‹ Histoire d'Angleterre abrégée de Hume et SmolletChapitre 3 sur 51 · IES SAXONS · texte numérisé non relu

IES SAXONS

rent les armes; et, après avoir déposé Vortigern, qui leur était devenu odieux par ses vices et par les maux que leur avaient attirés ses conseils, ils choisirent pour chef son fils Vortiuier. Ils livrèrent à leurs ennemis plusieurs batailles dans lesquelles ils furent constamment vaincus. Horsa ayant perdu la vie en combattant, le commandement de l'armée confédérée resta à son frère Hengist, qui, recevant sans cesse de nouvelles troupes de la Germanie, marcha de victoire en victoire. Jaloux d'étendre la terreur de ses armes, il n'épargna ni l'âge, ni le sexe, ni la condition. Un grand nombre de Bretons, pour se soustraire à la cruauté et à l'avarice de leurs vainqueurs, abandonnèrent leur patrie, et allèrent chercher une retraite dans l'Armorique, sur le continent, lis furent bien accueillis par un peuple dont les mœurs et la langue leur étaient communes, et auquel ils donnèrent le nom de leur pays.

Après la mort de Vortimer, Ambrosius régna sur les Bretons, et réussit à les unir contre les Saxons. Hengist n'en garda pas moins toutes ses possessions dans la Bretagne; il fit venir une nouvelle tribu de Saxons, sous le commandement de son frère Octa, et l'établit dans le Northumberland; il fonda lui-même le royaume de Kent, qu'il légua à sa postérité.

Les succès d'Hengist excitèrent l'avidité des autres habitans du nord de la Germanie. Les Bretons méridionaux, obligés de se retirer devant ces nouveaux conquéraus, se réfugièrent dans le Cornouailleset le pays dç Galles, et iElla, chef saxon, jeta les fbnderaens du royaume de Sussex.

Le royaume des Saxons occidentaux , ou de Wessex , fut formé par Cardic et son fils Kenric, des provinces de Hants, de Dorset , de Wits , de Berk et de l'île de Wight; mais ce ne fut qu'après une suite de combats sanglans que ces aventuriers jouirent paisiblement de leurs conquêtes; ils eurent pour adversaires Arthur, prince des Silures ,

dont la valeur héroïque soutint long-temps le sort chancelant de sa patrie , et que les chants des bardes bretons ont rendu si célèbre.

Tandis que les Saxons s'établissaient ainsi vers le sud , un grand nombre de leurs compatriotes, conduits par plusieurs chefe, descendaient sur les côtes de la Bretagne. Uffa prit le titre de roi des Estangles, ou Anglais occidentaux, en 674 : Crida, celui de roi de Mercie, en 585; et Erkewin, celui de roi des Saxons orientaux , ou d'Essex, à peu près vers le même temps.

Quoique les Saxons se fussent rendus maîtres du Northumberland aussitôt après le débarquement d'Hengist, ils y éprouvèrent une résistance si obstinée de la part des habitans, que pendant long-temps aucun de leurs princes n'osa prendre le titre de roi. A la fin , en 547, Ida soumit entièrement le comté, l'évêché de Durham, quelques-unes des provinces méridionales de l'Ecosse, et prit alors le nom de roi de Bcrnicie. A peu près à la même époque, iEUa, autre prince saxon, ayant conquis le Lancashire et la plus grande partie du Yorkshire, fut proclamé roi de Deira. Ces deux couronnes se réunirent sur la tète d Ethelfrid, petit-fils d'Ida, qui, ayant épousé Acca, fille dVElia, et chassé son beau-frère Edwin, prit le titre de roi de ISorlhumberland. C'est ainsi que s'établit en Bretagne l'Heptarchie, ou les sept royaumes saxons, et que toute la partie méridionale de ri le, excepté les pays de Galles et de Cornouailles, changea absolument d'habitans, de lan- )gage, de coufumes et d'institutions politiques. Le christialiisrae, religion des vainqueurs, fut substitué au culte des Druides dans toutes les provinces conquises.

Lorsque les Bretons furent relégués dans les arides contrées de Galles et de Cornouailles, et qu'ils n'inquiétèrent plus leurs vainqueurs, l'alliance qui unissait les princes de l'Heptarchie ne tarda pas à se rompre : les troubles, la»

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