L^ÀLSACE SOU$ LB DIRECTOIRE
bytëres, c Tétat môme de sécurité où ils croyaient être, imprima (comme Ta dit un historien très circonspect) à leur zèle une ardeur qui, parfois, leur faisait perdre toute mesure ». Il y eut à Soultz, Guebwiller, Soultzbach, des rixes sanglantes» et les acheteurs de biens nationaux furent traités en chaire de voleurs, etc. A Ribeauvillé, il fallut envoyer sept cents hommes et du canon pour faire respecter la loi. L'année 1796 vit cependant, dans ce aépartement, la réorganisation du culte constitutionnel, qui avait à peu près complètement disparu dans le Bas-Rhin. Les ndèles furent appelés à choisir un nouvel évéque, à la place de Martin, mort pendant la Terreur. Près de treize mille suffrages furent exprimés (c'était près du quart des catholiques adultes du Haut-Rhin) et, le 24 avril, Berdolet, curé de Pfaffans, et fils d'un maître d'école de Giromagny, était élu ; homme intelligent et pieux qui, après le Concordat, sera évéque d'Aix-la-Chapelle. Il fut sacré à Colmar, le 15 août (c'est le dernier acte cultuel auquel participa Brendel), et sut infuser une incontestaole vitalité au schisme , malgré la guerre à mort que lui firent les réfractaires. Il établit le siè^e de son Église à Soultz, où il était très sympathique à la population ; il y tint même deux synodes (1798, 1800).
Vers la fin d'avril 1796, le général Moreau arrivait à Strasbourg pour prendre le commandement de l'armée du Rhin des mains de Kléber, qui l'y exerçait par intérim, Pichegru ayant été révoqué au mois de mars. Il devait opérer en Allemagne pendant que Bonaparte attaquerait en Italie ; mais ce dernier avait gagné déjà les victoires de Montenotte et de Lodi quand Moreau put enfin franchir le Rhin près de Strasbourg, le 23 juin. Il prenait Kehl
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d'ftseaut, rétablissait le grand pont de batea«DC démoli depui» 1793, et qpelqu«a joairs filas taord 70 «000» hommeft étaient anr le «u de TËrapiie» Tandis; qna* r armée de Sambrchet-Menae, aou» Jk>urdanv poomait jnaqn'à Franefork, celle est RhnE txaversait la Focôt- Noûre et pénétraH en Sonabe» Lea prhioea de F Allemagne du snd^ &iiirpns> demandèrent à traiter : le duc de Wiirtembergcédailà ht république {7 août)r le eomté de Montbéliasdel sea pcasessions d'Alsaee; le margraiTtt de Baide renonçait à aee territoire» alsaeie&a, à Keb) et à la tâte du pont de Hunifngue^ (23 août 1796). M-alheutenB«a6»li,JoaurdâiBi^ batt» en Francomie par l'arebiduc Càarlea, dot fse refcîirer vers le Bkin^ eft Morean, pont ne pas être coupa de^ sa baae d^opératioas^ se yit doli^é de rétrc^ader également.. Sa retraite est restée justement célèbre, mais* c'était «ne retraite. Dès le 18 septembre, les^ Autrichiens attaquèrent, à leur tour Hefa) et faiSirent Tenlerer par surprise, ma» la gHvde nationale de: Strasbouirg fit bramement sosl devoir eaile défeadaiit, sous le générale de Schauenbourg-et, pourle moment^ la ville resta awc Français.
Une antre ceionne eajuemie partait die Mannbrân et franjchissail le Bbin pour entrer par le mard sur le territoire français. On essaya d'organiser la levée* en masse pour la refouler, et le 32 septembre, environ six mille c agricoles >, mal armés, ignorant pour la plupart le maniement des aormes, étaient réunis autour de Landanx. Ils se débandèrent à Tap*procke dea AutricMeafi , et le général Eotza put occuper pendant quelques jours Wissemibourg et Lauterbourg, et frapper ces villes d'une contriibattiou de guerre. Mais quand les générasix Fruhinsboltz: et HelmsitetteT s'avancèrent avec les bataillons de la garde nationale mobilisée du Bas-Rbin^ les ennemis évacuèrent le territoire sans essayer une plus
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langue résîstaaiGe* a Leur approchie a rév^Uë l'eâ- >pfH publie, dbait à cette occasion une feuille stvasoourgeoîse^ et les paysans eux-mèmea de sont déclarés éntrgkpssmeat pour la république ; même les: fanatiques iea phiB endurcis ont ouiiiUé, à ee moment, leurs ^ieiUes^ querelles reUgieuse».. » Le siège régulier de Rekl ajrasifc commencé peo après, en octobre, la forteresse fut vaiUammeot défeiMitte par* Diesaix; mai» aprèa de nombreoaes sortiesi et des< bombardements rép^s^ on dut révacaer, le 9 jafffvier il7d7. Quelques araotaines plua tard, la tête du pont de Hvmn^uje. était également abandonnée. La campagne, si hnïlammenit comnaeneée, se terminait donc asees mal sur le Rhin ; Tarmée refoulée pesait lourdement sur L'Alsace épuisée ; elle manquait de tout en foit d'babillements et de vivres, et le dénu^snent de» hûpHanr était indicible* c Sauvent, dieait le Wdtibote du 23 jaimer, lies malbeure«x blessés ne peuvent étee pansés la nuit , par manque de chandleik. » Heureusement que la campagne d'itailie absorbait les Imp^aux pour le présent et pour l'avenir ; ils ne tentèrent plus d'attaque sérieuse contre les départemenfes du Rbin.
La craiarte d'une agression du debors ne pesait donc plus su? les populations quand revint la date du reno^uvellement partiel dies Conseils. La lutte électorale prochaine envenima plus que jameis les querelles religieuses, car le Directoire, pressentant les tendances réactionnaires du pftjra assoiffé de repos, hieriminait dans son message aux Cinq-Cents (l2 février) les prêtres r^ractaires comme agents^ d'une vaste consphratioa royaliste r et réclamait W droit d^e les déporter aux eoloniea par simple arrêté rndîvi^iuel motivé, sans jugement d'un, tribunal. La grande majorité des électeurs du second degré furent des modérés en Alsace et leurs élus le
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furent aussi dans le Bas-Rhin. On peut noter Télection de Metz, un des chefs catholiques strasbourgeois ; dans le Haut- Rhin, deux réactionnaires connus sortent du scrutin, dont Tun, Chambé, fut en correspondance secrète avec Tagent anglais Wickham, et figure, sous le pseudonyme dAjax, dans les lettres saisies des émissaires royalisteït. Ces élections du 9 avril présageaient une lutte à mort entre le pouvoir exécutif et les Conseils, où dorénavant les ennemis de « tout gouvernement révolutionnaire > allaient se trouver en majorité. Dès leurs premières séances,Pichegru était nommé président du Conseil des Cinq-Cents; Barbé-Marbois, un cidevant, était appelé à la présidence des Anciens et un autre ci-devant, Barthélémy, placé en tête de la liste des candidats pour la place ae Directeur.
Dans la nuit du 19 au 20 avril, alors que Bonaparte occupait déjà Trieste, Moreau avait enfin pu repasser le Rhin, entre Gambsheim et Killstett, refoulant les Impériaux et les Condéens vers la Forêt-Noire. C'est dans la poursuite des fuyards qu'on s'empara des bagages du général de Klinghn, renfermant des correspondances si compromettantes pour Pichegru. Mais ce début brillant de la campagne ne devait pas avoir de lendemain, car, dans la soirée du 22, Moreau recevait la nouvelle de la signature des préliminaires de Léoben qui mettaient fin à la ;uerre. La joie fut grande en Alsace, où Ton voyait iéjà la paix régner dorénavant sur les frontières ; des feux de joie, des illuminations témoignèrent de la satisfaction des masses. Malheureusement les discussions reprirent bientôt avec àpreté sur la question religieuse et sur celle de la rentrée des fugitifs. Au sujet de ces derniers^de vives discussions s'étaient produites aux Cinq-Cents, en mai et juin 1797 ; Merlin (de Thionville) et Hermann, de