‹ Histoire d'Alsace. Nouv. éd. rev., corr. et augmChapitre 57 sur 73 · LÀ GUBRRB ST LA TSRRBUR EN ALSACE · texte numérisé non relu

LÀ GUBRRB ST LA TSRRBUR EN ALSACE

tribunal de commerce était le TÎefux Mayna qu'Ëuloge Scbneider avait fait exposrer à la guillotiae comme oc agiotear et fan^atique »* Une épuration semblable se fait à la Société populaire (30 janvier) où les modérés, cette fois, slnstallent en force et chançe^t ee club en une espèce de Société philanthropique, sollicitant surtout des dons charitables J>our venir en aide a aux misères de l'humanité soufrante ». Les Jacobins exclus et honnis — il en restait certainement bon nombre i Strasbourg — devaient s'exaspérer en voyant l'annhnersaire de l'exécution a du dernier tyran des Français i^ célébré sous la présideiiiee de BaiUy qui, nu su de tous, avait voté contre la mort de « Capet » . Sauf quelques rixes dans les rues est le bris d'un buste ae Marat au foyer du théâtre, on ne signale pas d'ailleurs de manifestations dirigées contre eux*

Dans d'autres villes du Bas-Rhin, oà des tendances réactionnaires existaient vraiment, Bailly fut entraîné plus loin qu'à Strasbourg, puisque le groupe intermédiaire des républicains modérés n'existait pas entre jacobins et « fanatiques ». A Haguenau, en mai 1795, le nouveau maire, de Gftnderode, est un ci-devant émigré; à Saverne, les officiers municipaux sont tous dévoués à l'Église ; à Schlestadt, la municipalité nouvelle est d'un républicanisme assez tiècte ; à Colmar, où Bailly préside à l'épuration, le 1^ février, il ne reste pas en place un seul jacobin avéré. Au Directoire du département, on revoit quelques-uns des administrateurs d'avant le 10 aott ; au district, il y a bien Metzger, mais avec lui des ci-devant, comme de Golbéry et de Laoontrie ; à la municipalité, Stockmeyer, « l'homme à la trique >^, le défenseur des commissaires royaux de 1791.

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Le mouvement populaire du 12 germinal (l*' avril) ne fit qu'accentuer la marche de la réaction en Alsace, tout comme à Paris. Une véritable invasion de fugitifs avait eu lieu dans les districts septentrionaux du Bas-Rhin, durant le mois de mars; dans le seul voisinage de Lauterbourg, près de dix mille fuyards étaient rentrés par terre ou par eau, d'après les dires d'un journal strasbour^eois, au cours d'une quinzaine ; ils franchissaient de nuit le Rhin en nacelles, bravant le feu des douaniers et des volontaires. En rentrant chez eux, ils trouvaient leurs maisons occupées, leurs champs en friche ou vendus, et se livraient à des actes de violence sur les détenteurs de leurs biens. Quelques semaines plus tard se produisait la c journée j> du 1*' prairial (20 mai), par laquelle le peuple affamé des faubourgs essaya de ressusciter le régime jacobin, au sein de la Convention. Elle échouait; les « derniers Montagnards » périssaient à leur tour, et parmi eux le vieux Ruhl, qu'une accusation mensongère engloba dans les poursuites et qui se donna la mort pour ne pas survivre à la liberté qu'il voyait perdue.

Mais tandis que, dans d'autres régions de la France, la crise réactionnaire s'accentuait surtout sur le terrain politique, en Alsace c'était la question religieuse qui devenait aiguS. Comprimés à peine par la Terreur, les désirs des populations devaient forcément se faire jour, dès que la Terreur disparaîtrait. Les églises catholiques et protestantes avaient été également fermées; depuis novembre 1793, aucun acte du culte n'avait pu se célébrer qu'en secret. Presque tous les prêtres constitutionnels dans le Bas-Rhin, beaucoup dans le Haut-Rhin, avaient abandonné leurs fonctions sans esprit de retour ; la plupart des prêtres réfractaires avaient été déportés

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