‹ Histoire d'AllemagneChapitre 90 sur 150 · SAINTE MONARCHIE UNIVERSELLE PONTIFICALE · texte numérisé non relu

SAINTE MONARCHIE UNIVERSELLE PONTIFICALE

sa ville natale, sous couleur de traiter encore avec l'empereur, dont il s'était montré autrefois le zélé partisan, avait fait rentrer les guelfes bannis et nommer, avec l’aide de Venise, un podestat à sa dévotion. Frédéric ne pouvaitplus tenir sa dièle dans cette ville; l'armée de la ligue, en puyani sur cette place, l'empêchait de joindre Pavie, qui tenait pour lui, et de menacer Milan. Il déchaîna pour se venger la fureur teutonique (furorem theotonicum) sur tout lé territoire Mantouan, qui fut impitoyablement ravagé/ét, à la lueur des villages incendiés, ildénonça au pape la trahison du cardinal de Palestrine et demanda impérieusement de lui l'excommunication des Lombards rebelles. L'empereur avait-il raison de se plaindre? Dans le même temps qu'il perdait Plaisance, ses partisans à Rome, excités sous main, les Frangipani, soulevaient le peuple contre le pape !. Grégoire dresse à son tour contre le drapeau impérial la bannière de l'Église. Après avoir défendu le cardinal de Palestrine etrappelé tous les griefs qu'il reprochait à l'empereur, il élève la lutte à toute sa hauteur (23 octobre). « C'est un fait notoire et manifeste, écrit Grégoire IX à Frédéric LI, que ce Constantin qui possédait la monarchie universelle a voulu, du consentoment non seulement du peuple de Rome, mais de l'empire romain tout entier, que le vicaire du prince des apôtres, qui avait l'empire du sacerdoce et des âmes dans le monde enlier, eût aussi le gouvernement des choses et des corps dans tout l'univers, pensant que celui-là devait régir les choses terrestres à qui Dieu avait confié sur la terre le soin des choses célestes. C'est pour cela qu'il a remis à perpétuité

4 Rich. Sang. : Guerram movet contra Papam et senalorem, ‘et seditio facla est mulia in populo.

au pontife romain le sceptre et les insignes impériaux, avec Rome et tout son duché et l'empire même, considérant comme infâme que là où le chef de la religion chrétienne est institué par l'empereur céleste, un empereur terrestre pôt exercer aucun pouvoir. Abandonnant done l'Italie au siège apostolique, Constantin s'est choisi en Grèce une nouvelle demeure. C'est depuis, que l'Église, imposant son joug à Charlemagne, a transféré le siège de l'empire en Germanie. El toi, ajoute le pape, quand l'Église a appelé tes prédécesseurs à toi à siéger sur le tribunal impérial; quand ellet'a concédé, lejour deton couronnement, la puissance du glaive, elle n’a entendu diminuer en rien la substance de sa juridiction. Eh quoi, tu attentes aux droits du siège apostolique, à la foi que tu luidois, à ton propre honneur, enméconnaissant le pouvoir qui l'a fait ce que tu es. Tu oublies que les prêtres du Christ sont les pères etles maîtres de tous les rois et de tous les princes chrétiens. D'où te vient cette audace de jnger les décisions de notre conscience, dont le seul juge est au ciel, lorsque tu vois les têtes des rois et des princes se courber aux genoux des prêtres, lorsque les empereurs chrétiens doivent soumettre leurs actes, non seulement au pontife romain, mais même aux simples évêques, lorsque enfin le Seigneur s'est réservé à lui seul le droit de juger le siège apostolique, au jugement duquel il a subordonné la terre entière, dans les choses cachées comme dans les choses manifestes !, »

On le voit clairement par ces deux importants manifestes, Grégoire IX et Frédéric IL étaient entraînés l'un contre l'autre par tous les précédents. Ils représentaient deux principes, deux écoles, deux politiques opposées. Leur per-

!Inn., Reg, 3 octobre,

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