‹ Histoire d'AllemagneChapitre 97 sur 150 · ROTBSTATION DE FRÉDÉRIC AUX SOUVERAINS · texte numérisé non relu

ROTBSTATION DE FRÉDÉRIC AUX SOUVERAINS

s'en empare, le pape n'est plus qu'un simple évêque, un chapelain impérial. Mais la possession de Rome pour Frédéric, maître du Midi d'Italie, est au prix de la soumission des villes lombardes, des républiques du nord de la Péninsule; et c'est pourquoi le pape devient encore contre le potentat Frédéric le défenseur des libertés urbaines et de l'indépendance de l'Italie. Mais remarquons, pour faire bien saisin l'esprit de ce temps, que les deux adversaires, aux prises pour des intérêts tout poliliques, cherchent à se porter les plus rudes coups dans la sphère religieuse, quoiqu'ils soient d'accord contre les hérétiques. Grégoire accuse Frédéric de blasphémer, de correspondre avec les princes mahométans, de les recevoir parfois même à sa table. Fréderic sépare dans Grégoire l'homme du pape, pour ébranler mieux son pouvoir, et il prend bien soin de se défendre de l'accusation d'impiété lancée contre lui. Il fait à l'occasion une profession de foi lout à fait orthodoxe en Jésus- Christ ; « pour Mahomet, il tient que son âme est livrée aux flammes de l'enfer, et pour Moïse, il le regarde comme un ami el un favori de Dieu {, »

C'est une guerre à mort que les deux adversaires se dé “clarent. C’est le sentiment des contemporains engagés bientôt dans la lutte. « Les étoiles, le vol des oiseaux », dit un poète gibelin, « l'annoncent : le monde gémira sous le coup d'un seul marteau. Rome longtemps chancelante, ballottée par mainte erreur, ne sera plus la capitale du monde ; »

Fata docent, stellæ monent aviumque volatus : Totius mundi malleus unus erit.

Roma diu titubans, variis errorilus acta, Totius mundi desinet esse caput.

1H. Br, V. 349. — Pierre de la Vigne, I, ep. 31.

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A quoi un poëte guelfe répond en menaçant Frédéric : « L'Écriture l'annonce, l'opinion le redit, tes péchés partent assez : ta vie sera courte, ton châtiment éternel ! {Un

2 MOD Fama refert, scriptura docet, peccata loquuniur ASE Ze 74 },

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Intrigues d'Albert de Beham pour un anticésar. — Guerre de Frédéric dans les États de l'Église. — Grégoire IX convoque un concile. — Rôle de saint Louis dans la querelte, — Bataille navale de Meloria. — Les Mongois aux frontières chrétiennes ; Frédéric aux portes ds Bome. — Mort de Grégoire IX (1239-1241).

La parole était aux faits. Le pape Grégoire, suivant la politique de ses prédécesseurs, paraît avoir essayé d'opposer aux Hohenstaufen, un anticésar en Allemagne.

Un certain Albert de Beham ou de Bohême !, archidiacre de Passau par son titre, aventurier politique par caractère, comme l'Église en comptait alors beaucoup, tâche de réunir contre l'excommunié Frédéric tous les princes mécontents allemands, entre autres le duc d'Autriche, Frédéric le Batailleur, le duc de Bavière et comte palatin du Rhin, Otton l'illustre, qui le nommait son compère, et le roi de Bohème, Wenceslas, pour faire passer la couronne impériale dans une autre maison. Deux femmes, la sœur de Wenceslas, de l'ordre des Clarices, et la femme même d'Otton, Agnès, fille du palatin guelfe Henri, qu'on appelait la servante de l'Église, agissaient l'une sur son frèrcet l’autre sur son mari. Dans une assemblée tenue à Aegra (jain 1839), le duc de Ba-

{ V. dans la Biblioth. des litt. Ver, de Haker, excerpt., des détails Sur Ce personnage et celle obscure conspiration.

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