‹ Histoire d'AllemagneChapitre 69 sur 150 · TRAITÉ AVEC LE SOUDAN DU CAIRE · texte numérisé non relu

TRAITÉ AVEC LE SOUDAN DU CAIRE

marquait que le soudan de Damas était en dehors du traité. Quelques imans essayèrent desurexciter le fanatisme ; mais ilsfurent malmenés par El Kamel{. L'empereur Frédéric, de son côté, obtint bien l'assentiment des barons syriens et des croisés allemands, « qui ne voulaient rien autre que l'accès des pélerins à Jérusalem. » Mais lejpatriarche de Jérusalem, Gérold, les légats du pape, les grands maîtres du Temple, des Hospitaliers, et des évêques anglais, qui se trouvaient là, refusèrent de reconnaître la convention.

Les lettres accusatrices du patriarche Gérold au pape et la défense d'Hermann de Salza contiennent les raisons des adversaires el des partisans de ce traité. Le premier, qui mit aussitôt l'interdit sur les lieux saints restitués et y défendit le pélerinage, considère comme un acte sans valeur, et non sans quelque raison, ce traité dépourvu de toute garantie propre à rassurer les intérêts des Francs en Orient, puisque le soudan de Damas, à qui appartenait Jérusalem, refusait de jurer la trêve et de ratifier l'abandon de Ja Ville sainte. Il accuse plus injustement Frédérié de s'être soumis à des humilialions auprès du soudan et lui reproche de n'avoir fait restituer aucun domaine à lui patriarche. 11 se plaint de n'avoir été aucunement consulté. Certains articles du traité sont, selon lui, injurieux pour la foi chrétienne. 11 signalait notamment, avec la susceptibilité de sa foi, ceux qui stipulaient que les musulmans resteraient en possession du temple de Salomon et du templum Domtini. Les musulmans, disait-il, continueront à s'y livrer en paix aux pratiques de leur religion; un Franc ne pourra en franchir l'enceinte avant d'avoir affirmé sa ferme foi dans la majesté de ce lieu. 11 voit dans la présence des Sarrasins

4 Daus Amari, Makrisi, p. 11, 13, 19. Joie.

à Jérusalem non seulement une humiliation pour les chré= tiens, mais un danger. « Le nombre de Sarrasins qui vien= dront prier au femplum Domini devra être toujours bien plus considérable que celui des chrétiens qui viendront au Saint-Sépulcre ; comment espérer alors, dit-il, que, les chrétiens puissent se maintenir pendant dix ans dans cette ville, où les Sarrasins seront les plus forts? Quoi! les Musulmans ont la faculté d'entrer à Belhléem sans qu'on s'inquiète de leur croyance, et les chrétiens ne pourront dans le temple proclamer leur foi el invoquer le nom de Jésus-Chirst ? »

Le grand-maître des Teutoniques connaissait bien la Terre Sainte. Son ordre y possédait des forteresses importantes et des terres considérables. 11 n'apprécie pas le traité de 14 même manière dans une lettre qui nous a été conservée. Le seigneur patriarche, dit-il, « a mis en interdit Jérusalem et les Lieux Saints, parce que:les Sarrasins restent en possession du templum Domini et du temple de Salomon, Mais les Sarrasins n'ont dans ce temple qu'un petit nombre de prêtres vieux et sans armes pour faire les prières etles purifications. Comment seraient-ils dangereux? Les hommes de l'empereur gardent en force les portes extérieures ; ils sont maîtres, comme il leur plaît, de l'entrée et de la sortie des Sarrasins comme de tous les autres. Ce sont aussi les chrétiens qui reçoivent les offrandes déposées dans le templum Domini, sur la pierre où Jésus-Chrisl avait souE fert. Comment oublier enfin que, au commencement même du royaume, avant la perte de la Terre Sainte, dans presque toutes les villes appartenant aux chrétiens, les Sarrasins pratiquaient librement leur culte et proclamaient leur oi dans leurs oraloires, comme aujourd'hui les chrétiens exercenfétfreligion à Damas et dans les autres terrés

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