LA 6USRRB ET LA TERREUR EN ALSAGB
leurs réclamations réitérées, ils ne purent obtenir que Roland déclarât sur quoi se basaient ses insinuations. Le 12 juillet, sur un rapport ambigu de Tardiveau, FAssemblée passait à l'ordre du jour sur les plaintes des autorités constituées de Strasbourg. Elles répondirent à cet affront par un redoublement de zèle, en célébrant la fête de la Fédération, en proclamant la patrie en danger (26 juillet), en ouvrant les registres d^nscription des volontaires (29 juillet) où s'inscrivirent en deux jours 390 jeunes gens; le 6 août, elles décidaient la mobilisation d'une partie des gardes nationaux du Bas-Rhin. Mais tout cela ne les protégea pas contre les accusations de Laveaux, qui occupait sans cesse la tribune des Jacobins, où un autre collègue strasbourgeois, Philibert Simond, prêchait l'insurrection c nécessaire et très possible 9, dès le 27 juillet. C'est pour répondre à ces provocations inconstitutionnelles que Dietrich, convoquant le Conseil de la commune, le 7 août, lui proposa l'envoi à l'Assemblée d'une nouvelle adresse, qui fut votée à la presque unanimité, signée par cinq mille citoyens, et expédiée à Paris. Elle n'y parvint malheureusement que lorsque, depuis plusieurs jours,la Royauté avait été balayée par la journée du 10 août. Le langage qu'y tenaient les signataires n'était nullement illégal, puisqu'ils affirmaient leur attachement à la Constitution, et leur fidélité à leurs serments. Seulement, il se trouvait dans cette adresse une phrase imprudente : « Nous méconnaissons toute autorité qui ne s'appuie pas sur la Cons- ' titution; le jour où elle sera violée, nos liens seront brisés. » Assurément, les autorités du Bas-Rhin avaient aussi peu l'intention de s'opposer à la volonté nationale que les moyens de la braver; mais l'interprétation perfide que les Jacobins du pays et ceux d!e la capitale donnèrent à ces paroles irréflé-
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chies, devait lourdement -peser, ^ pendant • pltRsi de deux ans, SOT le dépaftement'tont 'entier.
La^nouvellede^la 'révolution du lO^août parvint à Strasbourg' le 14 sùivaiit. Quand' on -sut tjue FAssemUée Légii^lattre s'était ^^soumise^^ la* Commune révolutionnaire et qu -élle^ envoyait des eommissaires aux ' ^arméeB -sur ' les ' frontières , ' les corps ^ co®stiitués invitèrent leurs* concitoyens wt "calme et'^ l'union ^ en attendant leur »af rivée. Lazare Gatnot, -Prieur ^:la Gôte-^d'Or> et'Ritter (du Itailt-Rhin) furent itésigaés pourallerà Tannée du Rhin. Ilsiserendireilt d'aBord à'Wissembourg^où le général' Biron, iF^ex-Tluc Ûe Lauzun , ' les 'assura que celle-ci -était c . entièrement vouée à la eafrse de la ^liberté «»; pûis'Us'allèpent'Yisiter<Kèllermanfiè^Lailterbourç,-Gustine'à' Landau, et c'est 'seulement'ensuite tprlls se dirigèreiit'«UT Straibourg. ^Ilsij^prononeèpent, Je 21 "août, la ^suspensionde ^plusieurs fnenibres ^u^Direetôire et d'une dtzaise de membres <dtt Conseil général du -Bas^ Rhin, en les 'remplaçait par des Jacooins, • mais ^9atts>tou^ èber à 'la Miinicipàlifé, ni a«i ^Dîstri^t; '(iaoïiS leur rapport à l'Assemblée, ils se 'dédapaienMifliiéme'ssa'tisfàits kles klispositioiis des habitante; ^ les diffi*cultes ' qu'on essayait Hé* nousTeprésetiter' oiit^d«s< paru comme- ^es'^imères ^» . Mais, • «e -même jour, Dietrièh était masdéà Raris pour* rendre •compte lie sa coiïduite, etHoland/redevénumiiiistpe^suspendait tout^le Conséil-'deUa Commune,-^ nommait le-médecin'Lachûus^e maireprovisoire.-Daas unetdemière séance, les i]flSS€iers : municipaux et les ootables expriœèrenî^au maire révoqué -leur ^^estime Mrt leur confiance et celui-ci supplia ies* citoyens ^acocwru s en foule à l'Hôtel de Ville de ne *rieni faire qui pût troûbierla* tranquillité publique. On '^vaiteii ^efiPet semé nuitamment, dans les rues,' de petites feuilles volantes allemandes — manœuvre des Jacobins ou
LA GUERRE 3T XA TEBBBim ;BN ALSACE. 255'
des'émigrjé» ! — qniiportaient ms mots : kk Plufcùtique de perdre i notre imuuicipairlé, nous appellercmB les Autrichiens 3eit îles iPmssîeiHiE! » jDàs le lendemain, I^im desnotables, le profe^seiirJeanrSohweighaeiiser, liillustiserhellënBsrtQ, engageait ses eonoitoyens à répandre àcees cealDninies pariim ^redoublement .de lèle patriotique .et A i dénoncer ^sans pitié .tous .ceux q,uiaaxrraîent exprimé .itevant 3M1X laipeisée ((!c>d'appaler rsnr moti^ «territoire ^tes ienuoemis déclarés « de la liberÈé .française i>..
aEbansle Heut^Rhin, les autorités départementales, iIIqs réservées xkiDs leur langage, )«vaieut de plus taadianoe .ide nifavoir^pas ; autour dfelles des démunoiataups^anasirpeuidorupuleux. Ax»ai, quand lesrcammiasaires airrivènnt à Qofanar, de 23 .^oût, .k réception &t nanasi-solennellequ^ Strasbourg,* et plus cordiale : ; zaucun des administrsrteurs me Sut cbaiô^ , mu jdl-Qffioieirs ifurent suspendus, :anats ^rmi eux nguiait •Rouget txie risLe, deiki^mison.iletHuningue,ac}ui,«sUl?étah l'auteur xLe hi Marseillaise, tétait aussi, Œronr les iJaeobins, vim dss reonmiensanx de Dietrion, idans ilesBabns ^du^fuel dl aEvsLitufaantéqponr la cppemiàse ^.fais -son hymuBB ûmmortél. iLe xappiDtrt que fPrtextr, idenstour à:RariES,cdéposait le .5 B^ptemfare était «oi rsomme /des ^lus^élogîeuxTpourles populations alsaciennes, dont /llardeur -à mepousser l'^étranger, l'énergie , le caora^et la chaîne contre lesiyrans € doireilt «désespârcnr œuxiqui prétendraient f encore les:namenfir.à:l:esclaYa|^ o.
Entre itemps, les^électeursytron^oqués jmur élire auraui&age .uuiiPferse9l'Uite:nojœ«elleiQ0natituante,'XLne Convention, lae (réunissaient. iLe lieu du vQteipour le Bas^Rbin fut fixé rà Uaguenau, par idéfiaoïce ides modérés rde SteaflJumig. dL'(BS3SB3imblée électorale s'y réunit le :2 septembre, acai6:k;préaid6nce del'évéqwe
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Brendel. Les Jacobins y avaient la majorité, mais les anciens constitutionnels (les feuillants, comme on disait maintenant) essayèrent pourtant de lutter, . sans qu'ils pussent faire passer ni Dietrich, ni aucun " de leurs candidats. Les élus appartenaient tous aux nuances avancées : Rûhl, Bentabole, Dentzel, Arbogast, Philibert Simond, etc, A vrai dire une faible minorité figura seule plus tard dans le groupe vraiment terroriste; beaucoup d'entre eux étaient plutôt modérés, mais entraînés par le mouvement général, ils suivront d'ordinaire la Montagne. Dans le Haut-Rhin, les électeurs avaient été réunis à Altkirch ; les conservateurs et les réactionnaires ne votant pas, la liste fut simplement patriotique et comprit surtout d'anciens membres de la Constituante et de la Législative, Reubell, Pflieger, Guittard, Ritter, Delaporte, Johannot, etc. Le 25 septembre la nouvelle de la proclamation de la Républiaue arrivait en Alsace et fut célébrée à Strasbourg le 26, à Colmar le 1^' octobre ; les autorités <K régénérées » montraient la soumission la plus complète au régime nouveau. Le danger de la guerre semblait s'éloigner d'ailleurs des frontières, depuis la retraite des Prussiens après la canonnade de Valmy (20 septembre), l'entrée ae Custine à Spire (30 septembre), à Mayence (21 octobre) et à Francfort-sur-le-Mein. Tout aurait dû porter les esprits à un peu plus de calme et d'équité; mais les Jacobins j de Strasbourg, implacables dans leurs rancunes, voulaient écraser leurs anciens adversaires et surtout le malheureux Dietrich. Celui-ci s'était retiré en Suisse (sa femme était Bâloise), puis, apprenant (ju'on l'avait porté sur la liste des émigrés, il s'était livré lui-môme à la frontière, et la Convention le renvoyait, le 20 novembre, devant le tribunal criminel du Bas-Rhin. Laveaux, dans le Courrier de