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RESTAURATION ET MONARCHIE DE JUILLET

projet (l®*" janvier 1822) au moment où le général La Fayette accourait se mettre à la tête des révoltés; en avril, on arrêtait trois officiers d'artillerie de la garnison de Strasbourg, dénoncés comme coupables d'attentats contre le gouvernement; le 2 juillet, le lieutenant-colonel Caron, victime naïve d'agents

{provocateurs, croyait soulever deux escadrons de a garnison de Golmar, qui le suivirent d'abord par ordre, puis le firent prisonnier. Des officiers avaient joué dans cette affaire un rôle vraiment odieux. Garon, traduit devant le conseil de guerre de Strasbourg, fut condamné à mort et fusulé sur le glacis de la Finckmatt (l*' octobre 1822). Les débats de ce procès furent publiés et les paroles du défenseur, M' Liechtenberger, produisirent une impression profonde en Alsace. La guerre d'Espagne, au profit du féroce et l&che Ferdinand VII, ajouta à la déconsidération du régime.

Quand l'inerte Louis XVIII acheva de mourir fl6 septembre 1824), depuis longtemps le comte a' Artois, ou plutôt la camarilla qui le dominait, dirigeait les affaires; elle ne cessa de gouverner Charles X. La plupart des mesures qui suivirent l'avènement du nouveau monarque, le sacre pompeux de Reims, le milliard accordé aux émigrés, le vote de la loi sur le sacrilège (1825), ne pouvaient que le rendre impopulaire. En Alsace, les moines et autres missionnaires parcouraient les campagnes et plantaient des croix sur les places publiques des villes, excitant les fidèles par leurs prédications et déchaînant les haines contre les libéraux et les dissidents. C'était l'un. des plus fougueux parmi les prélats de France, M** Tnarin, évoque ae Strasbourg, que la cour choisissait comme précepteur de c l'enfant du miracle >, du duc de Bordeaux, futur héritier de la couronne.

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Un instant, quand M. de Martignac succéda domine président du ministère à M. de Villèle. (janvier 1828), on pnt concevoir nn dernier et fugitif espoir d'nne entente entre les Bourbons et la nation* Le nouveau ministre décida le monarque à faire un voya^ à travers l'Alsace. Charles X, vieillard à la^ cervelle légère mais de manières affables, sut charmer les populations accourues à sa rencontre, quand il descendit en septembre la côte de Saverne, se dirigeant avec le Dauphin sur Strasbourg, à travers les arcs de triomphe, dent les inscriptions lui {NTomettaient

Des bras pour le défendre et des cœurs pour Faimer.

Après avoir passé plusieurs jours dans cette ville, il se rendit à Colmar, puis à Mulhouse, où la Société industrielle f alors dans tout Téclat de sa jeunesse, avait organisé une exposition des produits de Tindustrie locale qui arrachait au vieux monarque ce moi aimable et vrai : c Mulhouse est la capitale de Tindustrie française! > Malheureusement l'accueil cordial qu'on lui fit en échange des bonnes paroles qu'il prodiguait, bii tourna la tète et il s'imagina qu'on approuverait désormais tout ce

Su'il pourrait encore se permettre. Le 9 août 1829, appelait au ministère comme successeur de Martignac, le prince Jules de Polignac, c l'homme de Coblentz et delà Contre-révolution » comme l'appelait le lendemain Sâint-Marc-Girardin, et lui adjoignait comme ministre de la guerre, Bourmont, c le déserteur de Waterloo t. Le Journal des Débats avait bien raison de s'écrier : c Malheureuse Fraac^, malheureux Roi 1 t Charles X déclarait la guerre aux représentants de la nation dans son discours du trône (2 mars 1830); la Chambre répondait le

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16 mars par la fameuse Adresse des 221, qui refusait sa confiance au monarque. Celui-ci répliquait que c ses résolutions étaient immuables > et prorogeait, puis dissolvait la Chambre (16 mai).

Une fièvre intense saisit la France entière pendant que les élections nouvelles se faisaient du 23 juin au 19 juillet. A Strasbourg, on vit des vieillards infirmes et malades se faire transporter en chaises à norteur au scrutin, afin de voter pour Benjamin Constant, le candidat libéral que le gouvernement voulait évincer à tout prix. Malgré le retentissement de la prise d'Alger, le succès de Topposîtîon fut énorme, les 221 revinrent 274. Mais le roi était décidément aveugle et sourd ; dès le 25 juillet le conseil des ministres arrêtait les fameuses Ordonnances, qui changeaient la loi électorale et supprimaient la liberté de la presse et, le lendemain, elles paraissaient au Moniteur. La protestation des journalistes précéda celle des députés ; Tune et Tautre auraient été vaines peut-être, si le peuple ne s'était mis de la partie (28 millet). Après trois journées de lutte, € les Trois Œorieuses », la dynastie était à bas et la Révolution faisait flotter le drapeau tricolore sur les Tuileries. D'habiles politiciens mirent alors en avant le duc d'Orléans , non pas (comme le disait Dupin) parce que Bourbon^ mais quoique Bourbon, Il avait combattu îadis sous Dumourîez pour la république; il se rendit à l'Hôtel de Ville, embrassa le vieux La Fayette qui le recommanda plus ou moins chaudement an peuple ; la Chambre le nommait lieutenant-général du royaume (3 août),

{)endant que le roi tîharles X, ayant abdiqué en aveur de son petit-fils, lui conférait ce même titre pour veiller aux droits de Henri V. Mais le duc n'hésita pas longtemps dans ce conflit de devoirs ; la Chambre ayant voté le 7 août la vacance du trône

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<r en droit et en fait >, il Tacceptait définitivement pour lui-même et, le 9 août, le roi Louis-Philippe prêtait serment à la nation.

La nouvelle des troubles de Paris était arrivée en Alsace dès le i^ août ; mais c'est le lendemain seulement que le triomphe de la révolution fut annoncé par les drapeaux tricolores arborés aux quatre tourelles de la cathédrale de Strasbourg. La proclamation de Louis-Philippe y eut lieu, le 12 août, à la satisfaction générale. Sauf quelques réactionnaires exaspérés de la destruction de leurs plus chères espérances, et quelques patriotes grincheux qui n'étaient pas très convaincus que le c roi-citoyen » serait, comme Tavait dit La Fayette, c la meilleure des républiques >, tout le monde était content et pour le moment les dissidences s'effaçaient dans 1 agitation créée par les mouvements démocratiques ou nationaux de Belgique, de Pologne, d'Allemagne et d'Italie. Puis un certain refroimssement du libéralisme se produisit, sous l'impression des événements extérieurs, dans les couches supérieures de la bour-

f^eoisie, en Alsace comme ailleurs ; beaucoup d'entre es opposants à Louis XVIII et Charles X, lesTurck* heim, les Humann, et bien d'autres se groupent autour de la politique de c résistance > inaugurée parle ministère Casimir-Périer, et deviennent c juste milieu > , comme on disait dans le jargon politique d'alors. Au début^le nouveau souverain n'osait pas trop renier ses origines révolutionnaires. Quand Louis-Philippe fit à son tour le voyage d'Alsace (juin 1831), au milieu des harangues et des fêtes officielles, il y eut, çà et là, quelques allocutions non prévues au programme. A Strasbourg, l'un des chefs de bataillon de la garde nationale lui ayant dit : c Sire, vous êtes né de la liberté ; vous êtes

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