‹ Histoire d'AllemagneChapitre 76 sur 150 · GOUVERNEMENT DE L'ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT DE L'ALLEMAGNE

lingen et Henri de Thann, au lieu des prélats et des grands de son royaume. Ces favoris poussaient le jeune roi à entreprendre contre l'indépendance de l'aristocratie allemande et à s'appuyer, pour le faire avec efficacité, sur les villes qui, au nord des Alpes aussi, enrichies par l'industrie et le commerce, commençaient à vouloir obtenir de leurs sei= gneurs laïques et ecclésiastiques de plus grandes libertés,

Docile à leurs instigations, non seulement Henri s'effore çait d'augmenter les privilèges des villes dépendant des princes {et des évêques; mais il les poussait à se donner des constitutions municipales. IL favorisait les associations où ligues, communiones, confæderationes, vel conjurationes, que des villes comme Mayence, Bingen, Worms, Spire, Francfort, Gelnhausen concluaient entre elles, et même la création de corps de métiers qui augmentaient les forces des différentes industries ou du commerce qui flo: rissaient dans leurs murs.

Ce n'était pas là sans doute une mauvaisé politique ; mais, on se le rappelle, c'était grâce à l'appui des prélats et des princes que Frédéric I, choisi par la papauté contre Otton 1V, l'avait emporté sur son rival; et il ne leur avait pas ménagé en honneurs, privilèges et dotations, sa reconnaissance, En ltalie, les villes, devenues déjà de véritables ré iques, étaient de tradition les ennemies de la famille ue. Frédéric pouvait-il se montrer favorable au mouvement qui poussait ainsi les villes allemandes, depuis la dynastie salienne, à s'émanciper des évêques et des princes et à se mettre sous la protection du souverain commewilles impériales? Le retour de son fils à la politique de la dynastie précédente était-il fait pour lui plaire?

Informe du mécontentement des prélals et des princes,

Frédéric rétablit d'abord l'office de grand chancelier de l'emÿ Tous V. 17

pire, vacant depuis 1294, et en investit un homme d'énergie et d'habileté, l'évêque Sifried de Ratisbonne, pour y faire connaître ses volontés, qui étaient, selon l'expression même du prince, la loi vivante sur terre : Lex animata in terris +. Arrivé à Worms, où s'élevait justement une vive querelle entre l'évêque et les consuls qui avaient fait bâtir, pour tenir conseil, une maison de pierre, la plus belle de la contrée, le nouveau chancelier fait connaître quelle était cette volonté. Le 23 janvier 1931, en diète, ilinterdit toute union, alliance et confédération entre les villes, grandes ou petites, et rapporte lout ce qui avait été fait en ce genre. A l'avenir, il n’en serait plus autorisé de semblables par les princes, sans le consentement du roi, ou par le roi, sans le consentement des princes *. Ce n'était qu'un premier pas. Le nombre des prélats et des princes s'étant ensuite considérablement augmenté'à la diète, où l'on trouvait les archevêques de Mayence, de Trèves, de Cologne, les évèques d'Augsbourg, de Spire, etc., les ducs de Brabant, de Limbourg, de Lorraine, des résolutions bien plus importantes sont prises. En avril et en mai, au nom de Frédéric II, Henri, forcé par lui, promulgue, en faveur des princes ecclésiastiques et laïques, une bulle d'or destinée à ruiner la vieille constitution déjà fort endommagée de l'empire, pour en préparer une toute nouvelle. 1% Les princes, désignés pour la première fois Comme maîtres (domini) de leur territoire, « devaient jouir désormais en paix, selon la coutume du pays, des libertés, juridictions, monnayage, comtés, centaines ou cantons (centi),

€ Hull, Breb., III, 291.

3 H, B., IU, 446 : Quod nulla civitas, nullum oppidum, commus miones, conslilutiones, confœderationes vel conjuraliones facere possent, elc. etc.

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