‹ Histoire d'AllemagneChapitre 89 sur 150 · SAINTE MONARCHIE UNIVERSELLE IMPÉRIALE · texte numérisé non relu

SAINTE MONARCHIE UNIVERSELLE IMPÉRIALE

C’est le même esprit qui anime le manifeste de Frédéric I, quand ses premières troupes passent les Alpes et qu'il convoque une diète de ses vassaux italiens et des députés des villes amies et ennemies pour le 24 juillet 1236, à Plaisance. « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu, y disait-il, et à César ce quiest à César; loin d'être un fardeau l'autorité du maître qui met seulement sa gloire à maintenir les peuples en paix età faire régner la justice, estunallègement. L'éclatdu sceplre impérial n'éclaire pas seulement le peuple chrétien dans les choses de la terre ; sa puissance est aussi le soutien « «de la foi catholique, puisqu'elle défend sa lête et la mère des Églises contre l'incrédulité des hérétiques et les blasphèmes des autres impies. Si la providence du Sauveur a conduit ma fortune d'une façon si libérale et si prodigieuse, que, du côté de l'Orient, le royaume de Jérusalem, héritage de mon fils Conrad, ainsi que le magnifique royaume de Sicile, que je tiens de ma mère, et le corps puissant de la nation germanique sont maintenus sous nos lois, dans une paix profonde, c'est, ajoute-t-il, afin que cette partie intermé= diaire qu'on appelle l'Italie et qui est notre héritage, comme tout l'univers le sait, resserrée de tout côté duns le cercle de nos forces, revienne aussi à notre obéissance et à l'unité de l'empire, et me permette ainsi de porter un secours effcace à la Terre Sainte qu'il est de mon devoir de protéger. »

Voilà au moins le programme que Frédéric, en face du pape, affiche en Italie. Il oppose l'unité et la sainteté de l'empire à l'unitéetà la sainteté de l'Église, Le fond de sa pensée est peut-être cependant dans;les lellres;qu'il écrit aux autres souverains chrétiens, et particulièrement aux rois de France et d'Angleterre ;« ce qu’il veut, dit-il, c'est venger son grandpère des injures qu'il a essuyées en Lombardie et arracher

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cette mauvaise herbe de la liberté, qu'il abhore et qui gagne d'autres pays. Depuis qu’il est arrivé au trône, c'est à cette fin qu'il a dirigé toute sa politique. » Voilà bien l'ennemi juré des libertés municipales, le promoteur du pouvoir monarchique partout comme en Sicile. Le souverain d'Angleterre, Henri I, son allié, un autre despote, l'a bien compris. 11 l'écrit à Frédéric. « il regarde la cause de l'empereur comme sienne (c'est celle de la monarchie); il ceindrait volontiers l'épée pour aller combattre pour ellet, »

C'est en arborant ce drapeau de la monarchie univéPselle et sainte de l'empire, contre la liberté lombarde et déjà, indirectement, contre la papauté sainte el catholique, que Fré., déric Il, parti d'Augsbourg, le 41 juillet, arrive, le 12 août, à Vérone, et, le 17, avec trois mille chevaliers, aux bords du | Mincio vers Valeggio, se dirigeant sur Plaisance, pour éprouver la fidélité des Lombards. L'armée de la ligue guelfe était déjà sur les bords de la Chiesa, pour lui barrer le passage; mais celle des villes alliées de l'empire un peu au-dessous, derrière celle-ci, surl'Oglio. L'armée gibeline d'Italie bougea la première; le 16 septembre, elle franchit ce cours d'eau pour donner la main à l'empereur vers Montechiaro : « Les pèlerins et les marchands, dit l’empereur alors, vont partout, et je ne pourrais traverser les lerres de mon empire ! » Il saisit son drapeau surmonté de l’aigle, franchit le Mincio et joint ses alliés sur la Chiesa, sans que l'armée de la ligue guelfe cherche à l'en empêcher. Celle-ci tremblait-elle de vant l’empereur? Non. Elle n’avait pas besoin de combattre.

Le pape avait fait à Plaisance une diversion inattendue: Son légat, Jacques de Palestrine, de Plaisance, arrivé dans

4H Br, IV, 849. Rymer, 1, 228 : Ad quam vindicandam à auf ceremus libenter nos accingeremus, vestra gravamina non repus tantes, sieut debemus, à nostris aliena.

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