LA REFORME BT LÀ GUERRE DES PATSÀNS
Dès les premiers mois de Tannée 1525, lapropa-
fande par le fait avait commencé son œuvre; plus 'un monastère et d'un cb&teau avait flambé et quinze mille hommes étaient en armes dans la seule Haute- Alsace. Ils invitaient les citadins des petites villes à faire cause commune avec eux, s'emparaient de localités aussi considérables que Saverne et Wissembourg. Ils essayèrent même de pactiser avec certains éléments révolutionnaires dans la ville de Strasbourg. C'est en vain que les seigneurs laïques et ecclésiastiques effrayés offraient maintenant des concessions très sérieuses; les chefs des paysans de la Basse- Alsace, Érasme Guerber, Georges Ittel et leurs collègues étaient si enflés de leurs succès, si persuadés de leur triomphe prochain, qu'ils se refusèrent à toute négociation, à tout compromis. Lorsqu'une députation du magistrat vint au camp d'Altorf, conduite par l'ammeistre Herlin, pour offrir la médiation de Strasbourg, on la fit longtemps attendre, puis on la renvoya avec des paroles insolentes et dédaigneuses. Une tentative du principal Erédicateur de la ville libre, Martin Bucer, qui alla aranguer les révoltés pour essayer de les ramener à la raison, échoua plus piteusement encore.
Renonçant alors aux voies pacifiques, incapables de se protéger par leurs propres forces, les princes et les seigneurs d'Alsace s'adressèrent au duc Antoine de Lorraine et à son frère Claude de Guise et, implorèrent l'appui de ces champions connus de l'Église, fort intéressés d'ailleurs à étouffer un incendie qui menaçait déjà leur propre territoire.
Antoine réunit une assez forte armée, dans laquelle figuraient, trop fameux bientôt en Alsace par leur férocité, desstradiotes ou mercenaires albanais, et le 15 mai 1525, il descendait sur Saverne. Une première défaite des paysans eut lieu dès le
^Z' HISTOIBE d'âLSACB.
lendemain, près (iu village de Liipstein; les vaincus s'enfermèrent derrière les muirs de la uéjsidence épiscopate. Les vivres manquaient, et dès le Ift mai, une capitulation^ aiileur garantissait la vie sauve, était signôev Mais les malheureux^ sortanît sans arme», furent attaïqués par les lansquenet» du duc, à quelques centaines oe mètres de Ten^einte, et Ton/ en. fit un affreux massacre. On affirm:e que dix-huit, mille paysans farent. tués entre Saverne et. le Martelsberg (colline des tourments) ; leur chef, Erasme Guerber, fut pris et aussitôt pendu.
Antoine renDontait la plaine rhénaae, en suivant le pied des montagnes pour rentreir chez lui par un des^ cols des Vosges^ quand il se heurta, le 20 mai, vers le soir, près» de Scherwiller, aux bandes de la Haute-Abace, Elles étaient nombreuses et décidées, et se battirent- avec: courage derrière l'es barricades formées parleurs chariotsv Mais les Lorrains défoncèrent ces retranchements improvisés à xîoaps de can^Dn et, après des charges répétées, les rebelles s'enfuireat laissant sur le carreau dix mille morts- et blesséis. La répression fut presque partout très dure ; des centaines de maUieureux furent exécutés ou mutilés, des milliers punisi d'amende et de prisooi. Cette dureté- même, si. peu: politiquev ralluma sur plusieurs points les incendies? à peina, éteints, et d'août à novembre, plus d'une estcanmouche, plus d'uni combat sérieux eurent lieui entre les troupes de k* Régence autrichienne et les insurgés du Sund'gau. Néanmoins, vers^ la fin de. l'aniiée, la révolte était domptéev e^t comme- on. se plaisait ë en attribuer l'origme wa mouvement religieuai qui 1*' avait précédée 0U suivie, ki néaction catholique se fit sentir, après- la répression politique,, partout où •dominait la maison: d'Autriche.^