M. G., XVI
3 P, de Vin. !, ep. 6. — H. Br., V, 282, 84.
Tous V
pour s'ébattre selon sa coutume, l'empereur, après avoir écrit cette lettre, siégeait sur son trône dressésur un lieu élevé et se montrait à tous joyeux, Ailaris et jocundus. Pierre de la Vigne, dans un beau discours, émaillé de citations bibliques, célébrait sa puissance et l'amour des Padouans.
Mais, le même jour aussi (20 mars 1239), Grégoire IX, devant un peuple nombreux accouru pour gagner des indulgences,, prononçait solennellement l'excommunication contre le triomphateur, pour les griefs précédemment énoncés, auxquels il ajoute l'occupation des biens de l'Église romaine sur la terre ferme et en Sardaigne; et il ordonne que celte sentence soit annoncée dans toutes les églises de la chrétienté. Une encyclique adressée à tous les princes de la chrétienté, suit de près (7 avril). Elle résume tous les actes de Frédéric qui, pour la cour de Rome, justifiaient celte sentence ; elle délie ses sujets du serment de fidélité et met Padoue, séjour de l'empereur, en interdit. Etrange rapprochement ! Le jour des Rumeaux, où l’empereur et le pape se déclaraient la guerre, mourait à Palerme, où il allaitchercher la santé, le grand négociateur et médiateur de ce temps, Hermann de Salza, qui ne vit pas du moins la lutte qu'il avait cherché à conjurer toute sa vie.
Frédéric IL rendit alors coup pour coup, guerre pour guerre. Aussitôt la nouvelle reçue, il compose de ses partisans qu'il a sous la main et des bourgeois de Padoue une sorle de parlement. Pierre de la Vigne défend son maître devant celte assemblée, et écrit aux Romains, compatriotes de l'empereur (conromanis) : « Celui-ci s'élonne, dit-il, que, dans la ville de Romulus, il ne se soil pas trouvé un patricien, un Quirite pour protester contre l'injure faite à l'empereur de Rome, au bienfaiteur du