‹ Histoire d'Alsace. Nouv. éd. rev., corr. et augmChapitre 44 sur 73 · LÀ CONSTITUTION CIYILB DU CLERGÉ EN ALSACE · texte numérisé non relu

LÀ CONSTITUTION CIYILB DU CLERGÉ EN ALSACE

consacré, les paysannes du Kochersberg, sî patriotiques, entouraient en pleurant sa voiture, aemandant pourquoi Ton voulait abolir la confession, les processions et les sacrements ; à peine de retour à Strasbourg, il se vit affronté d'abord dans sa propre cathédrale par le curé Jaeglé , qui lui contestait le droit d'y officier, puis assailli, à l'autel môme, par une bande de mégères qui le frappèrent, aux cris de : « Oh le vilain roux, oh le Judas ! i^ Jœglé, traduit en justice, fut acquitté par les juges c comme insuffisamment convaincu d'avoir été le fauteur des troubles > ; mais il préféra se mettre à l'abri contre de nouvelles poursuites en se sauvant de nuit, sur la rive droite, auprès de Rohan.

A Colmar, l'élection de l'évéque s'était faite d'une façon plus calme, parce que les abstentions avaient été nombreuses, si bien qu'aucun procès- verbal ne fut publié. J.-B. Gobel, bien connu dans le pays, fut naturellement le candidat des constitutionnels , et la plupart des suffrages exprimés se portèrent sur lui. Mais il opta pour le siège de Paris, auquel il fut égalem^ent appelé, et ce fut l'abbé Arbogaste Martin, principal du Collège de Colmar, qui (&vînt le premier évéque du Haut-Rhin. Rohan répondit à l'élection de Brendel par un Monitoire (21 mars) qui donnait à l'apostat huit jours t pour réparer le scandale de son intrusion > ; passé ce terme, il serait sous le coup de l'excommunication majeure, toute église où il officierait serait frappée d'interdit, les prêtres qui lui obéiraient, étaient déclarés schismatiaues, leurs sacrements sacrilèges, leur absolution nulle et sans valeur. Dès le 16 mars, le prince-évéque de Spire avait adressé un manifeste semblable à ses diocésains et, le 6 avril, celui de Bàle suivait son exemple.

En présence de cette agitation persistante, on

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e&sayad'exéonter plnsiitrtcteincmtiœ décrjets deia Constituante; les religieux teçurent l'imlre xie quittBr.rfaabit^ monastique.; les.profiesseuis de. l'uncien Collège épiscopal, ^^i Tenisaient le;serment, furent iovités à déguerpir, et .de nouyeaus «curés élus à la place des non-;pireur8. iMais si foela tétait faisable .dans iune grande mUe, connue >StrasbouTgy dans las petites «yilles ^et idans les campagnes les autorités restaient 'impuissantes quand elles n'étaient pas eomplices. Les ;prooès-yecbenix (de la Société des amis de la Constitution 49ont remplis de ^faits triques 'à 'cet égarfl. Dans certaines segîons l'agitation devenait de*{5lus en plus ipelitique et nettement contre^révdlutionnaire. iZ>ès des 'derniers .jours de mars, deux agents du cardinal, Dufresny-père^tfile, ^ avaient 'été rarrétésià W^eiselonne et diriaés imr :1a Haute-Gour >d'0rlôaits.rlier6>a(wil 17.91,^des poursuitesiétaienttordonnées par l'iàssemblée iiettionale ' contre Rohan lui-même, ipour jukri-

Îpes <8ecràtes <et tentatives ;de sontevement, eenitre es curés ilseglé let Ztpp, Wilhelm, fapBnapie Be ddi et /quelques ^autres ^ comparses. ^Le .m^ëœe jour, ipour remédier ;à /la pénurie ^de praires .tsonstitntioiimela, rAsseniblée> dérogeait à la loi iréoenke qui Bxigeait la qualité de-Français et cinq ans de séjour dans ^n diocèse, ipour pouvoir y exercer lesifonQtionsfsareerdotales. -On avait pensé Couver iaeilement au dehors, 'pour une ^population <de rlangue allemande, les desservants inécessaires; .'on dut bientM; Feoon*n^ttre ^que rc< était )là une illusion /complète. Il vint très peu de Suisses, pas 'ide LusEembour^eis, «et ceux (qui arrivèrent des 'Universités épiseopales rhénanes de Bonn, Cologneou Mannheim,!formèrent plutôt k Brendel un iôtat-imajor 'qu'un corps >de troupes bien compact. On ne rencontre guère, en définitive, plus d'une quarantaine ^de ptétres étran-

LÀ CONSTITTJTION CnriLB BU. CLBRGB EN ALSACB. W

(PS: en fbiïeticms dans les deux départements^ aur [es quatre cent > cinquante enyiroQ: ique compta -le iolergé constitutionnel .d' Alsace -au ooroment - où âl atteignit son plus grand déTeloppement. Beaucoup , de- ceux qui étaient -accourus d'outre^Rhin , croyant arriver .dans un EMorado zTeiigieux -^t ^ politique, sVn retournèrent déçns, idécouragôs par les rioiBBces-et les' tracasseries 4estipaT49an& catholiques,. <|ai «les liaïssaiont enjeur ^oioulsle qualité ^^* suppôts du diable. et il^étrioigeps. Les Tares «^c intrus > qui s'oibstinèreat à tenter 1 aventirre ^ menèrent géiiér-aiesnent rjosie ^existenoe œisénable 'dans rieurs vil* lages, ^ le prêtre tnon-juFeT»r lestenâitifacilement en édiec, quand ils j&'étaient ^ pas protégés «par <des ptqnetsiie •s^^da'ts out de volontaires,fmaDiliséapour empêcher Ftnya8ion>4es^brochur6s>i^andestiaes des émigrés, puis celle sdes émigrés eux-mêmes.

On: parlait en ^eiFet du débarquonmit' prochain de \9i: Légion deda mort dfu ;yicoin*e de Mirabeau dans les environsrjde RhinaUfidès'ile^mois de mai, invasion jformèdftble qui, :traTersant TAlMoe, péiïé* tperatt'par La vallée ae la Bruebe .en Lorraine.' Ges bruits , ? vrais - mi faux, > 'entretenaient «me > aigitatton continuelle; les^ patrouilles cireul(iient,' jour et'<nmt, snr : ^les 'rives» du fleuve, 'Sans tfwravoir 'onpécher les age9At8itles émigrés ide^parcQurirtoutile 'parvs, déguisés «en tnaquignons, ^>en nu^ndiants, .«n colporteurs, et d'y recruter de nombreux-jeunes gens ou d!y répetndre des i ballots d'écrits * incendiaires. La orainte qu'inspiraient «^ees ; menées était *'di grande que c^est le 18 mai -seulement que le 'Directoire du Haut^Rhèn osa s'attaqiiier aux couvents desi religieux de'Cohnar et ordonner aux Au>gustinS'de*se retirer à Pairis, aux 'Capucins d'aller à^Belfort; c'était fermer en même temps' les» tleux égiises où 'les» prêtres réfraetaires officiaient encore. ^Un -pétition-

nement général s'organisa pour réclamer la conservation des religieux; mais en même temps une véritable émeute éclatait. Le 22 mai, au bruit du tocsin, la foule envahit les églises, les cantiques alternèrent avec les hurlements de mort, l'évéque faillit être assommé et ni le maire ni la garde nationale ne mirent le moindre entrain à rétablir Tordre. Le lendemain, la majorité du Directoire consentait même à ce que l'église des Augustins c restât ouverte à tous les prêtres indistinctement, pour y célébrer le culte divin » et mettait la pétition des Golmariens c sous les yeux de TAssemblée > . Celleci vit de très mauvais œil l'attitude indécise des autorités haut-rhinoises, vota, sur le rapport de Salle, la destitution des membres qui avaient retiré leur arrêté précédent et chargea leurs remplaçants de procéder à une enquête qui se perdit dans le tumulte occasionné par la fuite du roi. Le nouveau Directoire avait pris d'ailleurs, dès le 18 juin, la décision la plus libérale et la plus raisonnable à la fois, en accordant à quelques citoyens de Colmar la location de l'église des Capucins, c la tolérance la plus absolue étant conforme aux décrets de l'Assemblée nationale, qui en a consacré les principes >. Malheureusement cette solution pacifique ne devait pas rester longtemps en vigueur, parce que les deux tanatismes intransigeants s'y opposaient avec Une égale ardeur. Déjà, le 25 mai, le Directoire du Bas-Rhin avouait à la Constituante que, même avec le zèle le plus infatigable , c la bonne cause ne peut vaincre que par des moyens extraordinaires » et la suppliait d'envoyer cinq mille hommes de gardes nationales sûres des départements voisins, pour défendre la Constitution contre les ennemis du dedans et du dehors. Dans la discussion qui £uîvit la lecture de cette adresse, un des députés

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