‹ Histoire d'Alsace. Nouv. éd. rev., corr. et augmChapitre 13 sur 73 · LBS PREMIERES INTERVENTIONS FRANÇAISES · texte numérisé non relu

LBS PREMIERES INTERVENTIONS FRANÇAISES

réunit une armée ; sans engager aucun combat, elle refoula les Anglais au delà des frontières.

Mais ceux-ci revinrent dix ans plus tard. Ils avaient trouvé un nouveau patron dans la personne d'Enguerrand VII de Coucy. Ce haut baron français était fils d'une fille du duc Léopold d'Autriche. Il s'avisa de réclamer à ses cousins une part de ce qu'il considérait comme son héritage maternel et, comme il avait épousé Isabelle^ la fille d'Edouard III, il ne lui fut pas difficile de gagner à sa cause les anciens mercenaires du roi d Angleterre. Il pénétra donc en personne en Alsace, à la tête d'une armée considérable que nos chroniques locales appellent « les autres Anglais » (1375). Le duc Léopold III, landgrave de la Haute- Alsace, fit appel aux confédérés suisses, avec lesquels il était en guerre depuis longtemps, et qui ne se pressèrent pas de venir ; aussi, nombre de bourgs et de villages alsaciens furent incendiés, les habitants s'enfuirent ou furent massacrés et la destruction des approvisionnements locaux amena bientôt la famine. Les Anglais passèrent alors en Suisse, où ils continuèrent leurs dégâts; mais les confédérés se défendirent avec énergie, exterminèrent des centaines de ces brigands et finalement « l'ours de Berne > eut raison des assaillants. Ceux qui échappèrent à sa rude étreinte durent quitter, en décembre, les régions absolument ruinées de l'évôché de Bâle et du Sund-

Quoi qu'en aient pu penser certains historiens modernes, il est plus que douteux que les invasions des « Anglais > aieût été amenées par un changement d'attitude réfléchi de la roj^auté française. Charles V — Charles le Sage — était trop heureux de voir ses adversaires dans l'ouest vaincus ou tenus en bride, pour songer à faire des conquêtes du

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c6té de l'est ou pour s'y créer de nouveaux ennemie. Mais la fâîcilité relative avee laqu^etle ces invasiotks avaient pa être réaJîsées devait naturellemeni attûrer Tattention d.e& aventuriers d'abord, puiâ celle amssi des politiqiiiââ de la cour des Valois. Nos chiFoniqueurs alsaciens ont noté pour la. fin du. XIV* siècle plusieurs incursions analogues de chefs de bandes sur lea teirres d'Alsace (p. ex. celles du comte Jeaii.de Vergy, 13825-1384)^. et sanadoiate elles, se seraient renouvelées plus souvent et plus» tôt, si toutes les forées militaires de la France, de l'An^ gleterre et delà Bourgogne n'avaient été occupées, dttrant le premier tiers du. xv® siècle, par la Imtte terrible k laquelle se rattache le souvenir d'Azincourty d'Orléans., de Jeanne d'Arc et la: délivrancei finale du. territoire français. Quand cette déUvraacefat à peu près um fait accompli, quand il s'amt de: purger le solde la France et les contréesi voisinas de Lorraine et de Bourgogne de toutes les bandesautxquelles la paix, allait faire de3> loisirs, le» re.gar.ds- des gouvernais et des aventuriers sa reportèrent inatlnctiv'emeni vers les régions fertiles de l'Alsace, où: le manque d'une puissance utilitaire de premier rang permettait d'espérer de faciles succès et un riche butin. Les querelles éconoaiiques et poUtiqu^es inceasantas ei^ire les grands seigneurs territoriaux et Les villes de la province sembl-aient y promettre des alliés;, peut-être même — mais rien n^est moins certain — quelques conseillers du Eoi-GharleaVIl, esprits spéculatifs, fij?entils entrevoir à leur maître la possibilité de reprendre,, dans les régions rhéûAneâ, une partie de l'néritage des roi&&ancs et de Gharlemagne. Quoiqu'il en soit^ du resde des mobiles réels ou secrets de l'entreprise de 1439, elle est, par elle-même, des plus curieuses et cette c guerre des Armagnacs i> (le; nom

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