‹ Histoire d'Alsace. Nouv. éd. rev., corr. et augmChapitre 51 sur 73 · LA 6I7ERRB ET LA TERREUR EN ALSACE · texte numérisé non relu

LA 6I7ERRB ET LA TERREUR EN ALSACE

tutîonnel. On vit même un représentant du peuple, Baudot, médecin de son état, entraîné par l'exemple, € abjurer sa profession qui ne tient son crédit que de la crédulité et de l'imposture > . Bien que Tenthousiasme ne fût nullement général, Tadministration départementale, s'appuyant sur < le vœu solennel et libre de la majorité du peuple de Strasbourg > , décrétait le lendemain qu'il n'y aurait plus d'autre culte public que celui de la Raison, qu'on n'en pouvait tolérer d'autres plus longtemps, et elle ordonnait à la police de clore les édifices religieux et d'en disposer pour des services publics.

Ce ne fut pas seulement te culte qui fut interdit ; les monuments de l'art religieux furent odieusement mutilés. Le 24 novembre, Saint-Just et Lebas ordonnaient à la municipalité < de faire abattre dans la huitaine toutes les statues de pierre qui sont autour du temple de la Raison » . Qui n'a vu, ne fût-ce au'en gravure ou sur une photographie, tous ces milliers de saints, d'anges, de diables, et de figures symboliques qui font de la façade de notre cathédrale un merveilleux musée de l'art gothique? C'était là ce qu'il s'agissait de détruire ; mais il y avait parmi les Jacobins de la commission municipale quelques Strasbourgeois de vieille roche, dont le patriotisme ne pouvait se décider à déshonorer ainsi le joyau de la cité ; ils opposèrent à cet ordre de Saint-Just une résistance passive. Monet et les propagandistes, furieux, réclamèrent alors une nouvelle épuration du club; onze membres furent rayés sur l'heure, et dans la- séance du 25 novembre, les < frères et amis » se querellèrent si fort que certains orateurs proposèrent de déporter à l'intérieur les Alsaciens < qui ne connaissent pas la langue française et que leur idiome isole du reste de la république » ; d'autres allèrent jusqu'à dire qu'on devait leur < faire faire

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