LA GRANDE DIÈTE DE MAYENCE DE
retrouver au milieu d’un grand concours d’évêques, d'abbés, de princes, seigneurs, barons, chanteurs et histrionset d’une grande foule de peuple.
Les fêtes du mariage ne commencèrent pas très heureusement. Parmi les évêques qui étaient venus au-devant de Frédéric II, se trouvait celui de Worms, Landolpbh, qui, malgré sa ville épiscopale, avait tenu pour Henri. Frédéric II ne put contenir sa colère et le chassa de devant lui. Le grand médiateur Hermann de Salza avait amené le rebelle Henri à Worms pour le faire recevoir en grâce. Dans les premiers jours de l’entrevue du père et du fils, un arrangement dont la nouvelle arriva jusqu’au pape, parut intervenir. Mais tout changea bientôt; soit qu'Henri trouvât les conditions du rapprochement trop dures et qu'il ait tenté de s'échapper, soit qu’il ait refusé de donner l’ordre de livrer à son père le château de Trifels, l’empereur le fit arrêter à Worms, garder à vue dans une grande maison de pierre située près de l’église Saint-André, puis transférer à Heidelberg, sous la garde du duc de Bavière, qui lui avait voué une haine mortelle t.
Quelques jours après, le mariage du petit-fils de Barberousse et de la princesse anglaise fut célébré en grande pompe. Isabelle plaisait surtout à Frédéric 11, qui en était à son troisième mariage, par son beau langage et son goût pour les lettres ct la poésie. « La première nuit », à ce que nous raconte le chroniqueur Mathieu Paris, ce prince à la fois incrédule et superstitieux, « ne voulut pas la connaître selon la chair, avant l'heure convenable qui lui avait été marquée par les astrologues. Le mariage ayant été consommé de grand matin, lil entoura ‘son épouse d’une surveillance
{ Pertz, Ann. Wormat., p. 45; Ann. Erphord., p. 36. Tous V. ‘ 19
rigoureuse comme si elie eût été déjà enceinte en lui disant : Conduisez-vous sagement, car vous avez un mâle dans votre ventre »; ce qui se réalisa l'année suivante par la naissance d'un fils qui, il est vrai, ne vécut point #.
Le jour de l'Assomplion du mois d'août 1935 s'ouvril, à Mayence, après la cérémonie du mariage de Frédéric, la diète que celui-ci y avait convoquée pour rétablir la paix et réformer l’état de l'empire, presque du monde #, totius terræ, dit un document.
Frédéric n'avait rien négligé pour frapper les imaginations Une partie de la ménagerie d'animaux rares ou inconnus, qu'il avait formée, l’avait suivi. Des lions, des panthères, des léopards, des hyènes, des chameaux, des dromadaires, des faucons blancs, des hiboux barbus en faisaient partie. Les paysans des bords du Rhin accouraient pour voir paisiblement couchés dans la prairie les dromadaires d'Afrique, gardés par des noirs, ou pour suivre l'empereur menant la chasse au vol qu'il pratiquait en amateur instruit. Frédéric, en venant se marier en Allemagne, n'avait sans doute pas amené les almées sarrasines qui faisaient, à Naples et à Palerme, l'ornement de sa cour du Midi par leurs grâces lascives ou par leur adresse à courir en battant des mains et en chantant sur des boules roulantes ; mais il n'épargna pas à sa femme anglaise la garde et la surveillance des eunuques noirs, qu'un chroniqueur allemand compare à de vieux masques.
Les grands officiers de cour, attachés au gouvernement
© Grande chron. trad. franç., IV, 446.
4 V. dans H. B., au document qui concerne le duc de Brunswiek :
Pro reformatione lolius terræ slalus indicla mogunlie curia generali,