‹ Histoire d'Alsace. Nouv. éd. rev., corr. et augmChapitre 58 sur 73 · LA 6UBRRB BT LA TERREUR EN ALSACE · texte numérisé non relu

LA 6UBRRB BT LA TERREUR EN ALSACE

OU se trouvaient en prison ; un certain nombre d'entre eux continuaient cependant leur ministère sous des déguisements divers, protégés par le dévouement de leurs ouailles. Quand la Convention se relâcha de ses rigueurs, les autorités locales qui, très souvent, n'exécutaient qu'à contre-cœur les ordres de l'autorité centrale, se laissèrent très volontiers aller à fermer les yeux et, avant que rien ne fût légalement changé, une tolérance relative régnait déjà partout. Le décret du 3 ventôse an III ^1 février 1795) vînt enfin résoudre la question des cultes. L'État n'en salarierait plus aucun, mais les protégerait tous, sous certaines conditions. Les fidèles pourraient acheter ou louer des églises, faire des collectes, etc. Seulement 9 la loi prohibait les cérémonies extérieures, et n'autorisait pas les prêtres déportés à rentrer en France, ce qu'ils faisaient déjà par centaines et par milliers.

Dès le mois de mars et d'avril, les cultes catholique et protestant avaient repris partout dans les départements du Rhin. Mais le nombre des insermentés qui se présentaient pour reprendre possession de leurs presbytères et de leurs églises fut bientôt si grand que les agents nationaux des districts durent leur rappeler que la loi qui les frap- {^aitdemort en cas de retour n'était point rapportée, e décret de ventôse n'accordant pas c à des hommes qui ont renoncé aux droits des citoyens et que les lois ont condamnés comme ennemis de la patrie, la faculté de reparaître sur le sol républicain » . Mais ces menaces n effrayaient plus ; on les croyait de pure forme, pt, en fait, le décret du 11 prairial (30 mai) se contentait de demander au prêtre, par-devant la municipalité de sa résidence, une dé^ claration générale de c soumission aux lois de la république >. La circulaire du Comité de législa-

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tion expliquait que .cette s6umis6ion ne se xappoir-* tait c nul&ment ml passé » et «que la ConBtitiition civile du cierge Ji'était plue uue lai de la république. Il n'existait donc uhiB de Trai c ea« de conscience j pour le prêtre ioyal, qui ne serait pas en mémelexnps un agent de la c(»Ltr.eHrévolution. Si ja-' mais il y ^eut un mamei^, lavorAble à la réco&eiua- v tion de rÉglise et de VÈiei^ ce fut ce porintemps de 1795-

Malbeureuseoaienity la plupart d^ réUractatres restés dans le pajs ou xeoitrés se refusaiedot à f aiiie cette déclaraidon de soumission aux lois. Comptant 8ur un xetour plus complet à l'état de choses d'à-* vaut 1789, partisans de la réaction royaliste dont ils croyaient le succès assuré, ils se liTraient aux plus vives attaques contre la loi sur le divorce, contre las constitutionnels, les dissidents, les acheteurs de biens nationaux, etc. S'ils faisaient pieurfois une déclaration généralei ils as manquaient pas d'^outer que < cette soumission ne devait êti^e f^ judiciable en aucune fa^on A la doctrine et à la discipline catholique >.. En juin 1795, le corps municipal de Strasbourg, présidé par un nouveau .maire, Keppler (d'Andlau], fervent cathi^ique, avait &V0rablement accueilli la pétition de plus tde deux mille citoyens et citoyennes qui réclamaient l'usa^ de la cathédrale, promettant c ' la soumission la plus entière aux lois et au gouvernement >.. Il avait biesi rappelé aux pétitionnaires qu'ils ne pouvaient avoir recours A un prêtre qui n'aurait préalablement foît cette soumission aux lois; mais, en fait, il laissait tranqmllement occuper la chaire par des prêtres qui 1 avaient rofiisée. A Wolfisheim, les adhérents du curé réfractaire «xpulsaienl à caups de serpette le curé oonstitutionnel ; à Erstein, les raiunicipauK notifiaient au desservant assermenté qu'il

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avait à déguerpir^ 6t sur son xe&is, fea^isaîenl; de la ville «a leeouwaBft de boue. A Qberaai, te recteur Etieane Schmlz prôciiait, dès mesBidor, avec tant de yiolefice oontre le gi)nven]ieiiiateBt que les administrateurs du Bas- Elhin devaient ordoniver «on arrestatîcm. îl est prenable que sans l'échec de la journée du là veauléiiaiaire, ia contre-révo3ut!io& se serait étendue aussi à rAJ:saoe. Les Autrichiens a^étaknt rapprochés <de la frontière «qu'ils bord»ent, pour ainsi dire, de Mannheim à HuningiMy tandis que l'arméd du RMu, sous PichegruiL, velbulée sur 1 Alsace «épuisée, nauquatt detoiâ. c Nos armées et nos places sont sans riyres, écrivait R^eubeil, le 29 aoât, «a Comiité de salut puËlic ; Huningue, Brisack, Belfort sont sans provâmous quelconques. > Ce ^ui était plus triste encore^ c^est que la traidson y était à l'oeuyffe depms que le générai en chef était entrà en relations secrètes, par Tintensiédiaire de Faucbe-Borel^ avec les émigrés et €ondé ; des espkhns vvendft&ent à l'Aul/riche tes plans militaires ^ deux d'eaubre eux furent fusillés à Huningue le 16 septembre 1795.

C'est au milieu de ce désarroi que les électeurs des diéfiartemants du Rhm lurent appela à sano* tionner la <]!onstltutMn nDOUvelle de i an iil. Leors dispMÎtions se tsTOUvèreak être les mêmes que >ceUes de la plupart des électeurs Irançais. A Strasbourg comme â Golmar, les assemblées primaires acceptèrent la Constitution, suais rejetèrent ies décret» additionnels par lesquels la GouTiention expirante s'hait assuré les deux tiers des »èges dans les futures assemblées législatives.. Les lecteurs du second degré se trouvèrent être en majeure partie des modérés, anciens constitutionnels de 1791, ou des catholiques, les jacobins et les royalistes n'ayant point participé au vote ou n'ayant pas réussi à faire

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élire leurs candidats. Aussi les démocrates fervents étaient-ils assez inquiets ; il fallut que le représentant Fricot, ancien avocat au Conseil souverain, alors en mission dans le Bas-Rhin, les rassurât en promettant de protéger les amis de la république c qu'on dénomme terroristes, pour les persécuter ensuite dans les communes fanatiques > ; mais il avait soin de déclarer en même temps que personne n'avait l'intention de recommencer la Terreur (23 septembre).

Le 6 vendémiaire, la Convention, revenant sur les lois cultuelles, précisait l'obligation pour quiconque prétendait exercer les fonctions sacerdotales, de reconnaître expressément la souveraineté du peuple et la soumission aux lois ; toute déclaration moins explicite était déclarée nulle et non avenue ; le fonctionnaire qui Taccepterait serait passible de trois mois de prison et de cinq cents francs d'amende; le prêtre qui se rétracterait, serait banni à perpétuité; aucun signe d'un culte quelconque ne devait être toléré en dehors des locaux affectés à l'exercice de ce culte, etc. — Pourtant, à Strasbourg même, deux délégués de Rohan, son secrétaire général, l'abbé Weinborn et son procureur fiscal, Zœpffel, osaient réorganiser officieusement le culte catholique, en défendant aux prêtres de prêter le serment réclamé par la loi. Le chanoine Rumpler, qui les détestait et était détesté par eux, osa les dénoncer au corps municipal, mais bien que tout le monde connût leur présence et leur action contraire aux décrets, on passa à l'ordre du jour sur sa plainte (5 vendémiaire) «

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