‹ Histoire d'Alsace. Nouv. éd. rev., corr. et augmChapitre 27 sur 73 · LES DEBUTS DE LÀ OUBERB DB TRENTE ANS · texte numérisé non relu

LES DEBUTS DE LÀ OUBERB DB TRENTE ANS

parer les pertes qne TEglise avait subies en Alsace et à la consolidatioii de son pouvoir souverain, consacra tous ses efforts à rétablir son autorité sur les villes impériales et à effrayer Strasbourg en lui faisant entrevoir des revendications prochaines de biens ecclésiastiques. Il surveille d'e près la ville libre et ses relations amicales avec le gouvernement français, où Richelieu va tenir, après le mois d'août 1624, la première place. En effet, dès le mois de juin de cette année, des envoyés du Roi Très-Chrétien sont venus apporter au Conseil des Treize Tas* surance que Sa Majesté était toute prête à lui venir en aide et qu'Elle réunirait des troupes à Metz, le cas échéant, pour la conservation des libertés strasbourgeoises. Quoique le Magistrat eût simplement remercié, disait-il, MM. de laHaye etMarescot de leurs offres de service, en déclarant qu'il ne se croyait pas en danger, il fut vivement rabroué par Ferdinand II d'avoir prêté l'oreille à ces promesses d'assistance, qui n'étaient pas absolument désintéressées. Dansunmémoire confidentiel de l'année suivante, que d'aucuns ont attribué au grand cardinal lui-môme, il est dit en effet que « les armes du Roi ne peuvent être que très honorables et profitables dans r Allemagne... utiles en ce que le Roi trouvera moyen de s'accommoder de plusieurs pays voisins de son royaume, ainsi que Henri II a lait de Toul, Verdun et Metz... sans ce qui pourra se faire dans l'Alsaceet lelongdu Rhin, duquel il importe à la France d'avoir un passage, que l'on acquerra plus facilement en entreprenant ce dessein v .

C'était formuler tout le programme de la politique française dans les années suivantes, alors que certainement personne en Alsace ne pressentait encore des bouleversements si prochains. Quand l'em-* pereur Ferdinand obtint du Chapitre , en 1626 ,

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l'élection de son fils Léopold-Guillaume, âgé de treize ans, comme évêque de Strasbourg, — l'archiduc Léopold quittant la mitre pour épouser une Médicis, — Il comptait briser les dernières résistances des hérétiques. Dès 1627 , il essaie de faire rompre le traité de Haguenau, relatif aux derniers chanoines protestants ; il fait sommer le Magistrat de Strasbourg, en 1628, de restituer, avant deux mois, tous les biens ecclésiastiques, églises et couvents occupés par lui depuis la paix a Au^sbourg. A la même date, les lutnériens sont expulsés des villes impériales de Schlestadt, Haguenau, Golmar. On parlait en août 1629 d'un blocus de la ville libre et de l'occupation de son pont sur le Rhin pour la punir de son appel à la Gnambre de Spire contre les ordres de 1 empereur ; un camp retranché était formé dans la Basse- Alsace, tout autour de Haguenau, dans la crainte d'une attaque subite de la part du roi de France, libre enfin, depuis la prise de La Rochelle, de s'occuper des affaires étrangères.

Déjà la guerre durait depuis douze ans en Allemagne et la lassitude était grande, quand, au cours de Pété 1630, trois événements presque simultanés vinrent agiter l'opinion publique : la rupture entre la Ligue des princes catholi(|ues et Ferdinand, amenant le renvoi du généralissime impérial, Albert de Waldstein; le débarquement du roi de Suède, Gustave Adolphe, en Poméranie ; le refus de Louis XIII de ratifier l'accord de Ratisbonne relatif à Mantoue. G'était, à brève échéance, la guerre sur la Baltique et le Pô, mais peu parmi les contemporains se dou^ taient que c'était aussi, pour un jour très prochain, la guerre en Alsace.

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