JEAN SANS TERRE
pour rassembler leurs troupes. Jean resta maître de la campagne; ses avides et féroces mercenaires ravagèrent impunément les terres, les fermes, les maisons et les parcs de la noblesse, et tout fut mis à feu et à sang d'une extrémité à l'autre de l'Angleterre, depuis Douvres jusqu'à Berwick.
Les barons, réduits à cette situation désespérée, employèrent un remède non moins désespéré : ils s'aaVcssifo rent au roi de France et lui offrirent de reconnaître paur roi , Louis, son fils aîné, s'il consentait à les protéger contre les violences de leup tyran* Philippe-Auguste, décidé à ne pas laisser échapper la riche proie qui venait s'offrir à lui, ne tint aucun compte des menaces du légat du pape; mais avant de confier son fils aux barons anglais, il exige» d'eux vinçt-cinq otages des plus illustres maisons. Après ayoir pris cette précaution, il fit partir le jeune Louis à 1» tête d'une armée nombreuse. A l'apparition des Français en Angleterre, les troupes étrangères de Jean abandon.-, nèrent ses chàtçaux, tombèrent journellement entre les mains de ses ennemis, et Douvres fut bientôt la seule place qui échappa aux armes triomphantes de Louis. Toutefois l'union entre les Français et les Anglais ne fut pas de longue durée. Les, préférences accordées aux premiers par I^ojujs excitèrent la jalousie des seconds, et le prince fran-? <$is eut lieu de craindre un revers de fortune. Jean assembla une armée considérable, dans l'intention de décider du sort de sa couronne dans une bataille rangée; il se mit en route le long des bords de la mer, encore inondés par les hautes marées. Comme le temps n'était pas convenable pour une pareille marche, il perdit dans les eaux ses chariots, sc ^ D 3# a S e et son trésor. Le chagrin de ce désastre acheva d'épuiser sa santé, déjà dérangée. Il mourut au château, de Newark d^ns la quarante-neuvième année dt* son âge et la dix-huitième de son règne (1216). U laissait
deux fils légitimes, Henri et Richard, le premier âgé de neuf ans, et l'autre de sept.