DÉPART ET PROMPT RETOUR DE FRÉDÉAIC I
encore dans le Holstein avec son allié, La guerre divisait toute l'Allemagne du Nord. Au nom de l'empire, il est vrai, l'archevêque de Brême, le duc Albert de Saxe, les comtes de Holstein-Schauenbourg et de Schwerin, avec les milices de Lubeck, sous leurs bannières rouge et blanche, battaient les Danois à Bornhævde (27 juillet 1227); Waldemar perdait un œil dans la bataille, et Otton de Lunebourg élait fait prisonnier. Le roi Henri et le duc de Saxe se seraient même emparé de Brunswick, sans la fidèle défense des bourgeois, soutenus des chevaliers du margrave de Brandebourg. Que de motifs de préoccupations!
L'empereur Frédéric n'en partait pas moins accompagné des prières du pontife; et l'on attendait en Europe les nouvelles de ce que le petit-fils de Barberousse allait faire en Orient, quand le bruit de son soudain retour en Italie et del'excommunication lancée contre lui par le pape Grégoire IX surprit et effraya toute la chrétienté.
Parti de Brindes, le 8 septembre, Frédéric ramenait malade le landgrave de Thuringe, qui mourut en arrivant, et lui-même en mauvais état, le 11, à Otrante, où était sa femme, Yolande. La flotte et les croisés continuèrent leur roule sous le commandement du patriarche de Jérusalem et d'Hermann de Salza. Une lettre de l'empereur avertissait immédiatement Grégoire IX du fait et du motif qui Fayait provoqué ; et son ambassade composée de deuxjuges, de deux évêques et du comte de Malle, venaient donner tous les détails. [Grégoire IX ne voulut ni en croire la lettre, ni recevoir les envoyés, ni même, peut-être, les attestations de ses propres délégués, nunciis émperatoris non plus credens quam nunciis suis !, Avec six carui:aux nouvel-
Richard Sangerm., ad annum 1227. H. Breb., 1, 897, IL. Towe Y 15
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lement créés, la plupart lombards, et tous ceux qui lui étaient dévoués dans la curie, il arriva, le 29 septembre, à Anagni et, sans s'arrêter « à de frivoles excuses », prononça l'excommunication contre Frédéric, comme infidèle à son serment. [Grégoire IX, sans doute, était dans son droit strict en l’excommuniant, d’après la convention de San- Germano. Mais ne procédait-il pas avec une bien grande impétuosité ? « Le diable l'avait-il poussé? » instigante diabolo? comme disait un moine allemand. C'était en tout cas une impétuosité voulue. Frédéric préparait encore sa réponse, aux bains de Puteoli, quand Grégoire IX lui écrivit directement pour lui faire connaître tous les griefs qu'il avait contre lui, au sujet de la croisade et de sa politique en ftalie et en Sicile, et, dans un manifeste virulent adressé à l'Europe, il fit l'opinion juge entre Frédéric et lui, renouvela solennellement l’excommunication à Rome (18 novembre), le jour de la Saint-Martin, en présence des prélats d'Italie et de Sicile, mandés, à cet effet, et délia tous les autres croisés de leur serment, de manière à paralyser l'entreprise elle-même.
Quelles qu’'aient été lesraisons de Frédéric pour revenir inopinément à Otrante et celles de Grégoire 1X pour l’excommunier, il est impossible de ne pas se convaincre, en lisant les lettres circulaires adressées par les deux adversaires à la chrétienté, que ce n'était là que les occasions qui faisaient éclater une lutte presque inévitable. Frédéric II avait voulu faire de |la croisade une entreprise politique, impériale. Grégoire IX la voulaitreligieuse, chrétienne, universelle. Les expressions des lettres de Grégoire et de Frédéric ne permettent fpas de ‘s’y méprendre 1. « Parmi les
4 Raynald, 4227, 2 41. H. B., II], 32.