‹ Histoire d'Angleterre abrégée de Hume et SmolletChapitre 36 sur 51 · JACQUES U · texte numérisé non relu

JACQUES U

la maladie , se crut en trop petit nombre pour marcher jusqu'au Palatinat.

Jacques, qui aimait sî passionnément la paix, ne vécut pas long-temps après les hostilités commencées. Au printemps de 1625 , il fut saisi d'une fièvre tierce; il fit alors venir son fils, auquel il recommanda de chérir tendrement sa femme, de persévérer dans sa religion, de protéger l'Église anglicane, et d'étendre ses soins sur la malheureuse famille de l'électeur palatin. Puis il attendit sa fin avec courage et résignation. Il mourut dans la cinquante-neuvième année de son âge, après avoir régné vingt-deux ans sur l'Angleterre.

Sous le règne de ce monarque, tous les avantages qui distinguent une nation florissante reçurent des accroissemens sensibles. Non-seulement la paix qu'il cultiva avec tant de bonheur favorisa l'industrie et le commerce qui sortaient à peine de l'enfance, mais son goût naturel lui fit protéger les arts pacifiques. C'est à dater de Jacques l ec que les lettres commencèrent à revivre en Angleterre. L'illustre Shakspeare composa ses immortels chefs-d'œuvre dramatiques; Johnson et Fairfax traduisirent, l'un les beaux passages des auteurs grecs et latins , l'autre la Jérusalem délivrée du Tasse. L'infortuné Raleigh écrivit une histoire grecque et romaine, et Bacon, l'honneur de la littérature d'alors % traça de loin la route de la vraie philosophie. Mais ce qui distiugue plus particulièrement le règne de Jacques, c'est la fondation des colonies anglaises dans l'Amérique du Nord. Tous les Anglais que mécontentait le gouvernement ou l'église établie dans leur patrie allèrent chercher la liberté dans ces sauvages déserts, et les lumières de ces exilés volontaires, jointes à leur amour du travail, répandirent le germe de la civilisation dans des t terres où les mœurs féroces des habitans primitifs avaient entretenu jusqu'alors la désolation.

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