‹ Histoire d'Alsace. Nouv. éd. rev., corr. et augmChapitre 70 sur 73 · L ALSÀCB SOUS LE JOUG. L ORGANISATION · texte numérisé non relu

L ALSÀCB SOUS LE JOUG. L ORGANISATION

brutal et catégorique à toutes les consultations de la Ligue et à ses appels chaleureux. Par la convention additionnelle du 11 décembre 1871 et, plus nettement encore, par la circulaire de M. de Moel- 1er, du 7 mars 1872, les natifs domiciliés et les non-originaires domiciliés à la date du 2 mars, comme les originaires non domiciliés, furent avertis qu'ils avaient tous à fixer leur domicile réel (et pas seulement légat) hors d'Alsace-Lorraine, avant le l®' octobre, s'ils voulaient conserver leur qualité de Français. Et cela, au moment mém« où l'Allemagne avait stipulé pour ses nationaux, expulsés au cours de la guerre, le droit de rentrer en France et d'y élire domicile !

C'est donc au milieu de la plus vive agitation des esprits que se passèrent le printemps et Tété de 1872. C'est à peme si Ton prêta chez nous quelque attention aux discussions du Reichstag de Berlin, quand le gouvernement lui présenta, comme il l'avait promis, un aperçu des mesures administratives prises en Alsace-Lorraine depuis avril 1871 jusqu'en avril 1872, aperçu strictement technique et sans développements patriotiques. Au cours de la discussion, le commissaire du gouvernement, M. Hertzog, avoua môme que a l'idéalisme vivant au fond de l'&me du peuple allemand n'avait pu se frayer encore un passage jusqu'aux cœurs alsaciens », mais il affirma pourtant que « la victoire lui était assurée > . Cela ne l'empêcha pas de demander que l'introduction de la Constitution de l'Empire en Alsace-Lorraine fût remise au 1**^ janvier 18/4 et le 6 juin 1872 la grande majorité du parlement accédait à cet ajournement, contre les voix des progressistes et du centre catholique. Qu'on était loin déjà des- déclamations de la session précédent alors que M. de Treitschke prophétisait quf

3£^ HISTOIRE d'aLSACB.

vcôx du aoAg se ferait entendre eàez les frères perdu» et retraavés et que le joor viendrait oà, dans le daraÂer viUaffje des Vosges, le paysen alaackiL s'éeiieraît : « 0 hoshear et jeîe d'étie cHoyea de FEm^el > (20 mal 1871).

La mime indifléreiice générale entonraÉt Finaugaratian de la mmYelle Uniyersité da pa js d^Empîr e créée par déecet dii23>aTril 1872^ « pour j enUiver les sciences an service de la vérité b. Ce n'est au* en 1884 que lui £ai donné le nom d' c UnÂvessité de y Empereur GuiUaume » et (fa' on reserit du souverain lui assigna pour tâche officielle de propagear en Alaace t k seieiacc aUemandie et resprk alk^ mand » ; mais, dès le premier jour, ce fut là. sa mission.. Splendidement dotée au co«rs des années qui suivirent (les construetioBs seules des divers bâtiments académiques coûtaient,, dès 188&, plus de seize millions & francs), elle fut inaugurée Le I*' mai 1872„ au miliea d'un grand concours de fonctionnaires civils et nodUtairea, de professeura et d'étudiants allemands^ avec Source banaoets, dis-^ cours et beuveries académiques» an milieu d'une population plutôt hostile. Un fâcheux coixbre-temps vioit troubler les échos biruyants de la fête. Parmi les invitéa se trouvait le baron d' Aufia^sâ, le fondaileur et le directeur du célèbre Aiusée national germanique de Nuremberg. Souffrant, le vieillard s'était retiré dans sa cnambre à l'ancien palais épiaeopal des Rohan, dans la cour duquel le banquet était servi, il voulut aipjpieler son domestique^ d'un coup de sifflet^ comme lUe faisait d'habitude. Deux autres invités, échauffés par la boisson,, l'enteiident pour son malheur et» croyanA qu'un Welcke lea insulte, Os se précipitent sur le aeptnagénaire, le renversent et le maltraitent ai bien qu'il ziacurt quelques joura plus tard. On n'a jamais

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appris que les auteurs coqbus de oea yioleuces aieihi suDÎ la moindre répiimaude pour ce triste atteafaf . Au moment oè se termiiikait le premier sem^estre de son existence, la nouvelle Université ne comptait esncove <{ue 46 professeurs et 212 étudiants. Elle en comptait 136 (titulaires^ agrégés ^ agrégés libires) en 1900, pour L169 âèves, dont 6&1 Meurent au registre officiel comme Alsaciens-Lorrains, mais dont la moitié, tout au moins, étaient des fik d'immigrés, nés dans le pays. Depuis, le n0ml>re des membres du corps enseignant a encore augmenté (ils sont 17& au programme de 1910), une faculté de théologie catholique a. été créée. Néaamoina cette création universitaire, si richement dotée par le parlement de F Empire et pat la Délégation d' Alsace-Lorraine n'a jamais pu exercer sur la mentalité du pays Finfluenee plus profonde sttr laquelle avait compté son créateur. Malgré le mérite scientifique de beaucoup de ses professeurs, FUmvejTsité est restée quasiment une étrangère pour les classes bourgeoises autochtones, ce oui s'explique d'une part par Finstinct migratoire ae la plupart des professeurs allemands, et d'autre part ma le nomore infime d'enfants du pays, appelés, aepuis plus de quarante ans, à fi^gurer dans leurs ran^s; encore aujourd'hui le chiffra des Alsaciens n'y dérpasse pas la quinzaine.

Ayant antieif)é quelque ueu sur l'avenir pour n'a-^ voir pas àrev^iir sur ce sujet, il nous faut retourner en arrière vers Fêté de 1872, pour mentionner encore — symptôme caractéristique de la surexcitation des esprits ! — les apparitions miraculeuses de la Sainte Vierge, qui se produisirent en juillet, dans le val dc: Ville, près de Kruth ouNeubois. Elles attirèrent des milliers de curieux et de croyants au pied de Fantique Franckenbourg ; beaucoup affirmèrent avoir

VU la c Dame Blanche » menacer rAllemagne d un glaive, et l'avoir entendue inviter les foules à la prière. Bien que le clergé n'encourage&t guère les visionnaires, le nombre des visiteurs ne cessa de s'accroitre dans les mois qui suivirent et finalement la police locale ne suffisant plus à la tâche, il fallut envoyer des dragons et de l'infanterie pour tracer un cordon militaire tout autour des lieux hantés par cette apparition mystérieuse. Hallucinations ou fantasmagories, Taflluence des masses crédules ne céda qu'aux baïonnettes (mai 1873).

Cependant le délai fatal accordé pour l'option allait être atteint vers les dernières semaines de septembre; l'agitation des esprits touchait à son apogée. Quelles perplexités terribles, quels déchirements dans des milliers de familles, soit qu'on se décidât à quitter tous ensemble le foyer domestique, soit qu'on fît passer la frontière aux jeunes pour qu'ils n'eussent pas à porter le casque prussien, soit que, le cœur gros, parents et enfants, attachés à la glèbe, au métier, à leurs industries ou à quelque profession libérale, se résignassent à l'inévitanle destin qui les guettait depuis deux ans ! Plus tard, des esprits patriotiques et plus calmes se sont demandé si cette impulsion, souvent irréfléchie, qui jetait vers la frontière, aux abords du 1" octobre, des foules de pauvres gens des villes et des campagnes — les familles aisées étaient parties depuis plus longtemps déjà — non assurées de leur lendemain, n'avait pas été nuisible plutôt qu'utile à la cause française, en ouvrant une plus large brèche à rimmigration germanique. Sur l'heure, ces ré^ flexions ne se présentaient qu'à un petit nombre, aux sens plus rassis, et ceux-là même qui restaient enviaient, par moments, les aventureux, qui, frappés d'une contagion mystérieuse ou confiants en Tétoile

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de la France, marchaient vers un avenir inconnu. Pour beaucoup d'entre eux cet avenir devait être douloureux et ramener plus d'un des émigrants du sol de la patrie vers la terre natale. Mais, comme protestation morale, cet exode avait sa haute importance et devait frapper les esprits impartiaux par toute TEuropCy en démontrant aux plus crédules que TAllemagné nouvelle était incapable de gagner l'affection de ceux qu'elle avait saisis de force. Elle n'y a pas mieux réussi depuis ; ni les blandices ni les menaces n'y ont rien fait. M. de Moltke avait averti ses compatriotes, au lendemain de la conquête, qu'il faudrait au moins un demi-siècle pour gagner les esprits rebelles et qu'il y faudrait la lorce brutale. D'ailleurs les chiffres sont ici plus éloquents que les paroles. Un total de 378.777 ojptions est enregistré en France au Bulletin des lois; ce total est en majorité formé d'originaires des territoires annexés, partis avant 1870 pour l'intérieur ou pour les pays étrangers, tandis que la minorité consiste en émigrants arrivés en France après la guerre seulement. En Alsace-Lorraine 159.740 options furent déposées devant les autorités allemandes, dont 39.000 environ pour la Basse- Alsace, 92.000 pour la Haute-Alsace, 27.000 pour la Lorraine. C'était plus de la dixième partie de la population d'alors du « pays d'Empire >. Il est vrai que sur ce chiffre, environ IIO.OÔO options furent annulées par le gouvernement allemand, comme n'ayant pas été suivies d'un transfert du domicile réel sur territoire français. A ces cinquante mille émigrants, officiellement enregistrés en 1872 se sont ajoutés chaque année des chiffres nouveaux, souvent considérables et quarante ans après cette date l'exode, moins visible assurément, continuait IomyoxjLTB.he Manuel officiel de statistique pour V Alsace

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Lorraine 1902) avoue que, die 187i A 1675, Tëniigration a dépassé TinimigraUofi alleoaaade de 70,970 Urnes ; celle de 1880 A 1885, d^ Ô9.âl2 âmm ; oeiile de 1885 à 1890, de 37.991 Ameâ ; eelle de 1690 à 18»5, de 34. 534 âmes, ce aui fait pour les seules années 1871-1895 uu total de 238.642 Alsacâens des dcuK sexes^ ajajit effedivemeat quitté leur terre natale, en dehors de tous ^ettx dont le départ a été couvert par Tafflux de rélémeot allemand d ootre-Rhin et de celui des étraugera veiuiâ d'a/atres pays. Et certes cet afflux est ûonsidérabl6t car le recenseiosnt d« 1871 ne co nstataît que la préseoM 4e 46.000 Ailemand» natifs en Alsace-Lorraine; eelni de 1895 en comptait 234.097. Encore ne faut-il pas oublier que tous leurs enfants, nés dana le pays, Bout impertiar3>able* ment inserits comme c Aisacieii^s-Lorraîaas >, Combien de milliers et demiUiera d'autres sont a aeooarus > depuis — de là le iSobriquet de hergeloff^ni que leur inflige TAlsacien — vers ce pays de Co* cagne I L'invasion a été telle dans ^certainea régions^ et surtout aussi dans la plupart des grandes vtUes^ que« dès 1895^ le département de Lorraine, eorabi par les ouvriers de la I^usae jhéiiuiaB, comptait autant d^AUemands que les d^fkartementi d'Alsace^ qu'il y efi avait 44.000 à Strasbourg^ eontie 87.000 autochtones, 5.500 a Gofaaiar contre â6. €00, 27.000 à Metz, contre 28.000 indigànes. £t combien la proportion est devenue plua défavorable à Télément alsacien durant les dermères vingt années, par suite de l'ahaisBement mancfiaë de ul natalité dans la population indigène! Ifous avons donné ces quelques chiffres, fort en avance des événements^ parce qu'il importe de bien ae readane compte de ce mouvement général de la population d'Alsace*Lorraine, le plus important aan^s doute qui se «oit produit de nos jours dans l'Ëuroipe oecidentaie et cevi-

l'âLSÀGB 80US XI JOl^G. I.'<niGÂNISÀTION. 3^

traie., et quel l)iKaiTe aanalgarae etfhnograptiîqae ont iproduit «ces faniidgrattans «îmultaaées de Prusfiiene, de BaTaroèi, de BadoiB, d'ItalieaB» de Lnz'emboBrgeoia, de SuisseB, etc. daaie adtre pays. Il est , temps de TOTenirm i^*" ootobre 1:872.

Imffiéidîatement flgprès que «q<I» date eAft débarrftflflé le ^uvemeiDfiDit die la partie la pkiB récaloîtmfilB,, à son avû, dm la ffepuiatioii «eonqiiiise, œl'oici ise mk en deroir d'^easpaoyar éàergîqiieaient les deux grands « ntoy^as d'édueatiofi « sur lesquels il comptait pour discipliner et transformer la m€^ladite alsacâenne, VécwB of&cîeli« aUigaltoire et le «ervdee mSttaiare jdou aKéns oidiâraftoire. Ou a dëià vu «<»iiaie»t, fNwr llnrtrodiioa o%«toire, l'ensei ^aenoeiBit primaira avait été souini» à la direction absolne drâ autoniés offieieUes par la loi du 18 avril 1871 et eottineiit la loi du 12 février 187S éteudit Oia même surveillaoïoe directe à renaeigneniepirt aecon* daîre. Saas doute les éocâes Ubres, prMiaireB et «ôcoudflires, a^étaiiiMii; |Mui directement ioteirditeBy jnais olaeées sous le eomjtnûle ûniaédiat du président vau Gooseil (saf érieur de l'ii2i8tr»etîon publique, agent dijrect du gouTememeitt, ieUîgées de lui «ooéir pour tout M 'qui concernait le progpanmie et la lanffue de Teiosei^eaieDi, le uoiaibre des «élèves, le choix du personaely et josqu^aux eonveitures dee cahiiera de classe. Les oheb d'établissements libres, et les eoiporations laïques ou eodésiastiques q^ui posisédaient des éctAem primaires, secooduères ou supérieures, ne teoaiBervaieut qu'un aeul droit, ceiui de payer les traitement des professeurs qui^ très souvent, leur étaient imposés par Taiitoritë scolaire et qui, precurae toujours, étaient desimmigiés. Les frèi^s de laooctrine durédeaue, très nombreux daus^ las écoles primaires catholiques^ furent aucoessiveiue&t éliminéa au profit d'instituteurs laïques et

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fîuirent par disparaître ; le nombre des sœurs enseignantes fut aussi systématiquement réduit. On alla jusqu'à défendre aux maîtres d'école de donner des leçons particulières de français à ceux de leurs élèves qui en réclameraient, sous le prétexte qu'on ne devait point surcharger les jeunes intelligences. C'était d'ailleurs un axiome favori de nos grands pédagogues immigrés, que nul ne peut pratiquer avec succès deux langues à la fois et qu il fallait se vouer en conséquence à la seule langue « maternelle i> .

Le délai fixé pour l'option avait empêché jus-

3ue-là de prendre des mesures définitives au sujet u service militaire. Malgré les demandes formulées par les notables à Berlin (1871), le gouvernement était bien décidé à procéder, dès 1872, à l'introduction de la loi allemande sur le recrutement, c'est-à-dire du service obligatoire. C'était une chose nouvelle pour la bourgeoisie alsacienne, qui ne voyait figurer que rarement ses fils sous les drapeaux du second Empire; et c'était pour tous une chose odieuse, puisqu'on allait être forcé de servir dans les rangs de Tennemi, alors que tout le monde croyait à une guerre de revanche prochaine. Une pétition, signée par des milliers de mères d'Alsace et de Lorraine, fut envoyée à la Chancellerie de Berlin, mais Bismarck et le grand État-major se montrèrent inexorables, bien qu'ils ne se fissent pas illusion sans doute sur le succès matériel de la mesure projetée. On savait d'ailleurs que, sauf les engagés volontaires et les volontaires d'un an, admis après un examen spécial, toutes les recrues seraient dirigées au loin, vers les provinces de la vieille Prusse. Cela provoqua bien des colères et bien des fuites. Ici aussi, les chiffres tout nus ont une éloquence particulière; sur 33.475 jeunes gens

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inscrits sur les rôles de 1872, 7.454 seulement se présentèrent ; 696 durent être libérés, comme ayant servi déjà dans l'armée française; c'était la seule concession faite par le gouvernement. Parmi le reste, 3.119 seulement furent reconnus propres au service; tous les autres pouvaient exhiber quelque tare protectrice. Ce chiffre prodigieux de plus de 26.000 réfractaires dans une population connue comme d'humeur assez guerrière, ne se retrouva plus, naturellement, dans la suite, mais (pour ne citer que quelques chiffres seulement), il manquait encore9.580 conscrits sur 40.800 en 1878, et 10.101 sur 40.850 en 1879. Depuis, le nombre des <c déserteurs 2> a diminué, sans doute, mais V Annuaire statistique de 1902 en signale encore, comme condamnés par les tribunaux, 4.125 en 1884; 3.760 en 1890; 3.450 en 1894; 2.889 en 1899, etc.

En appliquant ces mesures si douloureuses pour les populations annexées, le gouvernement avait beau se montrer très large au point de vue des intérêts matériels — les milliards français facilitaient singulièrement sa tâche, — il n'en récolta pas, pour cela, des adhésions bien nombreuses. Il paya, dans cette seule année 1872, quatre-vingtdix millions d'indemnités pour dommages de guerre, du bombardement, etc. ; 600.000 francs d'aumônes pour blessures, mutilations, soutiens d'orphelins, etc. ; quatre millions pour les dég&ts causés par la peste bovine, amenée par l'armée d'invasion; 4.700.000 francs pour indemniser les propriétaires de charges judiciaires vénales (notaires, avoués, huissiers) qui ne voulaient pas devenir fonctionnaires allemands (loi du 10 juin 1872). Il augmenta considérablement les traitements des curés, des pasteurs, des instituteurs et des institutrices. Mais comme à côté de ces mesures équitables et sensées.

994 JUSTOIRB A*AU€Z.

M. da MoeUer, «oit qa^il fût posBsé pur Berlin^ goit 4e Aa jNropre initiative, oa «essailt d en preadTe d'aulreB qui agaçyûent et froîâsaie&t ropiiEiDn publique, le retour au calAie et réclosion tie spapathies qu'il espérait de ces largesses ne se produiBuit

toujours ASB.

L'une 406 ces laasudres «but ou lui gai^da le pfaas^ longtemps rsACUoe, fuAla néroealicm d^Ëmest Laâuli^ maire de Strasibourg., .a»ii<|uel mi ne pottTait j&procher aucuBud menée «outre le fioiiv«ni régime et (jui aTaît très coascieoeieussement remfdi ses dsTOirs d'administrateur. Mats sa présence à la mairiie gênait certains prc^ts. Ou profita d^ane parole imprudente, promoacée dans une eonversaition privée wee le jprélet, M. d'Erusthausea, mxr ses SAntiment» intimes «t sou aittacàern^iit à la Praoïce. D'Ërust* hauseu n^ésita pas & déaioiioer <oe propos à M. de Ma4^1er, qiii, 8ur-tle-cliamp, somma le maire de •donnerl'sa démission. M. Lawtii répoudii très digoemeat que, uommé par le oonfseilmwiùaipal, ilxio

3uittea*ait v;eekMitairement sou poste qu'à la demande s ce denièer. Là-dessus, un àéxsr^ impérial du 7 avril 1^73 révoquait le maire et cbsorgieavt le directeur de police, M. Bac^, de présâdm^le «smuseil. C!e dernier reraisa die siéger sous la ppésideoce d'cin autre qu'un 4e ses meaniires. C'est •ce qu'eu attendait sans doute ^ ie conseil, susfDendu d'ai»ord pour deux nyoÂB^ puis pour uu aa^ fut finaleoneait dissolus par un autre dé^et de l'empereur Guillauine, do 3 avril 1874, et la villa, ses finances et sies éroitB restèreut ainsi à la merci du gouvernement et de M. fiack., cumulant les fiouictaons de maire et celles de ooufieil municipal.

Ce personnage qui, pendant quarante ans, n'a cessé de jOuer un ivAle importjffiut en Alsace-Lorraioa, «couune directeur de police, commissaire

l'alsàge sofjïs Le jo^e. l'orgamsàtion. ^5

fBimicipal imposé, préfet, scms-secrétaire d'État, puÎ6 eaoùiB comme maire élu de Sti^sbourg, cora^ l;ear de rUmversiiré et {itrésideat de ia première Chaiobret était, lieureus^meist pour la oapitate de TAJLswee, \m hoisaïae pnidenl; et de sensraissis, &aii'S quoi les graadfes «nitrepiiBed de tcmX ^eare dans lesquelles il se lança auraient pm tourner lort mal pour la £iité soumise mai» reooaars à sou pouvoir dis- ^irétiofuiaire. Le 2 décembre i87ii^ il s^eaga^eait vis- 4-vîa du gouvernement de Berlin^ à payer cine somme de dix-«ept milliona de madka A T Empire^ comme prix d'achat des anciens reooqparts et des ^aeie de la forteresse de Strasbourg, lormairt un terrain de 18SJ)0Q bectaMe» en offrant eoamie gage juridique toute la fortune immobilière et meulière de la ville. Opération riaquée, bien que la date des versements ait été prorogée ensuite^ car enoore aujourd'hui d'awez vastes étendues rastent à l'état de teirains vagues. Une antre grande entreprise, celle de la fourniture d'eau potanle à la ville, créée eu utilisant l'eau du Hhîa, puisée dans le eous-sol, a £ni par fournir des excédents de recettes à la ville après avoir été fort critiquée^ et avoir coûté beaucoup d'argent. Cette administration dictatoriale, continuée après M. Baek par un autre fonctionnaire supérieur allema&d de moindre envergure, pesa sur Strasbourg pendant quatorise années.

Bientâft après, on se décidait enfin en haut lieu, à renouveler les Conseils généraux et les Conseils d'arrondissemeot qui n'avaient pas été légalement abolis, mais «m'on n'avait pins réunis depuis la ^erre. Les électeurs furent convoqués pour le !2 juin i873 et ne montrèrent pas un grand &èle à marcher au scrutin. Sur 8.500 inscrits à Mulhouse, il n'y eut pas âOÛ votants; à Colmar il en vint 236 sur plus de 4.000* A Strasbourg, si le mouvement

396 HISTOIRE d'âLSACB.

fut plus prononcé, c'est qu'il s'agissait de voter dans les quatre cantons urbains et extra-muros pour le maire révoqué, Lauth,.et pour trois de ses adjoints révoqués comme lui. Les élections faites, le gouvernement s'avisa d'imposer aux nouveaux élus le serment de fidélité à 1 empereur. C'était la loi française, il est vrai, mais tout le monde la croyait abolie et l'administration supérieure s'était bien gardée d'y contredire. L'effet de cette nouvelle chicane (en Allemagne, les élus ne prêtent aucun serment politique) fut déplorable ; les conseils généraux de Lorraine et de la Haute-Alsace ne purent se constituer, la majorité des nouveaux élus refusant le serment; en Basse- Alsace seulement, il se trouva la quotité légale permettant d'ouvrir la session. Il fallut recommencer plus tard les élections, pour amener le choix de personnages à l'échiné plus souple, d'ambitieux modestes, désireux de participer à la gestion des affaires et dociles avant tout aux impulsions d'en haut. La graine d'où devait sortir la future Délégation provinciale était semée.

Dès le 4 avril 1873, le chancelier avait soumis au parlement de Berlin un nouveau rapport sur la situation de l' Alsace-Lorraine pendant l'année qui venait de s'écouler. On y relatait les progrès de la législation d'Empire, pour l'assimilation des annexés, les prochaines élections des conseils locaux dont on vient de parler, l'expulsion des Jésuites, opérée en vertu de la loi générale du 8 juillet 1872, et c qui ne s'était heurtée à aucune difficulté )», etc. Déjà Bismarck était revenu quelque peu de son engouement pour le Reichsland, engouement qui n'avait peut-être jamais^ été bien sincère; dans le tournoi oratoire qui se produisit dans la séance du 16 mai 1873, entre le prince et ses principaux

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