père, Jean de Brienne, qui fut décidément reconnu lieutenant du pape dans une grande partie de l'État de l'Église. Il mourut quelques jours après, le 19 mars. Sans avoir laissé le nom d'un grand pape, Honorius III pouvait se flatter de ne pas avoir diminué la puissance qu'il avait reçue d'Innocent I ; il mourait sans doute avec la consolation de croire tout près
de se réaliser le rêve qu'il avait poursuivi toute s | le : cee Q ni 0 |. ® # lui de la croisade. Sa Pru on N DES
7, Avènement de Grégoire IX. — Premier départ Ve Frédéric: n retour ; son excommunication. — Il fait voile pour l'Osient (1227 1229).
Après le plus pacifique des papes, le conclave des cardinaux élut, le 29 mars 1227, dans la personne d’Hugolin, cardinal d'Ostie, qui prit le nom de Grégoire IX, un pape qui était tout passion et tout énergie. De la famille des Conti, parent au troisième degré d’Innocent IIL, il avait, dans sa jeunesse, eu pour spectacle les grandes luttes d'Alexandre IIT contre Frédéric Barberousse. Sous Innocent II , il avait été l’un des protecteurs des frères Mineurs de saint François et de saint Dominique, dont il avait la foi et l’ardeur ; comme légat en Allemagne et en Italie, il avait représenté, au milieu des luttes des guelfes et des gibelins, 'la politique pontificale, dont il avait toute l'ambition. Il apporta au Saint-Siège, avec un très grand âge, une foi ardente et une expérience consommée, un extérieur majestueux, une intelligence et une mémoire dont les années n'avaient affaibli ni la promptitude ni la fidélité, une instruction solide dans le droit civil et le droit canon !, une éloquence que Frédéric II louait et, par dessus tout, une volonté emportée que n’effrayait aucune résistance. Éclatant, comme un éclair chargé de foudre en plein midi, velut fulgor meridianus), Grégoire IX que la curie romaine, faii-
4 Vita Gregor. Muratori, III, 575 : Venuslus aspeclu, perspicacis
ingenii et fidelis memoriæ prerogaliva dolatus, liberalium ct uiriusque juris perilia instrurlus, fluvius, eloquentiæ.