‹ Histoire d'AllemagneChapitre 73 sur 150 · RETOUR DE FRÉDÉRIC EN EUROPE · texte numérisé non relu

RETOUR DE FRÉDÉRIC EN EUROPE

vient l'y relancer el le force à s'enfuir dans les Pays-Bas, où il cherche à exciter les bourgeois contre les évêques, mais se voit forcé bientôt de revenir, en s'appuyant des Dominicains et des Franciscains, rassembler des conciles à Mayence et à Wurlzbourg et agiter inutilement l'Église 4, Apparu lout à coup comme un dieu, l'empereur Frédéric, du fond de l’Adriatique, apaisait la tempête partout soulevée pendant son absence. Exilé de Rome à Pérouse, où, après s'être adressé à tout le monde, il ne trouvait, pour le soutenir, qu'un évêque français, celui de Beauvais, avec quelques chevaliers, Grégoire IX dut céder comme les autres à la nécessité. « Jpsa necessitas pacem requirebat», dit un chroniqueur. A la nouvelle que Frédéric, avec ses croisés teutons et ses Sarrasins, allait envahir le territoire de V'Église, le grand pacificateur de ce temps, l'arbitre ordimaire entre l'empire et la papauté, Hermann de Salza, offrit ses services à Grégoire; et un légat pontifical, Thomas de Capoue, cardinal-prêtre de Sainte-Sabine, sur l'ordre du pape qui était à Anagni, arriva à San-Germano pour traiter. La paix était difficile à faire. Le pape voulait consulter les recteurs de la Ligue lombarde et le duc de Bavière. Frédéric, de son côlé, mandait d'Allemagne le patriarche d'Aquilée, l'archevêque de Salzbourg, l'évêque de Ratisbonne, les ducs d'Autriche, de Carinthie et de Méran, d'autres encore sur lesquels il comptail. Il y avait tant de difficultés différentes que Le grand maître Hermann de Salza fut obligé d'aller et de revenir, deux fois, du pape à l'empereur et de l'empereur au pape. Conflit entre l'empire etle sacerdoce ; rapports du pape avec le roi de Naples; croisade politique

4 Hoëll. Br. Jntr., p. cexvm,

de l’empereur en Terre Sainte; excommunicationet absolu-

tion de Frédéric ; il fallait arranger tout cela.

Les intempéries extraordinaires de l'hiver de 1229-1930, aplanirent bien des choses. A la suite de pluies torrentielles, le Tibre débordé enleva le pont des Sénateurs, ponte rotto, renversa des maisons, engendra une peste dont soixante-dix mille personnes périrent. Le chancelier de la ville, avec une ambassade, alla trouver le pontife, se jeta à ses pieds et le conjura de rentrer dans Rome, où on lui fit une réception triomphale, qu’il récompensa avec force largesses. Quand les représentants du pape et de l’empereur se trouvèrent réunis, au commencement de l’année1230, à San- Germano, Frédéric déclara que, pour les questions purement ecclésiastiques, il s’en remettait au jugement de l'Église, et il reconnut pour les autres affaires l’arbitrage de prélats et princes d'Allemagne et d'Italie. Pour les éauses politiques, deux cardinaux d’une part, Hermann de Salza et Lando, évêque de Reggio, d'autre part, plaidérent contra dictoirement. Les pontificaux reprochaient à Frédéric des choses anciennes et nouvelles: ses retards pour la croisade, ses troupes insuffisantes, l'usurpation de biens ecclésiastiques, ses confiscations de biens des Templiers et des Hospitaliers, l'oppression de ses sujets, l'invasion des États de l'Eglise, etc. Ils demandaient d’abord l'évacuation des Elats de l'Eglise, la restitution de ses biens usurpés, l’amnistie des partisans du pape. Frédéric accorda tout cela ; et les princes d’empire, le 23 juillet, donnèrent des garanties pour lui.

La mort du duc Léopold d'Autriche, qui avait fait beau-

{ Chron. Ursp. : Super causis veris quæ inler ipsum et papam verlebantur diffiniendis advocavit principes Alemaniæ, etc.

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