L'ALSACE ET LES GUERRES DE RELIGION
Bientôt après son avènement, Charles-Quint se montre désireux de réprimer Thérésie dans l'Empire; les dissidents, se sentanimenacés^ se groupent tout naturellement pour mieux se défendre. Parmi eux nous, retrouvons les protestants d'Alsace et avant tout la ville libre de Strasbourg, qui, passée officiellement à la foi nouvelle pax un vote solennel de la bourgeoisie en février 15^9, s'associe désormais ouvertement à tous les actes de cette défense, à la
{protestation de Spire (1529) et à la création de la ig;ae da Smalkalde (1530). Sous la^ conduite du plus remarq^uable de ses hommes. d'État, le stettmeistre Jacqjues Slurm (1489-1553),. elle se mit dé la. sorte en opposition avec les plus puissants Etats catholiques de la province, Les. archiducs d'Autriche et les princes-évôcpies; de Strasbourg. Sans doute cet antagonisme ne se manifeste pas tout d'abord par Les faits ; Charles-Quint est trop occupé, ailleurs pour s'intéressec très particulièrement aux tarritoirea de la Haute- Alsace, et Icb- évéquea de;Strasbourj^, Guillaume de Eonstein.(l 506-1541) et Erasma de Limbourg (1541-1568), durent rester eux-mômes sur la défensive pendant Leur, épiscopat, se résignant
et HISTOIRE D^ÀLSÀCE.
à voir autour d'eux bien des terres princières ou seigneuriales passer à la Réforme.
Ce n'est qu'après que l'empereur a remporté la victoire de Muhlberg (1547) sur la ligue de Smalkalde et fait prisonniers ses deux chefs, l'Electeur Jean-Frédéric de SaxQ et le landgrave Philippe de Hesse, qu'il essaie de mater aussi l'hérésie en imposant aux protestants vaincus V Intérim d'Augsbourg (1548), en attendant que le Concile de Trente ait décidé des concessions qu'on pourrait leur faire peut-être, afin d'étouffer le schisme dans l'Eglise. A ce moment, la réaction politique et religieuse, à la suite du triomphe des armes impériales, prit une tournure menaçante pour le représentant le plus marquant du protestantisme en Alsace, pour la ville libre de Strasbourg. La petite république était arrivée, vers le miKeu du xvi* siècle, à l'apogée de son développement matériel et de son autorité morale; elle exerçait, dans les affaires du Saint Empire et chez ses amis des cantons suisses réformés, une influence qui dépassait de beaucoup ses moyens d'action réels. Elle a parfaitement conscience aussi de l'antagonisme des idées qu'elle représente avec les tendances de la maison d'Autriche et de ses suivants en Alsace. Sans doute les gouvernants strasbourgeois dissimulent autant que possible cette opposition de principes, forcément
Sermanente, sous les formules d'un respect presque évotieux, mais ils se mettent à chercher au dehors un appui discret, pour le cas d'une lutte possible, qui serait trop inégale. Cet appui, Strasbourg aurait préféré sans doute le trouver auprès de ses vieux alliés de Berne, de Bâle et de Zurich, mais les temps sont passés où les Eidgenossen allaient guerroyer au dehors autrement que comme mercenaires. C'est donc à un plus puissant allié (il n'est pas