‹ Histoire d'Alsace. Nouv. éd. rev., corr. et augmChapitre 50 sur 73 · LA GUERRE BT LA TERREUR EN ALSACE · texte numérisé non relu

LA GUERRE BT LA TERREUR EN ALSACE

Strasbourg, racontait que le traître avait reçu de Berlin six millions pour gagner les habitants de Strasbourg et, au môme moment, la Gazette de Bayreuth l'accusait d'avoir promis 600.000 livres à celui qui assassinerait le roi de Prusse 1 Trouvant qu'il avait encore trop d'amis dans sa ville natale, les Jacobins strasbourgeois obtinrent qu'il fût transféré à Besançon pour y être jugé (13 décembre).

Devant ce redoublement d'intrigues et de calomnies, le conseil général de la Commune, qui venait d'être renouvelé par des élections libres, et dont la majorité, ardemment patriote, était pourtant modérée, résolut d'envoyer de nouveaux députés à Paris pour réclamer à la Convention des commissaires impartiaux et éclairés qui rendraient enfin justice à Strasbourg, c non des protecteurs, mais des juges )» (23 décembre). L'Assemnlée chargea d'abord Reubell, Merlin (de Thionville) et Haussmann, qui se rendaient à l'armée du Rhin, de s'arrêter dans le cheflieu du département. Ils y parlèrent avec calme et se trouvèrent satisfaits de l'esprit des habitants ; mais Laurent (du Bas-Rhin) s'empressa d'effacer cette impression en déclarant à la Convention que si l'on ne se dépêchait d'intervenir, Strasbourg recevrait, dans six semaines, les Autrichiens à bras ouverts. On décida donc l'envoi de nouveaux commissaires, Dentzel, Ruhl et Couturier (de la Moselle), ce dernier, vulgaire et fanatique, fort entiché de son propre mérite. Dans les derniers jours de décembre ils arrivèrent en Alsace et entamèrent en janvier l'enquête prescrite, qui dura plus de deux mois et que résuma Couturier dans un Rapport et un Supplément avec c pièces justificatives 9, qui ne fut publié qu'après lacDute des Girondins. On n'a qu'à parcourir ce aossier pour se rendre compte de 1 ignorance naïve avec laquelle il s'est mis à la remorque des Jacobins

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de Strasbourg ; Rûhl, ex-consdUer d'un prince ailelaand et craignamt de paraître trop modéré^ Deotzel, préoecupô justemenl de la shaaticm de Landao, s» Tille adoptive, le laimaieat faire, quand ils ne l-ap^ puyaient pas.

Le iB janvier 1793, leadeux tiers dea membres de la muDicipalité a^ec le maire Turekheim étaient suspendua ; mais les commissabes eurent la m€»rtificatioa de ne récolter que dea refus de la part des citoyens qu'ils désignèrent successivemenl pour rem-

{ placer les bons patriotes sacrifiés aux^ rancunes de aura ennemis. Ruhl se déclara malade pour n'avoir plus à s'occuper de la question ; c'est alors que Goutu rier et Dentael nooupèrent maire un jeune Savojrard, FrançoisoPienre Monet, à peine âgé de vingt-cinq ana ; ils suspendirent ou destîtnèrent ensube la plupart des fonctionnaires supérieur», prononcèrent 1 internement à Fintérienr d'un certain nombre des citizen» les plus respectablea, et autorisèrent le I>irecteÂre du dl^partement, dont la majorité était maintenant jacobine ^ à suspendre toutes les autorités des communes c fanatiques » . Naturellement la chasse aux ptôtrea réfractairea reprit de plua belle; un des anciânavicairea de Brendei, Evloge Scbneider, avait été nommé accusateur public près du tribunal criminel et se montrait prêt à sémr contre tous les modérés^ protestants et catholiques, qu^il dénonçait dans son journal,, VArgos, Cependant, deux des officiers municipanx suspendus, Thomassin et Noisette, se rendirent à Paria poor porter plamte ccmtre Monet et Schneider à la barre^ de la GcNi)TeQii(h>n et réussirent à convaincre momentanément la majorité de l'Assemblée dei ringjttstice dea mesurea prises par ses commissaires. Ella rappela ceux-d. (17 mars) et annula l'arrêt de déportation et d'internement des membres des conseils straabourgeois.

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MalheB]r6its6fiii«nk un inesdeafi orù laa modérés de Strasbouorg n^élaîent poiur rieik, sq produisit à €6 momesit m&m^^ Dans la région avoisdnant Les Vosges^ autour de, Roskeim^ Mutzîg et autres C6i£t(res c faâatîfnies », uot atouYement euit lieu,, poroyo^isé saoKs dou^ paur lee ënissarirea de Risitban et des émigrés. Quelque» centâinea de jeunes paysans fie dirigèrent su£ Molsibeim^ aux ccisi de : Vive le Roi! Avaut loêoie qi^ les; tro^upes ea!V03^ées de StraslMDunrgfusfseixt arciTéaadIanfi cetto loealîté,. TatiFoupenieni avmt été déjà dispersé; treds» dbsk menenrs, GOflfeduita k Strasbourg, y forent guîUûiinés le M mars ; ee fut la preaalère exbibiticMa de rin^trument sinistre en Aisace. Oft explic^ila cette^ tentatvre de tévoile locale pofur faire croire à Paris qWune extrême sëYéarité maJbeirait seule les pof>>ur lartioua rebellées, e Yo^tre déevei (celui quô. ordoa^ »aÉI des électrcms nouTeUea) tue. la liberté y^y écrivaiesit les iacoiytis de Strasbourg à la. Conveutioru BiiliL hiî-*uièiBe était flétri par eux eoiame un rené^aric et son bdosi ra^pé de la liste des membres du duB. Une des piiemiëfes victimes de ce redoubl^Doaeatde violences fot Bietrieh. Acquitté à Besançoi^ le 7 mars i79e% après une défense très éloquente et très babîle,. il fut. néamaobis^ maduteau e& prison. Transféré è TAbihaje, le tribunal révolutieQAnaire le condamBÂit à ]Q»>f t (29 décembre) ;; il fui exéeuté 1^ joiir môme. Dana one lettre^ écrite quelque£k beures auparavaosit,. il eoi^wait sesideux ms, alors, à V armée, de ne vecaer cette injustice qu'en défendant la patrie avec la mus intrépide bravoure. Un tribunal de sang a pu faire; tombeir sa téCe comme celle d'un traître; rhoiBBiia qui, de sra prison, adressait aux siens ce suprême apoel^ était un patriote frangajis.

Une) dernière foisjtes Strasbourgeois oppriméâ et calomniés tentèrent d'obtenir justice* Les douze

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sections électorales de la ville envoyèrent deux nouveaux délégués, Lauth et Liebich, protester à la barre de la Convention contre les aventuriers étran-

fers qui terrorisaient la ville, c Pour vaincre en ommes libres, disaient-ils le 1*' avril, il faut Tétre. Il n'est pas un Strasbourgeois qui ne soit prêt à faire un rempart de son corps plutôt que de céder un pied de territoire à nos ennemis, germains, émigrés ou rebelles ; nous jurons de les exterminer tous et de maintenir vos décrets! » Gomment accuser de trahison des citoyens aussi dévoués à la cause de la liberté ? Peut-être leur aurait-on rendu justice si, pour leur malheur, les journées du 31 mai et du 2 juin n'avaient anéanti la fraction la plus modérée de la représentation nationale. Ruhl, auparavant déjà, avait refusé de plaider leur cause; intimidé par les clameurs jacobines, il avait dit aux délégués : « Vous auriez dû envoyer votre adresse à Gensonné et Vergniaud ! » Maintenant que les chefsdes Girondins étaient proscrits, Euloge Schneider, qui dans son journal demandait que Ton dompt&t les rebelles <k parla guillotine, par la seule guillotine ]>, Monet et leurs collègues n'allaient plus rencontrer d'obstacles. Dès le 7 juin, le Département décrétait l'arrestation d'une série de citoyens, c pour écarter les êtres immoraux qui pervertissent l'opinion publique » ; d'autres étaient invités oc à baisser un front respectueux devant les lois ]» de la République. Le 8 juillet, Dentzel apportait à Strasbourg le texte de la nouvelle Constitution de 1793, qui mt adoptée par toutes les sections, le 14 juillet suivant : ce vote fut transmis à Paris, en six minutes et demie, par le nouveau télégraphe optique que Chappe venait d'installer la veille sur la cathédrale. Le 24 juillet, on célébrait une cérémonie funèbreen l'honneurde Marat.tombé quelquesjours aupa-

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rayant sous le couteau de Charlotte Corday. Dans le Haut-Rhin, les premiers mois de 1793 furent un

S eu moins troublés, parce qu'on était plus loin du anger et que les passions politiques y étaient moins intenses ; mais pourtant, dès avril, les prêtres ré* fractaires du département étaient tous enfermés au dépôt de mendicité d'Ensisheim, d'autres citoyens internés à Besançon; en août, tous les anciens membres du Conseil souverain étaient déclarés suspects.' La fête de l'acceptation de la Constitution fut célébrée à Colmar avec un entrain plus ou moins sincère. « On était forcé de se réjouir », dit naïvement le serrurier Dominique Schmutzdanssa Chronique colmarienne contemporaine.

Pendant ce temps , les régiments de ligne et les bataillons de volontaires remplissaient les places et les camps d'Alsace; mal disciplinés, plus mal équipés, ils épuisaient les campagnes sans rassurer beaucoup les chefs militaires, c Les neuf dixièmes des hommes qu'on y envoie, sont absolument nus..., sans armes et sans la moindre instruction » , écrivait Biron, le 29 août, au ministre. Tout le zèle des autorités civiles ne pouvait remédier à l'impéritie absolue des bureaux de la guerre. Sans doute, pour le moment, l'Alsace n'était pas menacée, mais, dès février 1793, les généraux un peu expérimentés étaient pessimistes et se demandaient ce qui adviendrait-une fois que les alliés auraient emporté Mayence. Le 19 juillet, Beauharnais, le nouveau chef de l'armée du Rhin^ avait pris position près de Landau; le 23, Mayence ^ capitulait; dès le 28, les divisions françaises se repliaient sur les lignes de Wissembourg; le 3 août^ Strasbourg était déclaré en état de siège, et le 16 août la Convention décrétait la levée en masse. Dès le lendemain, les représentants en mission ap-

pelaient «mx ar aies les bahîtaiito èsL Bas et dn Hamt- WÊÎn, ^fù ne durent |)«s eomprendise gmnf chose à leur style amperié où figaraie&t lé Otpitole^ ^mU laume T^. L'élaft patnotiqn se^produisit pooitant mais désordonné, gasfiSlant les forces lïtiloB, an miUea d*«Ae ooafasion générée. Les AntriclHens, sons Wunnser, Avaient occnpé ie BieRwald ; perdftnt la tête, Beanharnais éracuaît Wisserabonrg et se voyait snspendn, pns remplacé par Landremont. etc'esft; à oeinonieiitqne les pepnlationsmrales ëtaieni invitées derechef tpar les représentants iioeoste et Gaytardim à<c se dirigera ^grands pas, nnniesde lenrs îttstnimeDts ^oSensms ^^^mraies diefish4ienx ^ ieors districts, c afin d^écraser par leurs masses 9 les envahisseurs. Encertains 6ndroits,les paysans contribuèrent •^caoement à la défense sde 4a fmnftière ; ainsi eenx «des environs de La Asiile fièvre, soas la direction dn bmve cèef Ae iégisn HelmsteMe»* ^ de ^leest, madré de fifadTenèofiM, fermèrent par des abaAîs les passages des Vosges aux ^Pi^ssiens. Mais, parfois sAftasi, cenx qa'im ap|>dait4mx «rmes se eau* vaient on, «'ils ipartaieit, Tovenaient an hwA de (nek|aes gonrs^ n'ayant reçn ni armes ni livres, las de tcanq>er dans des Inlttes de JiramcbRges, swas'Gcne botte de paille^ et aadhant lort ibien qfii'avec lears pdqnes et ienrs faax, ils slb Morraieiït feiire ^sEucnn mal à renneiBi. Ge n'était m le ^courage, ni la bonne volonté qiti leur faisaient défaut, «les bons 'conseils non plus. Un heorteux hasard iiMms :a oonservé 9e discourS'adrassé par le ptfsteord'Oiberbfonfnanx ruraux réimis au camp du INendorf, en octobre 1793. Il les y exhorte chaienrenBement •< à déléndi<e la iâberté eft les Droits de rbomone contre les barbares, aies terrasserdie lenn soUdespoingsdemontagiiards , puis à les ensevdir dans leurs champs pour fumer ta terre wrec leurs cada^Tres »> . Paroles peu évangé-

rfrii»

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iiques, à eoup sAr, mais qui indiquant clairement quelles S3nnpathijes atteidaieiit les eavahisseurs I

Heureusemefiil; que le maïKpie d'entente retarda Tattaque des alliés pendant quelques senutines; mais Je 8 septembre, un nonyel arrêté des repré* sentants en mission ordonnait de sonner le tocsin pendant 4S heui^fl, c pour frapper le coup final »; tous les citoyens devaient prendre les armes ^ à peine d'être déclarés rebelles et de voir le«rs biens^ confisqués, et se porter sur Fort-Yanban, Lauterbonr^ et Wissemboui^, dans le Bas-Rhin; sur Kembs, Hesingen^ Attenschwiller, dans le Haut- Rbdn. C'était décréter une mesure insensée, sans utilité possible; pendant plasieurs jomrs cm vit des fiots de bourgeois et de pajsans errer sur toutes les grandes routes, .^iarés<, sans cbefe, san» armes, sans vivres y puis se débander sans que personne essayât de les retenir, La jeunesse hBllûqnevise et patriotique était depuis longtemps enxiâlée dans les ré^ments de ligne on les bataillons de volontaires. < C'est seulement après leur déterminaitlon libre^ écrivait M'^ Schweigbafifsser à son fils, volontaire lui-même, que la réquisition est arrivée. » Gomment avait-on pu croire qiie cette oohue non organisée intisûderait les ennemis ? Du ij2aui4 septembre les troupes françaises reprenaient un instant l'offensive et rentraient dans le fiienwald; au même SMMnent,les troupes de ligne et la garde nationale de Strasbourg bombardaient £efal^ et trois jours plus tard, c'était le loiir de Vieux-Brisacfa. Une proclamation officielle des repré^sitants Milbaud et Lacoste reoonnaissait le zèle des citoyens de Strasbourg à l'attaque de KehU et pourtant Barère donnait lecture à la Convention, dans sa séanee du là septesnbre, d'une lettre anoonçant que la ville allait être livrée à l'ennemi comme Toulon Tavait

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été. Aussi le Comité de salut public donne-t-il les ordres les plus stricts pour arrêter les traîtres ; des mandats sont lancés contre Tex-maire Turckheim et d'autres modérés, et la Société des Jacobins réclame une épuration nouvelle. Le 3 et le 6 octobre, cinq représentants en mission destituent les derniers administrateurs élus comme c n'ajant plus la confiance du peuple » et comme c aristocrates avérés, regrettant les chaînes de Tancien régime » . Ils sont remplacés d'office par des membres du club, aubergistes, hommes de loi, doreurs, ramoneurs, etc., individualités absolument obscures qu'on charge de prendre les mesures les plus sévères pour c déjouer les complots des ennemis de l'intérieur, et faciliter les succès contre les satellites des despotes > . Milhaud et Guyardin créèrent en outre un Comité de surveillance et de sûreté générale, avec des pouvoirs arbitraires pour c déconcerter les trames des malveillants et couper le fil des trames u'ils auraient ourdies > ; on y voit siéger Monet, ulo^e Schneider, le Lyonnais Télerel, le cordonnier Jung, le compositeur Edelmann et une demi-douzaine d'autres plus obscurs. Parmi eux quelques bons patriotes, surexcités par la fièvre de la lutte, mais aes intrigants en plus grand nombre et de louches aventuriers.

A Colmar, un Comité analogue fut institué, mais avec des personnages infiniment moins portés vers les principes terroristes et moins disposés à les traduire en action. Ce fut en Alsace la fin de tout ordre légal, et désormais la Terreur y fut — comme on disait alors — à l'ordre du jour. L'introduction du calendrier républicain, la promulgation de la loi du maximum marquèrent le début de l'ère nouvelle (13 et 14 octobre). Dès le 8 de ce mois, le nouveau Directoire du département ordonnait que dans

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toutes les communes, il serait fait une réquisition de deux boisseaux de céréales par arpent, que pro-

Sriétaires et fermiers seraient tenus de verser, ans les trois jours , aux magasins de Strasbourg. Pour une bonne partie du Bas-Rhin cette mesure ne put être mise à exécution, car le 13 octobre les Autrichiens, après avoir forcé les lignes de la Lauter, entraient à Wissembourg et, dans la nuit, une dépêche du nouveau chef provisoire de Tarmée du Rhin apportait à Strasbourg la nouvelle de sa retraite sur Haguenau. Le lendemain matin, Guyardin et son collègue Milhaud convoquaient à la Maison commune toutes les autorités c purs^ées actuellement de tout levain d'aristocratie et de feuillantisme >, pour discuter les mesures propres à faire de la ville un boulevard inexpugnanle. Plusieurs de celles qui furent adoptées étaient pratiques et calculées pour prolonger la défense des places fortes. D'autres n'étaient certainement pas réclamées par l'opinion, comme la création du tribunal révolutionnaire, décrétée le 15 octobre. Un ex-chanoine messin, Taffin, en fut le président, Euloge Schneider l'accusateur public.

Pendant ce temps, Wurmser pénétrait plus avant en Alsace, et entrait à Haguenau le 16 octobre. Il avait fait publier la veille un Ai^is à F armée française et aux Alsaciens, dans lequel il les invitait à chercher un asile dans l'armée impériale, où ils trouveraient protection et liberté. Ces promesses devaient paraître bien tentantes aux paysans, dont les agents révolutionnaires réquisitionnaient partout les grains, les fourrages et le bétail, et l'on ne s'étonnera pas trop d'apprendre que nombre de villageois se soient portés à la rencontre des Autrichiens, drapeaux blancs en tète. Les régiments de Condé y regarnirent leurs rangs éclaircis et.

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deidfèfe eux, reoÉraiept uae foule de prêtres et de moûieâ émigrés. StrasbcMif^, 4ow/l fes alentours avaient été hâtivement rasé», étaitàrafarî d'«iioo«p de Biaîa; mais les divisioBS fraaçaises lareitt refoulées jusqu'à SchUtigheim et Hœnheim, pMENfue soas le -canon de la lorteiesse, tandis que les campagnes étaient dévastée par rennemi et phisienrs villages incendiés, après avoir été pillés. Heureusement, dans les derniers jours aoctobre. Picbegru était appelé au >commaiulemettt de l'armée du Rliin« Hoche à ce&iiii >d^ l'armée de la Moselle* Gr&oe à leur énerve, les progrès des alliés fiirent arrêtés* Dès le déwt de novembre, le danger était presque conjuré, d'autant plus que derrière les ennemis^ Landau résistait toujours, malgré les dissensions violentes qui s'étaient produites parmi ses défenseurs.

MaisauiBonient où, grâceàlapratiqueenocmmiun des devoirs patriotiques, aux ;sacrifioes Itbreaneut consentis, un peu de oaliue revenait dains les esprits à Strasbourg, de nouveaux commissaires de la Gonventbn arrivaient uvec des pouvoirs ilUmiiés : Saint-Just, ce jouvenceau inflexible et Èautaie, qui posait pour Les vertus nHaiaines, et Lebas, imoims impitoyable^ mais iséide docile et dévoué. Sur leur initiative, le Comité de sûreté générale 'presiait, dès le 28 octc^re, une série de mesures terroristes : arrestation des parents de prêtres, des fihis riehes c isristocrat^ » de chaque locaUté; des certificats de ci-vîsme étaient exigés de tous les oitoyeiis ; le 29^ la guillotine était promenée par les rues sous l'esoorte d'une € armée révolutionnaire :»; le 30^ on incarcé* rait tous les banquiears, notaires, commerçants iiqui oiA encore des relatk)ns ^vec les p^ys eu guerre contre la république ». Urne première liste de suspects était oressée, comprenant environ 250 noms.

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OÙ ûgmeisA non se^emant des laoïtsSjieB^ des mimstres pi>otestaxits, (des (carés constîtationnieils, mais 'encore bien des |)etLtes ^geo&j jusqu'à dies perru- -qûers et^descnisiDières. Le 31,Samt-Jmst et Lebas décFétaéecit nn eiaprant forcé de neuf millions, i^pairti .eistre ld3 citoyens, qui ^aiejnt taxés de 6.000 à 360.000 livres. La somme devait être versée dans les vingt-quatre heures. Le 2 iiovembre, oiMiiPeUe éMUTBition des ««ftorités^ qm frappa^ oëtbe lois, jQon pâus âes modérés — il n'y eaa avaLÎt-plos en Ccmotions mais mante des Jaeobies osfutochtoaes^ déjà iselipie ipem su^ects. Tous les memi^res destitués os anciennes adutini&tratians départementales et municipales étaient condamoés à la d;éport»tion à l'intérieur. Le Gihib lui-même ayaaut if ait quelques objections là cette dernière mesuana, les deux proeonsvis irépliquèrent (le 4) qu'ils venaient éd rece^ TOxr la dénondation qa'âi eKistaîA deux milliofis en or entre tes mains d^ admînktrateurs du dépaiftement, et qu'ils en dcauaaÂait avis à la CkiOLventioa. Pourtant^ils étsàent si peu sûrs dn fait — o'étak ane calosunie absurde — qu'ils ajoutaient : «t Le temps démêlera peat-élare k vérité et aous avons acquis île drràt d'être saupçsmrieux i> .

Soupçonneux, ils l'étaient à coup sûr^ et tvranniques aussi. Us adressèrent d'amei^ reprocèes à Scnuieidieretà Taffînpour n'avoûr condamné jusqu'ici qu'à l'amende et à la porison, sans avoir fait tomber aucmne tète. L'ax-vlcaire épiscopal n'était pas san* guinaire, mais ii tenait dssentieUesaent à sauver ia sienne; dès le lendemain, le tribunal condamnait à mori^ le maire 'de Gedspolsfaeim et six ide ses admimstpés, pour d avoir caché des prêtres réfractaires, tenu des propos itc^alistes, mauoitla lïation et pré* paré des outils inBurtriers afin 4^ massacrer les patriotes à l'apiprodie des leaunemis j». L'exérattàon «ut

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lieu le même jour ; mais comme Topinion publique ambiante n'était pas au diapason de ces violences, Monet et Téterel imaginèrent d'appeler des délégués des Sociétés jacobines voisines pour prêcher la pure doctrine. Ces énergumènes cnoisis, accourus de Phalsbourg, Metz, Lunéville, Baune, Chalon-sur- Saône, Pont-à-Mousson, etc., constituèrent la Propagande révolutionnaire et commencèrent par une lutte acharnée contre tous les s3rmboles extérieurs du culte, et les cultes eux-mêmes, tolérés jusque-là. Sans doute, beaucoup d'églises avaient été fermées déjà pour servir de magasins ou d'ateliers militaires; mais ce fiit le 9 novembre seulement que le Directoire du Bas-Rhin interdit n tous les cultes quelcon(|ues pendant la guerre ». On préparait ainsi les esprits à des mesures encore plus significatives. Le 16 novembre, Schneider, dans son ilrpo^, invitait tous ses anciens confrères e à dépouiller le vieil Adam et à devenir des hommes ». Le lendemain, le cortège des propagandistes se rendait à la cathédrale, qui fut appelée pour la première fois, ce jour-là, le Temple de la Raison. Monet et plusieurs autres orateurs montèrent dans la chaire de Geiler pour inviter le public à c déchirer le bandeau du fanatisme J^ et pour déclarer que tous les prêtres étaient des imposteurs, à moins qu'ils ne fussent des imbéciles. Puis on demanda au c peuple », dans les deux langues, « d'énoncer son vœu sur les prêtres ». « Une acclamation générale, dit le procès-verbal officiel de la séance, annonça qu'il n'en voulait plus reconnaître. » Une illumination € spontanée * termina ce premier acte de la c Sainte. Propagande ». On célébra encore, le 20 novembre, la fête de la Raison dans la vieille église de Notre-Dame, et des harangues nombreuses précédèrent € l'abjuration > d'un certain nombre de membres du clergé consti-

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