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AVÈNEMENT DE GRÉGOIRE IX

guée de l'opposition, de la résistance sourde de Frédéric et de la mansuétude d'Honorius III, avait élu, pour agir, dès le93 avril, rappelle à Frédéric sa promesse de s'embarquer au mois d'août suivant, et sollicite tous les souverains princes et évêques en faveur de la-croisade. Il en fait sa chose à lui et non une entreprise impériale.

Frédéric semble avoir eu l'intention très sincère de tenir enfin un serment auquel il ne pouvait se soustraire sans danger, et les princes avec lui. En juin, il levait un impôt et des hommes dans le royaume de.Sicile 4. Le grand maître Hermann de Salza pressait en Allemagne le départ du contingent des chevaliers croisés, à prix d'argent, l'enthousiasme et les indulgences ne suffisant plus. De concert avec le légat pontifical, Conrad de Urach, il déterminait à partir les ducs de Lunebourg, d'Autriche, le landgrave de Thuringe, les évêques de Passau, de Ratisbonne, d'Augsbourg avec nombre de chevaliers et de bourgeois. Au mois de juillet, Louis de Thuringe, avec les croisés allemands, était à Brindes, où se trouvaient les pélerins des autres nations, d'Italie et d'Angleterre. Il y en avait bien là rassemblés de toute part quarante mille.

Mais les vaisseaux, suffisants peut-être pour les croisés de Frédéric, ne l'étaient pas pour tous les autres que Grégoire IX avait mandés. Venant d'ailleurs tous du nord et traversant l'Italie sous une chaleur torride, aestivo calore, Îls s'entassaient dans l'attente, pêle-mêle et sans précaution, avec une mauvaise nourriture et de l’eau détestable, aeris et aquæ intemperie dans une ville étroite et sur une plage inhospitalière, pestifera regione ; la peste éclata. Beaucoup moururent, Le 23 août, l'évêque d'Augsbourg et beaucoup

* Æ. Breb., ill, p. 4 : Pro militibus solidandis. stipendia polliceri.

d'autres succombèrent. D'autres, découragés, s'en retournaient en maugréant. Frédéric en fit embarquer le plus qu'il pôt avec des chevaux et des provisions; et, le 8 septembre, il s'embarqua enfin lui-même avec le landgrave de Thuringe, quoiqu'ils fussent malades l’un et l’autre. On pensait que le premier prince de la chrétienté allait accomplir son vœu.

Ce n'était pas sans esprit de sacrifice certainement que Frédéric Il effectuait son départ. Son autorité était à peine affermie dans le royaume de Naples et de Sicile; la paix avec les Lombards n'était pas bien sûre. Les nouvelles d'A lemagne étaient loin d'être excellentes. Son fils Henri avait fait couronner impératrice à Aix-la-Chapelle (27 mars) sa femme Marguerite. Mais c'était pour continuer des fêtes. Le duc de Bavière songeait surtout à lai et avait fait épouser à son fils une des filles du duc guelfe de Brunswick. Avec l’archevêque de Cologne, Henri courtisait plutôt l'alliance du roi d'Angleterre, Henri IlI, que celle de saint Louis, chère à Frédéric. Enfin, le 27 avril, le dernier des fils d'Henri le Lion, précédemment comte palatin du Rhin, maintenant duc de Brunswick, étant mort, en laissant ses biens allodiaux en héritage à son neveu Otton de Lunébourg, allié du roi de Danemark, Waldemar 11, cette succession importante semblait ranimer les cendres à peine éteintes de la guerre civile des Welfen et des Wiblingen. En effet, le jeune roi Henri et le duc de Bavière réclamaient une partie des alleux de la succession, et l'archevêque de Brême, Gérhard, s'emparait du comté et de la ville de Stade comme d'un fief vacant. Plus rapide que ses compétiteurs, Otton de Lunebourg, avec l’aide des margraves Otton et Jean de Brandebourg, s'empare de Brunswick ; et le roi Waldemar, profitant de l'occasion, entre

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