‹ Histoire d'Angleterre abrégée de Hume et SmolletChapitre 2 sur 51 · IES BRETONS — LES ROMAINS · texte numérisé non relu

IES BRETONS — LES ROMAINS

éprouvé quelque résistance, César débarqua à Deal; il remporta plusieurs avantages, obligea les Bretons à lui donner des ôtages comme garans de leur fidélité, et se Vit forcé, par la nécessité de ses affaires et l'approche de l'hiver , de ramener les siens dans les Gaules. Les Bretons, revenus de la terreur que leur inspiraient ses armes , négli- * gèrent l'accomplissement du traité conclu avec le général ' romain; et, le printemps suivant, le fier vainqueur résolut d'aller les punir de leur manque de foi. Il débarqua avec une armée plus formidable; et, malgré la résistance plus régulière que lui opposèrent les Bretons réunis sous les ordres de Cassivelaunus, un de leurs chefs, il les battit dans toutes les rencontres. 11 s'avança dans l'intérieur du pays, passa la Tamise en face de l'ennemi, prit et brûla la capitale de Cassivelaunus, donna la souveraineté des Trinobantes à Mandubratius, son allié; puis, après aVoir forcé les Bretons à une nouvelle soumission, il repassa dans les Gaules, laissant la Bretagne soumise à l'autorité romaine, plus en apparence qu'en réalité.

Les guerres civiles qui s'allumèrent ensuite dans l'empire romain sauvèrent les Bretons du joug qu'ils étaient sur le point de subir; et , depuis près d'un siècle, ils jouissaient tranquillement de leur liberté, lorsque, sous le règne de Claude, les Romains songèrent sérieusement à les soumettre à leur domination. Sans chercher à justifier leur agression par un motif équitable, ils envoyèrent en Bretagne une armée sous lé commandement de Plautins, général habile, qui remporta plusieurs victoires (l'an 43 de notre ère). Lorsque Claude jugea l'entreprise assez avancée, il se transporta lui-même en Bretagne pour en achever la conquête, et reçut la soumission de plusieurs peuples qui habitaient le sud-est de l'île. Les autres Bretons, sous le commandement de Caractacus, opposèrent une résistance opiniâtre, et arrêtèrent les progrès des

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iiOQMuûs, jusqu'à l'époque où Ostorius Scapula vint né* placer Plaulius. Ce nouveau général pénétra dans le pays de$ Silures, peuple belliqueux, habitant les bords de la Severn ; défit Caractacus dans une grande bataille, et l'envoya prisonnier à Rome (an 50).

Malgré ces revers, les Bretons n'étaient pas domptés. Sous le règne de INéron , Suelonius Pauiinus reçut le commandement de r armée romaine, et pénétra dans Pile de Mona (aujourd'hui Anglesey), principale retraite des Druides. Il battit les insulaires, brûla les Druides dans les feux qu'ils avaient allumés pour leurs ennemis captifs, et détruisit tous les bois et les autels consacrés. Après avoir triomphé de la religion des Bretons, Suelonius se flatta qu'il lui serait facile de les subjuguer. Mais les Bretons, sous la conduite de Boadicea, reine des Iconi, qui avait essuyé les traite,:. eus les plus outrageans de la part des tribuns romains, attaquèrent avec succès plusieurs établissemens de leurs insolens vainqueurs. Londres, qui était déjà une colonie florissante des Romains, fut réduite en cen- * dres, et ses habitans furent impitoyablement massacrés. Suetouius se vengea de cette cruauté, dans une bataille sanglante où périrent, dit-on, quatre-vingt mille Bretons.

Juiius Agricola, qui gouverna la Bretagne sous les règnes de Vespasien, de Titus et de Donatien, conçut un plan régulier pour subjuguer File, et pour rendre cette nouvelle possession utile aux conquérans (an 86). 11 porta ses armes victorien ses du côté du nord, défit les Bretons dans toutes les rencontres, s'avança jusque dans les forêts et les iwmtaguesdelaGalédouic(rÉcosse), et soumit toute la partie septentrionale de l'île, U établit ensuite, entre les golfes de Clyde et de For lu , une ligne de forts, qui mit les provinces romaines à l'abri des incursions de leurs barbares voisins*

Ce fm aussi dans le but d'assurer les frontières de remire contre les invasions des Calédoniens qu'Adrien fit

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construire plus tard une forte muraille entre la rivière de Tyne et le détroit de Sol way. Sévère ajouta de nouvelles fortifications au boulevard d'Adrien; et, sous les autres empereurs, la tranquillité de la Bretagne fut teMe, que les historiens font à peine mention de ce qui s'y passa. Le* naturels, désarmés et soumis, avaient perdu jusqu'au souvenir de leur première indépendance.

Mais l'empire romain, qui avait porté l'esclavage et la civilisation dans la plus grande partie de l'univers, approchait de sa dissolution. L'Italie et le centre de l'empire,, plongés depuis si long-temps dans le repos, avaient entièrement oublié le métier des armes, et n'étaient peuplés que (Vune race d'hommes efféminés, également disposés à recevoir un joug étranger ou à subir la tyrannie de leurs propres chefs. Les barbares du Nord attaquèrent en même temps toutes les frontières romaines. Au lieu d'armer le peuple pour sa défense, les empereurs rappelèrent les légions qui tenaient garnison dans les contrées éloignées, et dans lesquelles ils avaient plus de Confiance. Celles qui défendaient la Bretagne furent employées à protéger Vh talie et la Gaule. Dès que les Pietés et les Écossais virent cette île abandonnée à elle-même, ils commencèrent leurs incursions sur les frontières de leurs pacifiques voisins, renversèrent la muraille d'Adrien, et poussèrent leurs ravages jusque dans le cœur du pays. Les Bretons implorèrent le secours des Romains ; mais ceux-ci , réduits à l'extrémité dans leurs propres foyers, et fatigués d'ailleurs d'expéditions lointaines, leur déclarèrent qu'ils ne devaient plus compter sur leur appui , et les engagèrent à s'armer pour recouvrer leur ancienne indépendance. Dès ce moment, les Romains ne reparurent plus dans la Bretagne, qu'ils avaient possédée, en grande partie, pendant le cours d'environ quatre siècles.

* Les lâches Bretons, aussi inaccoutumés aux fatigues de

la guerre qu'aux soins du gouvernement civil, se trou* vèrent hors d'état de repousser les attaques des barbares. Après s'être adressés de nouveau à Rome, qui ne put répondre à leurs supplications, parce qu'elle était alors pressée par les armes d'Attila , le plus terrible ennemi qu'elle eût jamais eu, ils suivirent les conseils de Vortigern, prince de Dumnonium, et envoyèrent une députation en Germanie, pour inviter les Saxons à les protéger et à les secourir (an 449). Les Saxons, à cette époque, étaient regardés comme la plus belliqueuse des nations barbares, et ils étaient devenus la terreur de leurs voisins. Sortis du nord de la Germanie, ils s'étaient rendus maîtres de toutes les eûtes de la mer, depuis l'embouchure du Rhin jusqu'au Jutland. Deux frères, Hengist et Horsa, qui exerçaient la plus grande influence sur leurs compatriotes, à cause de leur valeur et de leur naissance, persuadèrent aux Saxons d'accepter l'invitation des Bretons, et de tenter une entreprise où ils pourraient signaler leur courage et satisfaire leur désir de s'enrichir. Ils embarquèrent leurs troupes sur trois vaisseaux, et transportèrent seize cents hommes sur les côtes de la Bretagne, d'où ils marchèrent contre les Pietés et les Écossais qu'ils vainquirent facilement.

Hengist et Horsa, jugeant, par la victoire facile qu'ils venaient de remporter sur les Pietés et les Écossais, qu'il leur serait aisé de subjuguer les Bretons eux-mêmes, résolurent de continuer la guerre pour leur propre agrandissement, et non pour la défense de leurs alliés. Ils instruisirent leurs compatriotes des richesses et de la fertilité de la Bretagne., et la perspective d'une conquête certaine leur valut un renfort de cinq mille hommes. Les Saxons s'allièrent alors avec les Pietés et les Écossais, et commirent ouvertement des hostilités contre les insulaires qu'ils étaient venus défendre.

Les Bretons, indignés de la perfidie de leurs alliés, pri-

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