CONSTITUTION DE
de l'empire ou à la pérsonne de l'empereur, les hauts et les bas ministériaux (ménisteriales) ne manquaient pas. C'élaient l'archevêque de Mayence, Siegfrid d'Eppstein, qui continuait à porter le litre d'archichancelier de Germanie, et l'archevêque de Cologne qui avait celui d'archichancelier d'Italie ; le chancelier, qui était alors Sifried, évêque de Ratisbonne, fidèle agent de l'empereur, même contre son fils Henri, et seul chargé véritablement de contresigner les chartes solennelles ; le pronotaire ou premier des secrétaires, chargé de diriger la rédaction des chartes, avec le privilège d'un sceau particulier, Henri, évêque de Worms. Il faut ajouter à la liste des hommes politiques, avec le grand négociateur Hermann de Salza, narmi les italiens, le juge de la grande cour de Sicile, Pierre de la Vigne, qui avait été en Anglelerre traiter du mariage de Frédéric Il avec la princesse Isabelle, et qui, après avoir été à la peine, était naturellement à l'honneur. Parmi les officiers plus spécialement attachés à la maison, les ministériaux (ménisteriales), Frédéric de Waldbourg, fils d'Eberhard, remplissait les fonctions de sénéchal (dapifer) ; Walter de Limpurg, celle de bouteiller (pineerna); Henri de Ravensbourg, celle de camérier (camerarius) ou maître du trésor; Henri de Pappenhein, celle de maréchal des écurie, haras et transports, His portaient au moins ces titres honorifiques pour n'en remplir les fonctions que dans les grandes occasions ; mais ils servaient surtout de conseillers à l'empereur (dantes consilium) dans l'administration générale de l'État. >
Parmi les autres personnages importants de l'empire qui relevaient la dignité de l'assemblée, on signalait, à défaut de l'archevêque de Vienne en Dauphiné, archichancelier du royaume d'Arles, l'archevêque de Besançon, qui allait mourir à Mayence, les évêques de Cambrai, de Metz, de Toul,
de Verdun, parmi lesprinces laïques, fes ducs de Brabant et de Lorraine, et, de la frontière de l'est, le roi de Bohême, enfin un grand nombre de margraves, de barons, de seigneurs, en tout, d'après l'évaluation d’un contemporain, soixante-quinze princes et près de douze millechevaliers. La grande ville de Mayence, dans ses murs ou dans sa belle plaine de la rive droite, dans des demeures improvisées, des tentes et des baraquements en bois, reçut ce grand concours de monde, ainsi que soixante années auparavant sous Frédéric Barberousse, comme à une fête de conciliation. Frédéric IL s'efforça, en effet, d'éteindre les vieilles haines et les rivalités et discordes qui ne manquaient jamais en Allemagne. Le petit-fils de Henri le Lion, l'ancien rival de Frédéric Barberousse et chef des Guelfes, Otto de Lünebourg, reçut de lui la ville de Brunswick et plusieurs autres domaines patrimoniaux, comme fiefs de l'empire, avec le titre de duc héréditaire de Brunswick. Dix mille marcs d'argent furent donnés au roi de Bohême pour éteindre les réclamations que ce prince élevait sur une partie de la Souabe, au nom de sa femme, fille de Philippe de Souabe. Frédéric s'efforça de réunir et de garder par d’autres moyens encore lout ce duché patrimonial pour sa famille, Il pardonna aux évêques compromis dans la rébellion de Henri et conclut avec l'évêque de Strasbourg un accord définitif sur les contestations qui les avaient si longtemps divisés. C'était la suite de la politique qu'il avait inaugurée en faveurdes grands laïques et ecclésiastiques; il crut devoir cependant faire aussi quelque chose pour les villes allemandes sur lesquelles son fils avait compté et dont quelques-unes avaient déçu celui-ci. Il confirma et renonvela les privilèges d'un certain nombre de celles-ci, entre aulres d'Oppenheim, Worms, Cologne, Goslar, Francfort, Nurem=