‹ Histoire d'Alsace. Nouv. éd. rev., corr. et augmChapitre 54 sur 73 · LA G15ERKE ET LA TERRBUR EN ALSACE · texte numérisé non relu

LA G15ERKE ET LA TERRBUR EN ALSACE

seurs de Landau, accusé d'avoir voulu livrer la place, fut incarcéré comme « étranger contre- révoilutîonnaire » (16 janvier); le 25, Lacoste et Baudot î créaient un nouveau tribunal révolutîonnaîre ambu-

lant pour les deux départements du Rhin, présidé par 1 ex-curé messin Delattre, qui devait juger dans es vingt-quatre heures ' toutes les affaires « contraires aux progrès de la Révolution » sans Tassis-^

tance de jurés. Ils demandaient en outre le versement de dix millions d'argent monnayé contre dix millions d'assignats, autorisant les municipalités et les administrations départementales c à employer tous les moyens pour faire aboutir cet échange dans la décade ». Mais les caisses des particuliers étaient vides comme les caisses publiques; on avait beau proclamer ennemis publics ceux qui c s^attachent au vil métal > ; si c la terreur déliait la bourse des égoïstes > comme l'écrivait Monet, on n'y trouvait plus guère d'écus. Outre ces demandes de numéraire, les réquisitions se succédaient sand relâche; d'un coup, pour le seul district de Strasbourg, on réclamait 10.000 hectolitres de vin (11 février), toute l'huile, tout le savon qu'on pourrait trouver chez les négociants et les boutiquiers du district. La vaisselle d'argent, les vases sacrés et jusqu'aux ornements de cùrvre des églises étaient expédiés à Paris, non sans qu'il s'en perdit une bonne part entre les mains des commis- ^res chargés ae les recueillir et de les convoyer. On enlevait aux paysans leurs chevaux de labour; eux-mêmes, absorbés par leur service de gardes nationaux, devaient laisser en maint endroit îeurB champs en friche, et Ton ne parait qu'imparfaitement à la disette en ordonnant de planter des pommes de terre sur les places publiques.

Faute de ressources pour subvenir â leur

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entretien f on licenciait les enfants trouvés et les vieillards des hospices, les abandonnant à la charité individuelle et le plus souvent à la misère. Cela n'empêchait pas Baudot de déclarer à la Convention, le 16 mars, en rendant compte de sa mission, que « les ennemis de la France dominaient à Strasbourg >, et un jacobin anonyme mandait à Paris que dans cette ville coupable c les Montagnes devenaient ^es Marais ». C'est que la grande lutte avait éclaté déjà entre Robespierre, Hébert, Danton, et leurs amis; dans la séance du 17 mars, on annonçait l'arrestation de Philibert Simond et de Hérault de Séchelles, pour avoir donné asile à des émi^rées (il s'agissait des demoiselles de Bellegarde, leurs maîtresses) , et le premier était en outre dénoncé

Sar Saint*Just comme l'intime ami du traître Euloge chneider. Le jour môme où le <c Père Duchêne » comparaissait au tribunal révolutionnaire, le Comité de surveillance strasbourgeois invitait tous les bons citoyens à dénoncer les malversations et les crimes de 1 ex-vicaire épiscopal, qui, le lendemain de l'arrestation de Danton, était conduit à Téchafaud. D'autres personnages nés en Alsace ou y ayant joué un rôle politique, l'y suivirent bientôt, Hérault de Séchelles, le général Westermann, Philibert Simond , l'ex-évôque Uobel, le général Beysser de Ribeauvillé, d'autres encore, tous sacrifiés aux rancunes de leurs ennemis, sous le prétexte de c connivence pour renverser la république et se donner un tyran pour mattre ».

Toutes ces sinistres nouvelles étaient enregistrées brièvement par les journaux d'Alsace, sans commentaires, dans un silencieux effroi. Si tant de tètes célèbres tombaient, qui donc pourrait se flatter désormais d'échapper au couperet? Le 12 avril, le général Dièche, hanté par l'idée d'une

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