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SIÈGE D'ALEXANDRIE ET DE BRESCIA

troupes ‘du roi de France et du roi d'Angleterre s'y trouvèrent. Mais, de l'Allemagne, il en vint beaucoup moins. Devenu landgrave de Thuringe, Henri Raspon venait d'épouser la sœur du duc d'Autriche; et celui-ci commençait à reconquérir d'autant plus aisément son duché, que le roi de Bohème, son principal adversaire, posait les armes. Parmi les princes ecclésiastiques, le patriarche d'Aquilée, les archevéques de Mayence, de Cologne, de Salzbourg, les évèques de Magdebourg, de Passau et quelques aufges, arrivèrent; mais, parmi les princes laïques, le margravê de Misnie, le duc de Carinthie et le comte du Tyrol seulement. Le roi Conrad, avec une bonne escorte de chevalerie d'ailleurs, arriva, mais lard, 11 semblait qu'il y eût en Allemagne une conspiration sourde d'abstention contre l'empereur !. La féodalilé allemande commençait à ne plus partager l'enthousiasme de ses souverains pour ces expéditions séculaires au delà des Alpes.

Frédéric ne célébra pas moins avec la solennité convenue, in solemnitale predicta, sa diète dans le camp de Saint- Daniel près Vérone et y renouvela, en bon empereur chrétien, les lois de 1220 et de 1232 contre les hérétiques et les villes réfractaires. A la Pentecôte (22 mai) il fiança sa fille naturelle Salvaggia avec Eccelin de Romano. A cette épaque peut-être, sous l'autorité du légat de loute l'Italie, arche vèque de Magdebourg, il laissa le vicariat de Trévise à Eccelin, celui du Pô supérieur à Manfred Lancia et celuidu PO inférieur au comte de Chiéti. Mais les succès ne répondirent point à cet apparat. Ceux qui étaient chargés du siège

4 Chron.de Luneb., p. 1408 : De Hof lo Berne de ne Volging nicht wonte der dudischen Herren quain dar Klene. — Ann. Erphord., D. 32 : Per internuncios a comparationis infamia excusabant 46 diligenter.

d'Alexandrie, ravagèrent tous les environs de la place sans en faire le blocus. L'empereur lui-même parvint à isoler Brescia (11 juillet)en prenant les châteaux ou en dètruisant les villages des environs. Mais sa fureur et la bravoure de ses troupes, des guerriers étrangers de France et d’Angleterre, des Grecs de Vatacès, des Sarrasins, et même des Es:vptiens, se brisèrent contre les murailles de Brescia, défendue par un ingénieur (insignerius) espagnol. On voit sous les murs de Brescia se renouveler toutes les horreurs du siège de@rême sous Barberousse, en 1159. Frédéric II fait mettre les corps vivants des otages devant ses machines de guerre. Brescia en fait autant des prisonniers impériaux. Après trois mois de sièges, en octobre, on n'était pas plus avancé. L'Italie des villes résistait avec héroïsme à la monarchie impériale ; l'Allemagne, sans faire défection, se refusait évi-

emment à s'associer avec enthousiasme et tout entière, il s’en fallait de beaucoup, à cette campagne entreprise contre la libertés des cités que ses princes voyaient sans trop de jalousie fleurir chezelles. Les autres monarchies chrétiennes n'avaient, et quelques-unes seulement, envoyé que de maigres contingents à l'impérial représentant de l'autocratie temporelle. Quel parti allait prendre décidément le pape Grégoire IX ?

Dès le mois d'août, Frédéric IT, augurant mal du siège de Brescia, avait tenté de profiter de la position difficile de Grégoire IX, chassé de nouveau de Rome par la faction impériale, en envoyant l'archevêque de Palerme, l’évêque de Reggio et Thaddée de Sessa pour traiter avec lui, mais il y avait entre eux de tous côtés des dissentiments, même à propos de la croisade. Si Frédéric consentait encore à favoriser une de ces expéditions, il la voulait vers Jérusalem, tandis que le pape prétendait que ce qu’on ferait à Constanti-

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