‹ Histoire d'AllemagneChapitre 91 sur 150 · SAINTE MONARCHIE UNIVERSELLE PONTIFICALE · texte numérisé non relu

SAINTE MONARCHIE UNIVERSELLE PONTIFICALE

sonne, leur éducation, leurs ambitions, leurs intérêts, tout les meltait aux prises, sous les dehors d'une intime union contre les hérétiques et en faveur de la Terre Sainte. Entouré de ses cardinaux italiens, vieillis dans la politique, de momes mendiants, franciscains et dominicains, qui levaient, en tendant la main, l'argent qu'ils envoyaient à Rome, Grégoire faisait rassembler et publier un recueil canonique des lois et ordonnances de l'Église pour soutenir l'aitorilé temporelle qu'il réclamait. Entouré de ses archevèques et évêques allemands, d'autant d'hommes d'État, de ses légistes italiens, juristes relors, de ses poètes, de ses favoris et de ses bâtards, faisant appel au droit romain, multipliant les constitutions en Allemagne, en Italie, Frédéric travaillait à l'unification et à l'affermissement de son autorité impériale et royalesur les bases du droitromain. Persécution contre les hérétiques, alliance ou guerre avecles villes libres, croisades, n'étaient pour l'un et l'autre que des prétextes dont ils couvraient leur ambition de dominer le monde. La guerre allait décider entre eux.

Frédéric avait commencé la lutte sans être à même de la soutenir. Avant de partir, il avait dû envoyer une partie des troupes dont il aurait pu disposer contre le duc d'Autriche, et il n'était pas sans inquiétude sur ses derrières. 1 apprit en effet que, tandis qu'il méditait une attaque peutêtre périlleuse contre les Lombards, dans la Marche de Trévise, qui confinait à l'Autriche,les alliés de la Ligue lombarde, ceux de Padoue, de Trévise, aidés des Vénitiens, du comie de San-Bonifacio de Mantoue, et du marquis d'Este, Azz0, entraînaient Vicence avec eux et s'emparaient, malgré Eccelin de Romano, allié de l'empereur, de la place de Rivalta, pour lui couper la retraite. Frédéric leva son camp de Crémone el arriva à la tèle de sa cavalerie avec

une telle rapidité au secours d'Eccelin, que les Padouans, les Trévisans et les autres retournèrent en se dispersant dans leurs villes. Frédéric veut au moins faire un exemple. Il assiège Vicence, la prend d'assaut (4** novembre) et la livre sans pitié au feu, au sac et au pillage. Les Allemands, dans leur première fureur, n'épargnent ni les femmes ni les enfants, ni ennemis, ni amis. Le chroniqueur qui nous a raconté les horreurs qui y furent commises, Gérard Maurisius, fut fait prisonnier, quoique partisan de l'empereur, el y perdit son bien et une partie du manuscrit qu'il avait commencé. Mais il fallait que Frédéric assurât tout à coup ses derrières au delà des Alpes.

En Autriche, en eflet, les princes qu'il avait chargés d'exécuter le ban impérial contre Frédéric le Batailleur, s'étaient d'abord emparé de tout le plat pays, sur les deux rives du Danube, et de la ville de Vienne. Mais le duc, qui avait ramassé force argent, en pressurant les couvents et le peuple, s'étaitdéfendu dans Neustadtet dans plusieurs châleaux, et infligeait même une sensible défaite aux troupesimpériales. Frédéric ITrepassa au nord des Alpes en décembre. En janvier 1237, il était à Grœætz, prenait plusieurs châteaux “des environs et recevait en février à Vienne la soumission du clergé autrichien et de la plupart des villes. Il déclara la capitale du duché autrichien ville impériale à perpétuité (perpetuo et irrevocabiliter) et annonça son intention, non de joindre l'Autriche, la Styrie et la Marche de Krain à ses. domaines, mais de les soumettre immédiatement à l'empire, el il en perçut au moins les revenus au lieu et à la placed duc !.

Un grand nombre de princes s'étaient rendus à Vienne.

4 Reg. Fred., n. 874, 816, 811. — EH. Br., V, 60.

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