DORE
jour de ma fête, je ne m'en serais plus fâchée.
» J'aime mieux pourtant que tu ne l’aies pas fait. C'était si bon de te sentir si changé [Tu m'as fait la cour huit jours mais tout le reste du temps tu m'as aimée. | |
» Et ton gros bouquet, crois-tu que je n’y aie rien compris pour n’en avoir rien dit ? Tu avais trop bien pris la peine de me faire la leçon, carino ! Ah! Que je vous ai aimé ce jour-là ! et les autres jours aussi ! et tous les jours et sans cesse |
» Est-ce que ça te fera plaisir d’apprendre que c'est un brin de ton jasmin que j'ai là à mon cou sous le verre de
ma médaille? Oui, n’est-ce pas ? Je t'en
envoie la moitié avec une boucle de mes cheveux, ma boucle du cou, te souviens-tu ?
» Hélas ! hélas ! Je ris au passé et le présent pleure.
» Croirais-tu qu’on m'a mesuré ma lettre ?
» Oui, Jacques, j'ai cette feuille de papier et rien de plus; une heure et pas davantage. Voilà où J'en suis, mon pauvre ami ! Enfin aime-moi et je ne regretterai rien.
» Au revoir, Jacques! au revoir, mon ami, mon amant, mon tout. Aime-moi et
attends-moi, je t'aime et Je t'appartiens.