‹ Histoire d'AllemagneChapitre 87 sur 150 · GUERRE DE FRÉDÉRIC 11 CONTRE LES LOMBARDS · texte numérisé non relu

GUERRE DE FRÉDÉRIC 11 CONTRE LES LOMBARDS

pour les Lombards qui avaient fait alliance avec celui-ci et repoussél'arbitrage pontifical. Mais la soumission complète de la vallée du PÔ était la seule garantie de l'union de l'empire et du royaume de Naples, sous la même autorité, ainsi que de la réduction à l'impuissance du pape pris au nord et au midi entre les possessions du même souverain. C'est lù la cause de l'inévitable lutte que Frédéric devait avoir bientôt à soutenir contre les Lombards et le pape. 1 s'agissait pour le premier de la domination du monde, pour le pape de son indépendance, pour les villes italiennes de leur liberté.

C'était avec l'intelligence de cette situation que Grégoire IX, revenant encore à son rôle d'arbitre, avait (22 septembre), par l'entremise du patriarche d’Antioche, prié Hermann de Salza de demander à l’empereur de remettre le délai précédemment fixé aux Lombards, pour l'acceptation du compromis proposé par lui-même, à la fin de l'année 1235, et qu'il s'était porté garant de leur soumission. Mais les négociations ne semblaïent plus guère de saison. Pendant l’entrevue des deux diplomates du pape et de l'empereur, à Vérone, les villes lombardes et leurs alliés renouvelèrent à Ferrare leur ligue avec serment de ne point laisser pénétrer les Allemands ou leurs alliés sur leur territoire; et une tentative était faite par elles pour enlever à Eccelin de Romano, allié de Frédéric, Vérone même, qui tenait l'entrée de l'Italie, et peut-être aussi par le pape, poury mettre un podestat. Hermann de Salza ne vit venir aucun envoyédes Lombards ayant Noël. Il resta encore quelque temps, jusqu'en février 1236, à portée des villes ; puis, il se fit rappeler par l'empereur. Les Lombards déclarèrent alors accepter le compromis pontifical. Grégoire 1X écrivit à Hermann de Salza pour qu'il reprit les négociations. C était trop tard. Le grand maître,

sis L'EMPEREUR FRÉDÉRIC 1

avec Pierre de la Vigne et Thaddée de Sessa, ses agenls, réunit à Plaisance les députés des villes gibelines de Crémone, Pavie,Tortone, Reggio, Modène, etc., pour préparer la guerre. Le pape jeta les hauts cris. Il conjura Frédéric de redonner à Hermann de Salza les pleins pouvoirs nécessaires pour lraiter, et ileut recours même aux menaces dans une lettre (21 mars) écrite aux archevêques de Mayence, de Trèves et au chancelier-évêque de Ratisbonne. « Dansl'intention, dit-il, où il était, avec les cardinaux, de reprendre la guerre contre les Infidèles dans l'intérêt de l'honneur de l'Église, de la grandeur de l'empire, de la Terre Sainte et de la paix générale, il ne pouvait croire que Frédéric vou= lût procéder par les armes contre les Lombards au lieu de songer à une croisade ; si celui-ci y pensait, il devait savoir que l'Église ne le supporterait plus paliemment. Dans une afaire où il s'agissait de la gloire du Sauveur, pouvait-il y avoir aucune considération de personnes ! ? »

Si l'on peut pénétrer dans les intentions de Grégoire IX et de Frédéric Il,onpeuts'assurer qu'ils voulaienttous deux la guerre, ou au moins qu'ils la regardaient comme inévitable. Depuis que Frédéric avait déterminé les princes allemands à lui prêter leur concours contre les Lombards, ce n'était pas seulement sur célte affaire que le pape échangeait avec Frédéric d'aigres correspondances. Sur tous les points où leurs pouvoirs se rencontraient, ils entraient en conflit. Grégoire, en Terre Sainte même, demandait le rappel du baile Filangieri et ménageait les révoltés de Saint= Jean d’Acre ; dans le royaume de Naples, il trouvait, à tort ou à raison, à redire à la conduite des régents et assurait que les églises étaient spoliées, les clercs accablés d'impôts,

“Br. IV, 814, 824. 826. Reg, Greg, 112.

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