‹ Histoire d'Angleterre abrégée de Hume et SmolletChapitre 33 sur 51 · MARIE · texte numérisé non relu

MARIE

Tannée espagnole et fait prisonnier. La France entière fut consternée de cet événement. Toutefois, l'indécision de Philippe la fit bientôt revenir de ses premières alarmes : le vainqueur se contenta de prendre Saint-Quentin, et mit ensuite ses troupes en quartier d'hiver (1557).

Pour venger la défaite de Saint-Quentin, le duc de Guise entra en campagne avec vingt-cinq mille hommes, et marcha sur Calais. Dans le cœur de l'hiver (1668), il parvint, en huit jours de temps, à recouvrer cette placeimportante, qui avait coûté onze mois de siège à Édouard III, et que les Anglais avaient possédée pendant deux siècles. La perte de Calais exaspéra la nation anglaise, qui murmura hautement contre l'imprudence de la reine et de son conseil. Les Écossais, excités par la France, recommencèrent leurs incursions sur les frontières d'Angleterre. Henri II, pour unir plus étroitement l'Ecosse à son royaume, pensa qu'il était temps d'accomplir le mariage de la jeune reine avec le Dauphin. Le parlement écossais envoya une députation pour assister à la cérémonie et pour Tégler les articles du contrat.

Les nouveaux nœuds qui resserraient l'alliance de la îrance et de l'Écosse menaçaient de plus en plus le repos et la sûreté de Marie. Elle prévoyait que, malgré les factions qui agiteraient nécessairement l'Ecosse pendant l'absence de sa souveraine, cette puissance n'aiderait que trop là France à envahir l'Angleterre. Marie jugea donc nécessaire d'assembler le parlement et de lui demander des Sûbsides pour remplir son trésor épuisé. La chambre des com n mnes, sans faire aucune réflexion sur le passé, lui accorda tout ce qu'elle demanda. Une flotte de cent quarante voiles fut équipée. Les Flamands y joignirent trente vaisseaux; on y fit modtërtfx mille hommes de débarquement, et Ton envoya Ces forées réunies faire quelques tentatives sur les côtes de Bretagne. Mais des négociations

pour la paix ne lardèrent pas à s'entamer entre les rois de France et d'Espagne. Tandis que les articles du traité se discutaient, on apprit tout-à-coup la mort de Marie. Sa santé était chancelante depuis long-temps ; le regret de la perte de Calais, l'inquiétude du mauvais état de ses affaires, et surtout le chagrin du départ prochain de son époux, qui allait se fixer pour toujours en Espagne, avaient brisé son ame et épuisé ses forces. Elle succomba à une fièvre lente, après un règne infortuné de cinq ans.

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