LIVRE XLI
Les Françiois a (tarent File de JérdeJ^. -^ Les Bspftgnoh pressent le siège de Gibraltar. — État de détresse de la £;arnison. — Darby lui aaiéne des f»rovisions. — Sortie vigonreuse où elle ruine en partie les ouvrages des assaillants»
— L'ennemi débarque dans File de Mîoorque. — Opérations navales dans le canal. — Combat de Dogger-Bank.
— Prise de Saint-Eustache, de Ûemerary^ dlssequibo et de Berbtcef. — ^ La flotte frâûçoise reçoit dés renforts. — Prise de Tabago. — Affaires d'Amérique. — CornvçaTîis reçoit des renforts. -*^ Expédition d'Artaoldéiy'Vir^iè. — Mécontentement de l'armée amérîcatncfi. -^ TarKstim est battu à Gowpens. — Gorni^allis envahit la GaroltAe du nord. — Il arbore l'étendard ro^^al à Hillsborougb. — Massacre d^un corps de royalistes. — Bataille de Guildford. --- Comwallis se porte en Virginie. — Lord Rav?don bat l'ennemi à HobkirkVHill. — Camden est évacué. — Succès des Américains èatis la Carôlti^e Au stsd et là Géorgie. — Suspension des opérations de la campagne. —
— Exécution du colonel Haynes. — Bataille d'Èutaws. — Expédition des ennemis contre Portsmouth. — Le général Philipps ravage la Virginie. — Arrivée de Gornwallis. — Il se met à la poursuite de La Fayette. — Expéditions heureuses de Tarleton et de Simcoe. — L'ennemi forme le dessein d'attaquer New -York. — Clinton rappelle ses troupes de la Virginie. — Il envoie peu après un contreordre. — Comwallis se poste à York-Town et à doucester. •— Arrivée de la flotte Françoise et de la flotte angloise. — Engagement partiel. — Expédition d'Arnold contre New-London. — York-Town est investi. — L'ennemi en presse le siège. — Comwallis capitule. — Clinton fait de vains efforts pour le secourir.
I «81. Au commencemeiit de Tannée 1 78 1 , les François firent 6 janv. de nouveaux efforts pour s'emparer de Jersey. Le baroD
de Balleconrt , chargé de cette expédition , avoit sous Les fraiison commandement une légion levée par le prince de ^^qu^ni*' Luxembourg, et le peu de troupes qui s'étoit sauvé fors Jerscj. de lattaque infructueuse de 1779- Après ayoïr lutté sur mer contre une tempête, et essuyé quelques pertes, cet officier débarqua au banc des l^iolettes avec huit centsr hommes, arriva de nuit devant Saint-Iîlllier, capitale de l'île, effraya le gouverneur, le major Corbet, en lui annonçant qu'il étoit suivi d'une armée, el lui fit signer la reddition de l'Ile entière. Par bonheur le reste des ofrficiers de la garnison ne partageoit pas la lâcheté du gouverneur: le major Pierson prit le commandement, assembla les troupes, et fondit avec vigueur sur les as-* saillants, qui se défendirent dans la place du marché. 1
RuUecourt fut blessé, la plupart de ses compagnons* périrent les armes à la main, et le reste fut fait prison* 91 er. Mais Pierson ne survécut pas à sa victoire, il mou- (
rut glorieusement et à la fleur de son- âge, atteint par un des derniers coups qui partirent des rangs ennemis*. Pour Corbet, il fut traduit devant une covtr martiale, et suspendu de ses fonctions (i).
Cependant les Espagnols entretenoient toujours de- Sîége de vaut Ç'ibraltar des forces très considérables : après le ^iï^ï^altor. départ de Bodney, ils tentèrent d'incendier avec des brûlots tes bâtiments qui étoient restés dans le portf; mais l'habile résistance des matelots, soutenue par le y jain. féu bien- dirigé de la garirison , rendit tous leurs efibrts inutiles. Repousses dans cette tentative, ifs entreprirent néanmoins de feire le blocus de la place, et l'empereur' de Maroc, à la suite d'une négociation, leur ayant af-
(1) Voyez la Vie du gênerai Dnmourier, et le» ouvrages périodicjues de cette époque.
a88 HISTOIRE D*ANGLETERRE.
ferme le^ ports deTetuan, de Tanger et de Laraclie, d'où les assiégés avoient tiré jusque-là quelque secours , ils purent espérer de rendre plus difficile le ravitaillement de Gibraltar. Ce fut la négligence du ministère britannique qui valut à FEspagne Talliance du monarque barbaresque. Dès l'ouverture des hostilités, la cour de Madrid fit offrir à ce prince de prendre en ferme les ports dont nous venons de parler. Celui-ci , loin d'accueillir des propositions si contraires à l'intérêt des Anglois, les communiqua au général Ëlliot, ne lui demandant, pour prix de son amitié , que les munitions navales suffisantes pour équiper trois vaisseaux , dont il avoit besoin afin de protéger ses côtes contre le ressentiment des Espagnols. La valeur totale de ces munitions nauroit pas excédé quinze cents livres sterling. Surpris de ce désintéressement, et jaloux de conserver un allié si utile, EUiot conseilla à son gouvernement d'accorder à l'empereur le double de ce qu'il avoit demandé; cependant, à l'arrivée de Rodney, ce généraient la mortification de voir qu'on n avoit eu aucun égard à sa demande. Le ministère auroit eu le temps de réparer sa négligence; mais le consul britannique, M. Logie, n'apprenant rien de satisfaisant touchant le succès des démarches qu'il avoit faites, l'empereur ne tarda pas à retirer graduellement sa protection aux Anglois. Il commença par permettre aux Espagnols de saisir leurs bâtiments dans ses ports, et souffrit que ses officiers répondissent avec insolence aux représentations dq consul. Bientôt 20 oct. après il fit venir M. Logie en sa présence, et , lui ayant adressé d'amers leproches , lui ordonna de se retirer à Sallée. Cependant M. Logie eut l'adresse de calmer un peu le ressentiment de l'empereur, et parvint même à
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(iibtenir pour quelque temps que Ton protégeroit les.Anglois; mais les Espagnols ayant fait de nouvelles propo* sitions, et le ministère britannique s'obstinant à garder le silence y Fempereur consentit à la fin à bannir de ses états tous les sujets de la! couronne d'Angleterre; et, loin ^6 nof: de se laisser ébranler alors par les remontrances ou les menaces du consi^l, il agit avec un surcroit de rigueur et aliéna le port de Tanger à l'Espagne. M. Logie et tous lesAnglois furent faits prisonniers eii conséquence, et traités d'une manière inhumaine, jusqu'au temps oîi la cour de Madrid consentit à les remettre en liberté.
Dès ce moment Tétat de la garnison assiégée devint État de encore plus fâcheux : les munitions que Rodney lui ^^^J^**^avoit amenées Tannée précédente étoient presqu'en- n\soû\ tièretnent consommées, et elle commençoit à éprouver déjà toutes les horreurs de la faim. Le scorbut faisoit en outre un ravagé terrible dans la place, et les Espagnols, en interceptant tous les petits bâtiments venant de Minorque ou des autres ports peu éloignés , rendoient cette extrémité plus cruelle. ( i )
(i) l(à discUe étoit si grande que le bœuf, I^eau, on le mouton Irais, quand Ton ponvoit s'en procurer, se'vendoient 4 s. lô d. et Aemi la livre; le bœuf salé, a s. ii d.; les patates, a s. 6 d. ; lé bissait de mer tout moisi de 10' d. à i s. La partie postérieure d'uA mouton avec la tête et hi qvr^ue étoit achetée 7 \. 10 s.; une pinte' cle lait mêlée d*ean , i s. 3 d. ; un cocbon de lait vivant, 9 I. 14 s. 9 d. ; une truie pleine, 20 1.; une chèvre et son cheYreaù, i3 1.;' une vache à lait, 5o guinées, encore le vendeur se réservoî^-il une ^inte dé lait pdr jour. Lé soldat aVoit chaque semaine pour sa ration , 5 livres et un quart de pain ; i3 onces de itaauvais bœuf salé, cft autant de porc à demi pourri ; a onces et un quart de beurre, un' peu moins mauvais que Thuile rance; ta onces de raisin, une demi, l^inté de pois, une pinte de haticots, une pinte d<e fariné dont lit' fleur servoit ^ faire de^ puddinf;^, 4 onces de rijt, et un q4iart de'
Gibraltar.
ZQO HISTOIRE D ANGLETERRE.
12 avril. L'amiral Darby reçut ordre d'escorter, avec la grande ^^7^'* flotte, ntk convoi d^environ cent bâtiments cbaraésde
Darby ra- ' i i
vitaille munitioDS pour Gibraltar. La garnison avoit été instruite de son approché, et au point du jour la flotte fat signalée du lieu le plus élevé des remparts; cependant un brouillard qui couvroit la mer ne permettoit pas ie la distinguer encore à la vue simple : mais quand le soleil levant eut dissipé les vapeurs , elle apparut toute entière, avec ses bâtiments de guerre, aux regards empressés et satisfaits des assiégés. Les munition» furent débarquées malgré le feu des chaloupes canonnières et des batteries de terre des Espagnols , et Darby remit à la voile après avoir rempli Tobjet de son voyage avec Succès. LesEspn- Immédiatement après le départ de cet amiral, les bombar- Espagnols firent pleuvoir sur la forteresse et sur la dent la ville uuc grêlc effroyable de bombes et de boulets. Les ^ *^*' fortifications elles-mêmes éprouvèrent quelque dommage; la ville fut ruinée de fend en comble, et avec elle tous les magasins où les marchands tenoient différente» provisions qu'ils avoient amassées à grands frais , pour les détailler ensuite à un prix exorbitant. Cependant, au milkeu de cette destruction, les soldats se livii)ient à la licence et au pillage ; Finsubordination prenoit une tendance alarmante; et ce ne fut que pa)r un mélange prudent d*indulgeneeet de sévérité que le commandant parvint à rétablir la discipline.
Les Espagnols paroissoient avoir renoncé à former le blocus de la place ; les provisions n etoient plus interceptées, et un second convoi , venu d'Angleterre, sons
pinte cThttild. Les habitants n*aTOÎieiit point de part à ces distrî^ butions.
GEORGES iiï. agi
lesordres du^capitaiae Curtis , mettoit pour lq^g-^ç^tps la g«j:uisoQ à Fabri d'uae apuyelle famiqç : i^ais, le fyu, des batteries de iérxe et de mer coxtf Mp^uQtt ^yec i^ w^m^ tioleçcô et ne laissoit apci^^ relâéhe à la garniçoiiv pendant que les tranchées et les autres, çuvr^g^ ^iii dévoient f^setrer le corps^ de Jla place se pûu$scÂent avec une ^effrayaflite activité. Pour se délivrer d^. cç5 ilttaqties importunés et çanç cesse reçipuveUées ^ le g^ «éral Ëlliot fit armer sç$ batteries avancées de Gaaopsi et de mortiers d'iiiie grande portée ; et , au ippyei:^ (fe leur f^Kk terrible , fit taire en peu de temps le feu <)e« batteries de Tennemi, et ruina en grande partie ses ouvrages. Mais lç^$ JE^paignoI? , loin de sç rebuter, redoublèrent au cpptraire d'activité, et niijrent une çpMSiauce infatiga|)lé H perlçc^icrpaer leurs tràoçhé^; aussi leuc quatrièine ligpe, a$se2 forte poor rési$ter au feu de la giarniçon , fut bij^utôt terminée sur upe longueur de trois quarts de m.Ule.
Les Anglois ne perdirent que peu de mopde par le feu de cette imni[exise artillerie: ils faicent à peine soi;cante-. dix morts ou blessés , ^t ce)a paroi.t iacrpyabie lorsque rpâ considère qu^, peqdant cinquante jours de la bn ii plus furieuse €|tt£^que, leiinemi tira 66,760 coups de '^"/n^iv t^n(V3 , et 20, 1 34 l^oipbes. Après six mois de bombarde-' iuept/l£| garnisoii avc^t iippris è se garantir des effets dei Tartillefie; on avoit o<mti\i quels étoîent les endroitâ foibles du çempart ; le commandant et les ingénieurs avoientmis up zèle inft^tig^ible à les réparer, et la place Se trouvoit dans un meilleur état de défende qu'au temips où Ton en avoit formé le siège.
Gependant , pour déloger les Espagnols de son voisi* 2G nof, nage, le général Elliot tenta de rniner leurs ouvrages
19^ HfSTOtftE tl'ANOLEtERRE.
Sortie par trn Ooup de main non moins inopinée que vignuréax' He U s"a*r- ^^ transfuge lui ayant donné avis de leur force , de lenf Mis&ii. position et de leiir sécurité, il ordonna à Tinfanterie légère, aux grenadiers, an douzième réginïent, et air régiment allemand -appelé le régiment d'Hardenberg,: de se tenirpréts à mimiit, sitr le rivage, à aller attaquer des retrlancbements qui avoient coûté tant-de travaux et de dépensée Tentiemi. Il avoit eu la pfudefnce de tenir son dessein secret jusqu'à l'entrée de la nuit même" où il le -deyîoit exécuter, sans négliger néanmoins aucune mesure qui pût contHbuer à en assurer le succès. Â rbeurefixée, ledétacbement, fort de 2,400 hommes, non compris 3do matelots, sortit de Ja place, commandé' par le brigadier-général Ross : le gouverneur marchoit à la tête; et les troupes , comme il le»r en avoit donné Fordre, s'avancoient dans Un silence profond. Cepeu" dant les sentinelles ennemies prirent l'alarme et firent feu : les Âng.lois, ne comptant plus alors que sur leur courage, s^élâneèrentaveiî impétuesïtc, et les Espagnols épouvantés prirent aussitôt la fuite dé toutes parts 7 etf une heure l'es pionniers et les artificiers eurent mis lefeuf à tout ce qui étoit susceptible d'être brûlé; et l'incendie offrit bientôt un aspect effroyable , 1« lueur des flammes écktrant au loin tous les objets de la mer, de Ist terre et des cieux, Eûfin les troupes ne rentrèrent dans la forteresse quj'après avoir fait-sauter lôs magasins de l ennemi, tl esft étonnant que les Espagnol^ n'aient osé foire aucun effort pour défendre leurs ouvrages, ou couper la retraite aux Anglois; ils prévoyoient si peu une sortie, que l'on trouva le commandant des avant" po«{tes occupé à écrire son rapport, où il disoit: « Rien d'extraordinaire n'a eu lieu-. » I-^es Anglois perdii^ent cinq
hommes , et eurent viagt-cinq blessés, un lieutenaut et vingt-quatre sous-officiers et soldats : encore la plus grande partie de cette perte provint-ella«d'une mépris0 de deux divisions qui firent feu Tune sur l'autre. Ils enclouèrenty dans les retrancbements, dix mortiers et dix-huit canons de vingt-six , et mirent dans leur entreprise tant d'ordre et de diligence, qu'ils n égarèrent aucun de leurs moindres- effets. Leur succès fut plus éclatant qu'ils n'auroient.jam£|is osé l'espérer; aussi le général y dans son ordre du jour à la garnison, n'exagéra-t-il point, en disant que le courage et la bonne conduite de tout le détachement, officiers, soldats et BQiatelots, ^voient été, dans cette glorieuse occasion, au-dessus de toute louange.
Pendant qu'une grande partie de ses troupes se coq- L'ennemi sumoit en efforts impuissants devant le rocher de GibraJ- j*^^***^!!'')* tar^ l'Espagne entreprit , conjointement avec la France, de Mila conquête de l'île de Minorque. Le duc de Grillon y "°'^^**®' débarqua avec 16,000 hommes et un train d'artillerie proportionné , et commença le siège du château Saint- Pbilippe, la principale forteresse. du pays. Cependai^t ao aoùf. ses progrès ne furent pas aussi considérables qu'il Tavoit d'abord espéré , et une année entière s'éisoula dans d'inutîies tentatives.
Après avoir escorté cet armement, les flottes combi- Op^ra^ nées, fortes de soixante-dix bâtiments, dont cinquante ^^<'°^''^^' étoient de haut-bord et quelques uns de premier, rang, dans lo cinglèrent vers les côtes d'Angleterre , et occupèrent , en **"* se déployant, toute la largeur des bouches du canal, depuis Tile d'Ouessant jusqu'au cap Scilly. Pleines d'une aveugle confiance , elles espéroient porter un coup funeste a la marine de la Grande-Bretagne; mais l'amiral
^gi HISTOIRE D'ANGLETERRE.
Dàrby , ayant eu avis de leur approcl^e et de leur forée, se retira prudemment datis la rade de TûH3ay, pour IBitteîQdre un engagement. Gep^dânt Vannée nàvàSe de la France et de TEspagne marcha incontinent 'à sa poinrl^uite, et se présenta bientôt à la vue du^ort, projettant d'en forcer l'entrée. Mais les deux commandants ayant manifesté une opinion contraire à cet égard, on assembla tin conseil de guerre , et le pian d'attaqfle fat rejeté à la ynajorité des voix. Après avoir iîiutiieitfent cberdhé à in? terceptèr les convois de l'Angleterre , cet immense armement , affpibli par la maladie des équipages et le fSeptemb. méùvàis état des vaisseanx , rentra de boi^ne heure dans les ports de la Frapce et de l'Espagne , sai^ avoir rî^ fait qui vaille la peine d'être rapporté. Pour raroirâl Darby, dont la flotte avoit reçu des renforts et comptoit trente vaisseaux de ligne, il croisa avec tant de vigilance 0t de succès que le commerce des Anglois ne fut aùcur pement inquiété.
Bataille ï^cndaut le cours d<5 cette méptie année, plùsîetïrs pavale -çombats Hvfés sur les mers des deux mondes maintiù' deux rent glorieusement Thonneur de la ùlarine britannir p"?k V*et ^^^' ^'^^^^^^ Hyde Parker, revenant de la Baltique Zouit- avec un convoi qu'il escortoit , rencontra sur le Doggei'^ 5™oût. ^^^^ l'amiral hoilandois Zouttman, qui commaxiddit une escadre plus nombreuse que îà sientie et composée de meilleurs vaisseaux. Les Hoilandois ne cberchèréèt pas à éviter un engagement, comme leurs nouveaux iailiés les Espagnols ej les François. CliàqUe aÈiniràl se isépara de son convoi , qu'il laissa filer sur ses derrières, et aussitôt s'engagea une action terrible , où des deux cotés l'on déptoya la même habileté et la même ardeur, pn ne donna le signal de commencer le feu que lorsque
les ^c£|dr^ furent à la d^œî-portée du saousquet; et le combat se maintint avec un acharnement égpl pendant tnns heures et demie : les deux escadrks, presque eatièremeat désemparées, s'étantf idors mises en panne pour réparer des mancsuvres^ ramîral hoUandois prit la route du Texd avecses vaisseaux fvaca^sés, et Parker ne put r^n empêcher étant horo d'état de le poursuis vre. La perte fut, de part et d- autre, trè^ coosidérablei celle des Ang^is fut de io4 hommes tués, et de 339 blessés; les HoUandois ne puMièraot pas la leur; mais on peut lev^uer, sans.engérer, à 1,200 morts a« hlessés. Les vaisseaux de Zouttman avoient été hcuri* blemea t maltraités ; l^ Hollande coula à fond 9 avec tous les blessés qu'elle portoit , dans la nuit qui suivit TeDr gagement^ et les autres ne parvinrent qu avec beau** coup de peiae à regagner le port le plus voisin. Quei(|ifte les Anglois n eussent pais aueim bâtiment à rennesBoi^ la gloire de la victoire leur resta, le convoi hdUiandois ayant été obligé de discontinuer sa route. Le brave amiral flyde Parker, rentt^é à Nore, eut Thonneur d'être visité dans son vaisseau p^r sa majesté en personne; mais ni les solhcitations du^piince, ni les témoignages d'estime qu'il en reçut i^e purent le détowner de résigner son ejODiploi. On pense que le motif de sa condiiile étoit le mécontentement qu'il -éprouvoit pour-n'avoir ei» qu'une flotte insufEsante et en aussi mauvais état.
Dans les Indes occidentales , la perte d'un de leurs éta- Rodney blissements les plus riches punit cruellement le&HoUan- utUement dois de leur perfidie ; l'amiral £o<hiey, qui depuis la fin ^^ ^^' de l'année précédente étoit parti de New-York, et ooncer- ^SaCit-^ toit ses opérations avec le général Vaughan, avoit d^a ^^j^^^^' tenté inutilement de reprendre Tile de Saint- Vincent, u s'em-
agâ HISTOIRE D^ANaLETERRE.
pare de qu^od il apprit la rupture avec la Hollande t-il ^ porta '^^Tch^e"' »**s§itèt sur Saint-ËustaohÉ, lie de peu détendue, ipai» d^un aboni difficile et dangereux. La population ^ comr posée d^hommes de presque toutes les natk>Hs comBierT faates, étoit peu propre à se défendre ; aussi la consterr nation répandue par une attaque soudaine fut^ grande , qu'elle ne songea pas même à résister, et que le gouverr neur, M. de Oraaf , signa sans hésiter la capitulation de rtle et de Sjcs dépendances, les iles de Saint-Martin et de Saba. Le vakiqueur trouva dans Saint^Ëustocfae dHmr menses richesses; mais A fîit virement tddigné en découvrant qu une grande partie des mar^andises appartenoit à des sujets de l'Angleterre* Dans Fidée que ces marchandise^ avoient été destinées à lennemi, Bodney rejeta avec dédain les réclamations des négociants de Saint4]ihristophe, la plus voisine des îles angloises, et celles de M. Glanville, leursolliciteur-général. Cette mer sure rigoureuse a été taxée depuis d'injtkstice, et elle est devenue par la suite la source de bien des proeès ( i ). Outre les richesses safsies à terre, et qui furent évaluées à quatre niillions sterling, on prit dans le port une frégate de trente-six canons, cinq autres bâtiments de guerre de moindre rang, et cent cinquante vaisseaux marchands ;. on 'fit poursuivre, on atteignit et Ton ramena une flotte de trente voiles, partie depuis peu, et escortée par un bâtiment de soixante -quatre; et, en laissant le pavillon hoUandois flotter sur Tîle pendant quelque temps , on s -empara de plusieurs vaisseaux tant françois et américains que hollandoisf, qui eurent Fimprudence de venir mouiller dans le port. Cependant la Grande-Bretagne ne jouit pas de tous les fruits de s^
(l) Remembrancer) vpl. i^, p. 2r)3, 3j7, 34^.
eonquét€ : Rodney fut obligé de se défaire dès niArdbiaadisQS qu'il avoit saisies, et, malgré ses précautions, les •sujets des puissances neutres qui les achetèrent les re- ^vendirent aux Américains à plus bas prix qu'ils n^auroient pu le faire autrement. Peu après le commodore Hôtham partit pour TEurope escortant un convoi chargé des trésors de Saint-Eiistache ; mais une eséadre françoise j sous les ordres de La Motte Piquet , le rencontra ^ mai, et lui prit vingt-cinq bâtiments. Ainsi les richesses de eette ile continuèrent à enrichir lennemi; Tlle elle-même, vers la fin delà même année, fut Hvrée honteu- a6 dov, «ement aux François par le colonel Cockburn.
La perte de Saint-Eustache ne fut pas le seul malheur Jf"s« ^^ qui frappa les HoUandois dans les Indes occidentales, etd'isse- Des corsaires anglois, appartenant pour la plupart à ^1"^**^*, des armateurs de Bristol, osèrent pénétrer dans les ri* vièrei de Demerary et d-Issequibo, et s'y emparèrent, jusque sous le canon des forts, de plusieurs vaisseaux Fichement chargés. Les colons épouvantés se r^actirent avec l'île de Berbice au gouverneur de la Barbade, demandant seulement qu'on leur accordât les mêmes conditions qu'aux haUtants de Saint-EusCache ; mais on les traita avec beaucoup moins de rigueur.
A-peu-près dans le même temps,, les amiraux de Suf- ^^ "*"♦ fren et de Grasse mirent à la voile du port de Brest çois reavec vingt*cînq vaisseanx de hgne et un de cinquante ^^^J^^^ canons ; ils avoient à bord six mille hommes de débar- renforts, quement, et escortoient une flotte de trois cents bâtiments de commerce. Vingt de ces vaisseaux de ligne, et celui de cinquante canons, cinglèrent vers le Fort- Royal de la Martinique^ où leur jonction avec le reste des foFces qui se troi(voient clans ces parages devoit donncf
%^6 ' HISTOIBE o'ANeL&TERRE.
99s»vr<l- iui6.sii{ià*torilé décidée aux François. Rddney, pour m^rf^par. iûtercepter cet araaemeiit, envoya les deut amiraux tieL Samuel Hood et Drake croiser devait le Fott-^Réyai avoe dix-sept i>âttments de hailt-bord. Leé deux flottes s.'éta&t rencontrées, T^stioa s engagea; in«s les François, malgré leur grande supériorité mimérique, car ils venoient de recevoir encore ^n ren&rt de trdis vaisseaux, se tinrent si Soignés, que la canonnade ne produieil presque aucun effet : seulement quelques bâftîaients anglois^^ ayant voulu s'approdber de plus près, furesl assee grièvement endommagés. Eh résultat cependant le combat fut sans importance et la victoire ittdiâeiae.
i^s Fran- j^g Smselj, qui avoît souffert le plus dans cet iBà^a* pRrentde gem^t, étant arrivé à SaintrEustache, Roduey le it Tabaço. réparer à la hâte, et se rendit ensuite sans dékd à la
lo mai. *
Barbade. Les Françoisi, qui avoient échoué à Taltafipte de Sainie-^Lucie^ vénôient de se porter «ur Tabago*
39 mai. L'amiral anglois s'avança dans l'intention de leur faire abandonner leur projet , et pai»i4 à la vue «le leur âotle avec toutes ses forces réunie»; mais, quoiqu'il eût l'avanta^ du vent, et que l'ennemi se BSKHitrât déterminé à ne pas éviter le combat, il crut de k prud^ice de ne pas engager une action où il pouvait Jbeaueoup perdre, et ^ù î\ avoit peu de cbanoeis de succès. L'fle ' '^ fut vaillammetit défendfue, et le marquis *de Bouille ne parvint à s'en rosdre maître qu'en brûlant impitoyablement'quatre >plantations chaque .jour pour contraindre }e gouverneur à capituler. La prise de Tabago «fut la dernière opération mihtaire de cette année dans les Indes occidentales. De Grasse, après avoir renforcé sa
5 ao&t. floile4e cinq vaisseaux de li^e, se porta dans la baie
de Gfaesapesk » et Bodney revint en £ur6pé pour y véftar bltr sa sahté, kdsiaiii le commftiEnleinent de la flcme h sir Samnd H&od. ' ^ .
Depuis la fin^de la derDÎère icampagûe dsns leë Oro^ Affaire^! linesi il s'éteit pasïé «n Amérîqiie ^s évén«ttient» de ^ue,*^*' la pltts hante importance. L'esprit de défection , coliteAtEi depuis la victoire de Camden, Se ramima à là^^ffyàte dé Fer^^son : cependant lord Cornwallis , ayant reçu de tg <ïec, Virginie un renfort de deux naille sir^cents hommes sonis ^^^^ les ordres du 0énéral Ijesiie, persista dans sa résolution GornwaU de pétaétrer dans la Carolm^ du nord, quoiqu'il ne fût ^çg^renpas sans inquiétude surla sûreté de la Caroline du sud. forts.
Enhardi par Tétat où se trouvait l'armée de Washing- Expédia ton, et désireux de ftire uni& diversion, favorable aux ^^l^j!\ projets de CornwâHrs, Clinton détacha le brigadier-gé- Arnold nérul Arnold, à la laête de dix-huit cents hommes , âvec ^^ ^l^^ ordre d'étabKr un poste à Portsmomh, sur la rivièi^e d'ÉUsabéthi et de faire une irruption en Virgiuie. Il vouloit-, par oetnoyen , solder les dispositions des hafbi- ^4 dëp, tanls, et protéger la retrsdte de <;!ôrnvrallis danfS le casi ùù les eirconstances fôi*cei^en^ cet x)fficiéf à ee pa(r«i. Il recommanda pareiHement à Arnold d'enlever les ttiajgaiÂus de l'ennemi , s'il le pouVûh sans ieourir trop de risque, et de se coticHier lès Américains plrr dés pi^odiàpiatious libérales. Les Ketitenaïits-^ colonels iDundës et 3imcoe furent de cette expédition ; Aruold , à qui Clint<]^n en avôit fait le plus .graïid éloge, devoit les coUStikêr dans touâ les ca^ importants : cette précaution étdit louable ; ifiais la Buite des événements fit voir qu'elle v étoit inutile. En même temps oï^ instruisit lord Cornwallis de la destiuMiôU de 6et armement, et on Ini 4onQa le pouvoir d'ep é&ti^ey h son gré les opérations. Lç
âoo HISTOIRE D'ANGtITERRE.
3o déc. brave général Arnold arriva avec un millier d^hommes dans la rade de Hampton , remonta la rivière James , et, dans Fespace de quelques jours, détruisit une impor^ tante fonderie de canons avec une gp^ande quantité de munitions de toute espèce, s'empara de plusieurs vaisseaux richement chargés sur les rivières de James et d'Appomatox, et réussit à s'établir à Portsmouth. f *' jaQT. Le général eu chef avoit eu connpissance , par les d& Mocon- P^'^®^ ^^'^' avoit saisies, des mécontentements deTartente- mée américaine , et en ce moment ces* mécontentements '^Wmée^ étoient au comble. Les troupes, manquant à-la-fbis de ^luéri- solde, de vêtements et de ncrtirriture, murmuroient ' . hautement ; elles sembloient n'attendre qu'une occasion favorable pour se révolter, et le congrès étoit hors d'état de faire droit à leurs plaintes. L^enrôlement de plusieurs corps expirant à la fin de l'année, tout le 'contingent de ' Pepsylvanie profita de cette circonstance , renvoya ses pfiBciers , s'empara de six pièces de campagne , et déclara . sa résolution d'aller à Philadelphie demander satis&ction au oongrès. Clinton, espérant retirer quelque fruit de cette révolte, fit offrir aux soldats la protection et le .pardon de l'Angleterre, et un prompt remboursement de tout ce qui leur étoit dû, s'ils vouloient seulement se fioumettre au gouvernement anglois , leur laissant d'ailleurs le choix de rentrer dans leurs foyers, ou de servir comme volontaires dans l'armée royale. Mais, au liea de prêter l'oreille à ces promesses , les révoltés livrèrent les émissaires anglois au général Wayne , leur comman- , dant ; et le congrès leur ayant envoyé des commissaires , ils firent un arrangement, et la moitié d'entre eux reprit du service. Ainsi ce grand événement n'eut d'autre effet |5 jaiiv. q^e de faciliter les opérations d'Arnold, en empêchant
cîIro'hgës lit. Soi
Washingtoa de faire marcher des troupes contre lui.
Tel fut le résultat des opérations entreprises podr fa- Force ei Yoriser l'expédition de Goi*n^allis: Quand ce général respecX ouvrit la campagne, il avoit sou» son Commandement à ▼es des Wynnesbproiigh, et dans les places voisines, cinq mille je CorL six cents hpmmes de troupes réglées et de nombrenses Y*"**»*' milices; dans le même temps le général Greeùe, campé de dans le voisinage de HickVCreek, sûr la rive orientale ^''«®*>^de la Pedie, n'avoit avec lui qu'uâ cOrps de deux milkr trois ceiH sept hommes, encore étoit-il composé en très grande partie de miliciens.
Le général Greene détâcfba Morgan , è la tête de citiq Tarfeton cent quaraûte hommes^ avec ordre de se pointer sur les "« î^»"» frontières occidentales de la Caroline du sud, et de Ine- cowpefit. nacer le poste important de Ninety-Six , pendant que lui- Inême, avec le reste de ses troupes, il tiaidroitle paysr en alarmes aux environs de Camdéu. Cornwallis, avaàt d^nvahir la Caroline du nord , envoya le colonel Tarie» ton avec un mijlier d'hommes contre Morgan, et s^ap- 17 janr. procha pour le soutenir de Turkey-Creek , mais il ne put lui donner du secours à propos* Tarleton, apl:*ès*une marche fatigante, joignit Fennemi en un lieu appelé Co wpens ; des deux côtés les forcés étoient égales , Morgan ayant reçu des renforts; seulement les Américains ayoient un peu mt>ins de cavalerie. Tarleton commença Tattaque avec son impétuosité ordinaire, et enfonça là première et la seconde ligne de Morgan : déjà ilse croyoit tiiattre de la victoire ; mais, un malentendu ayant empe^ elle la cavalerie de charger au moment où elle auroit pu compléter la déroute des Américains', ceux-ci devinrent à leur tour les assaillants et se précipitèrent sur Tinfantevie harassée , que la eavalerie'nè soutint pas. La tei^
3o2 HISTOIRE d'aNGLETJERRK.
reur se répandit aussitôt de tous côtés; lai légion 4^ ca-^ v^l^ri^ prit la fuite malgré les ordres réitérés de son commandant:, et le^ fanta^^ps , au nofpbre de sept cent», hon^mes^ furent tué^ou faits pr^sopoier^. Tarl^ton^avec quatorze officiers , et unç qiJ!tmi^^4;itainQ de spldats 4ù di:is^ptième régiment de dragons, se fit j;ûur à travers les ennemjs, et rcjo^nit Cori^Y'^^Us. C^tte, v^ctcnre importante et inatf endi^ fut ^us^i g^orî^use pow 1^< Aiog^éri- Cfiin^ qn^flig^Mite pqpr larniée anglpiçç, qaiM une: perte irréparable d^ins celle d'un si gro,s dçlt^^h^nent de troupes de ligne.
59 janv. CornwalUs , malgré M perte sensible aue yenoit de lui tu ae met ta»r^ eprouver ç^xte déiaite, persista dans ^^ résolution a la poui:. ^'ç^yabir la Caroline du nord. Animé par respé];ance de
Mor(Tan. reprendre le^ prisonuiers de Mqrgan , il se porta rapidement $nr la C£|tawbs^, p'ayant cqnseryé que le bagage' indispensable, afin de i^'etre pas ^xnb^i^r^ssé 4^n^ sa marche. ]1 atteignit.les l^f*ds de la riyi^^^e deux^faeures^ aprèç le passage des Américains; mais d^ns cet intervç^He el|e ^ etoit gqnliée sub^|einent , ^.t ^ n os^ «e hasarder à 1^ passer. J\Iorg^n, profitant de la circonstance,^ dirigea ses prisonniers çur la Virginie , et rassembla des* milices paur disputef" ^ux j^glois }e pasisag^ de la CataAvha. Le général Greeqe arriva alors 9u camp. U ayoit
^1 janv. fait en tqi|t^ diligepee ce|ït soixante milles à cheval, ei son arn^ée venqit % marchés forcées derrière lui. Les
n passe ea.n% étant dit^inuées» lord'Çornwalli^ lie craignit pas
€. t' ^ b ^^ P?^^^^ 1^ rivijBre , qiioiqu -ellfi n'eût p^ moifx^ de cin<|
:x fcv. eei^ts verges de largeur en cet end^^h, et que les en^e-
inis b(^dasse^t la rivp opposée ; fit il u éprouva d'^nt^e
perte que çeïlç de quatre hommes tués ^ t de trçnlie-sijt
bl^s^és. Aussitôt il envoya le colonel Tarleto» à la pour*-
M0RGE8 III. 2^
suite de la milice; oec officier , avec la cavalerie qu*il commandoit, mit en déroute cinq cents hommes à Tar* rant's-Tavem, réparant en partie par celte victoire le déshonneur de la défaite de Cowpens, mais sans rega«^ gner toutefois les avantages inapppédables qu'oa avoit perdug.
L'aimée angloise^ toujours à la pwrsuite de ren«Mii| il se por^ se peicta ra^demeivl de laCatawba sur le YadkÎB, après Ytâkiiî^ une marche ou pluiôt une course de trente-huit milles^ par des chemins impraticables et entrecoupés de raisseaux débordés, qu'une pluie continuelle groasissoit à chaque instant davantage. Au milieu de ces fatigues , elle supportoit avec un courage admirable les plus cruelles privatiiMia; cependant les fugitifs lui écbap pèrent encore par un hasard presque miraculeux , les eaux du Yadkin s'élant enflées soudainement après leur passage, et ayant ainsi favorisé leur retraite.
Quoique contraint , pour passer ceUe rivière , de fiiire ^< P^«s« uo pircuit de cinquante milles , et que les deux divisions rivière, de rarmée américaine eussent effectué leur jonction , le commandant anglois espéroit encoivcouper Qreene de la Virginie. Mais il fut trompé par des rapports qui Inl assuroient quQ le Dan n'étoit pas guéable dans les par* ties basses y et après la plus vigoureuse -poursHke, il vit Lenneavec douleur que le fruit de tant d'efforts et de souf- "1^^ en^ frances étoit perdu, et que reonemi avoit assuré soq Virgioie. passage sans obstacle. Cette retraite fit beaucoup d'hon- Beur à l'activité, à la prudence, et à^rhabileté de Greene.r
GbliQ/è de renoncer ainsi au but qull s'étoit flatté d at* Oomwdl. teindre, brd GorawiiUis revint à petites journées preu*^ Hs arbora dre poste à Hillsborough. Il y arbora Tétendard royal y dard et invita^ par une proclamation énergique, tous les sujets ^^^^^ ^
3a4 HISTOIRE d'à NGlftl' ERRE.'
iVillhho* fidèles de' stf majesté à se rendre en armes sous ses
'^^^ '• drapeaax , avec des provisioûs pour dix jours ( i ). Quoi-
qne ladomioation desr insargés eût rendu les royalistes
plus timideset eût beaucoup diarinuéleurnombre, legé-
lierai Greene' repassa le Dan p<>ufr contenii^ les fafabitants
de la province, et dépécha en toute hâte le (ieutieoant^
cojondi Leie^, peur empêcher qm le c(JoneI Pyle, qui
avoît rassemblé un corps d'eBvk'oA trois cents Volon-^
]i4 fév. taires , île se joig^<»[t au colonel Tarleton , qui nuarchoit à
Massacre g^^ reiicontre avec de la cavalerie y et une petite troupe
corps d« d'infanterie. Les royalistesv prenant la détachement amé-
^^tesT^ ricain pour un corps ami, se laissèrent envelopper; mais^*
quand Ms eurent reconnu leur erreur, ils demandèrent
vainement qu'on leur laissât la vie sauve , ik furent totis
inhumainement mas^icréSr
Cornwal- Dq)uis que les drapeaux américains avaient ^pani
lis bat en jgjjg ja Caroline du nord, Tarniée ansloise n» recevoit
retraite. . - » u
plus desnhsistandè ; comme elle se voyoit d ailleurs hors d'état de s'en procurer dans le pays épuisé qu'elle ocetfpoit , lord GornwaHîs jugea à propos de prendre une nouvelle position, et alla se poster auprès d'Alkmaance* Creek, entre les rivières du- UaW et du De^.^ Quoique réclamée par une impérieuse nécessité,- cette mesure fut vivement censurée; le terme fixé par la prck^lama^ fton n'étoit pas encore e:iEpiré, et les royalistes les plus zélés avoient cruellement été punis pour avoir décoré trop tèt leurs sentiments ; aussi dès ce moment les partisans des Anglois montrèrent-ils de la répugnance à Venir se joindre à l'armée royale. Depuis que lord Cornwallis avoit commencé sa retraite , les Américains se te^
(i) Plusieurs royalistes joj(>nirent Tarmée angloise sur ces entrefeitçs; mais^, après avoir vu son état ^e ilétressi*, ils se rtîtîirèrenr.-
GEORGES III. 3q5
;, noient assidûment sur s'es derrières, attendant une oc* ^ casion favorable dagir; cependant ce général tenta ^ inutilement de les attirer dans la plaine : Greene , malgré la supériorité numérique de ses troupes, ne voulut pas I hfisarder une bataille avant d'avoir reçu tous ses ren* I forts.
Tous les renforts qu'il attendoit étant enfin arrivés, l^ ""!''•
, . . ^ . . , , Bataille
^ Greene choisit une position avantageuse auprès de.deGuild- Guildfbrd-Court'House, et présenta la bataille. Le gêné- ^^^' rai anglois, avec une troupe réduite à moins de deux mille hommes, marcha sans balancer contre Tcnnemi, qui comptoit cinq mille combattants. L'action se pro« longea long-temps avec un acharnement égal des deux côtés: cependant, après avoir éprouvé une résistance opiniâtre et terrible, les Anglois restèrent à la fin maîtres du champ de bataille; mais ils payèrent bien chèrement la victoire, ayant eu cinq cent trente-deux hommes, au nombre desquels se trouvoient des officiers très-distingués, tués, blessés ou égarés. Ce n'étoic pas là le terme de leurs maux : épuisés par les fatigues d'une longue marche, et sans aucune tente pour s'abriter, ils avoient encore à lutter contre la faim; et ils étoient si dépourvus de provisions de toute espèce, que, le lendemain de la bataillci^ on réduisit leur ration à un quart de farine et autant de bœuf salé. La nuit qui suivit cette journée sanglante offrit sur-tout un spectacle horrible et lamentable; les troupes harassées et affamées ne pouvoient prendre du repos; la pluie tomboit sur elles par torrents , et le vent méloit ses sifiBeihents aux cris et aux gémissements des blessés.
Le général Greene battit en retraite après la bataille, et alla prendre poste sur le Troublesôme-Creek ; lord
ao. 20
' 3o6 HISTOIRE D'ANGLETERRE.
Gornwallis, hors d'état de poursuivre ses avantages , marcha à petites journées sur le Cross-Creek, abandonnant soixante-dix de ses blessés à rhumanité de l'ennemi. Avant son départ , il publia une proclamation otl il donnoit le détail de sa victoire, exhortoit tous les sujets fidèles de sa majesté à reconnoitre le gouvernement anglois, et promettoit sa protection à tous ceux qui ^ rentreroient dans le devoir. Mais, loin de pouvoir don- Gornwal- ner aux autres quelque assistance, il avoit beaucoup dé sa'retraU pciue à procurcr le nécessaire à son armée, épuisée par te sur les fatigues d'une marche de 600 milles , dans un pays toa. coupe de profondes nvieres et d un nombre presque infini de ruisseaux , où elle n'avoit eu ni tentes pour >e mettre à l'abri, et souvent même ni aliments pour se nourrir. Se voyant donc obligé de prendre le parti de la 7 avril, retraite, le général anglois aima mieux se diriger sur Wilmington, qui étoit un port de mrer, que sur Camden, où lord Rawdon étoit déjà menacé d'une attaque. Il enYahit Après avoir suivi quelque temps l'armée angloise nie. dans sa retraite, le général Greene se porta sur Camden. Gornwallis, ne sachant trop quel parti prendre dans la position difficile où il se trouvoit, et n'ayant plus que mille quatre cent trente-neuf hommes, profita de 39 avril, l'éloignement de l'ennemi pour se diriger vers la Virginie, à travers la Caroline du nord.
Lord Lord Rawdon, n'ayant pas été informé de l'approche baU^ n^ de l'ennemi , n'avoit à Camden que huit cents hommes nemi à et upc petite quantité de provisions , quand le général *^Hiïï. *^ t^reene vint camper, avec plus de deux mille hommes, à HobUirk's-Hill ; il n'hésita pas cependant à l'attaquer ; et, après une action très meurtrière, les Américains prirent la fuite, laissant sur le champ de bataille cinq
a 5 avril.
cents hommes morts ou blessés. Mais les Anglois éprouvèrent en proportion une perte encore plus considérable, ayant eu deux cent cinquante-huit hommes hors de combat. Cette attaque fut conduite cependant avec autant de jugement que de bravoure ; car^ si lord Bawdon se fût tenu dans Camden, il lui eût été impossible de le défendre long-temps contre un ennemi si supérieur en nombre , et pourvu d*une redoutable artillerie. Dans laCarohne du sud, Fesprit de mécontentement. /<î*»^»'^.
^ * 'des parti-
que les partisans Sumpter et Manon n avoient cessé de sans améfomenter, s^accrut encore quand on vit reparoitre lar- *'*^**"*mée de Greene. Soutenus par le colonel Lee, que ce gé- a3 aTril. néral avoit envoyé pour concourir à une entreprise qu'ils méditoient, ces partisans , sans employer d artillerie et sans ouvrir de tranchées, réussirent à s'emparer du fort Wàtson; et cela, en élevant un ouvrage qui le dominoit, et d*où des tireurs habiles, armés de carabines rayées , tuoient tous les ennemis qui se présentoient sur les remparts. Ils tentèrent ensuite, mais vainement, de prévenir la jonction de lord Bawdon et du colonel Watson : les soldats qu'amena ce colonel remplacèrent, 7 mai. dans les rangs de la petite armée angloise, les braves qu'on avoit perdus à Hobkirk's-Hill.
Le général Greene, ayant eu nouvelle de cette jonc- Camden tion, se retira du poste qu'il occupoit , pour ne point ^*cué.*" être forcé à accepter le combat. Lord Rawdon évacua Camden , après avoir détruit les munitions dont il ju- ^^ ^^i geoit le transport impossible, et alla s'établira Monk'sir Corner, afin de couvrir Charles-Town , qui n'étoit pas encore dans un état de défense satisfaisant , attendu que lord Corn wallis avoit fait détruire avant son départ quelques uns des anciens ouvrages de la place, et que les
3o8 HISTOIRE D'ANGLETERRE.
nouveaux netoient pas entièrement achevés. A peu L'enne- P^ès dans le même temps, Lee et Manon s'emparèrent mi s*em- Jq fQpj Motte SUT la Cougarie , Orangebourg se rendit à plusieurs Sûmpter, et Lee réduisit le fort Granby. s ^° suc- Satisfait des succès qu'il avoit eus dans les parties ces en nofd et nord-est de la Caroline du sud, Greene porta ses Géorgie. ^^^^ ^^^ j^ frontière occidentale de cette province et 5 juin, sur la Géorgie. Godolphin , sur les rives de la Savannah, se rendit bientôt après , et Augusta ouvrit ses portes , auprès avoir vu répéter devant ses murs la même manœuvre qui avoit déjà réussi contre le fort Watson. ai mai. Cependant le général Greene vint mettre le siège de* ^ricains' ^^°* Ninety-Six où commandoit le colonel Cruger, qui sont re- n'avoit pu rccevoir les dépêches de Raw4on9 et n'avoit devant ®^ aucuue counoissancc des derniers événements* Ce Ninety- village , dans un état incomplet de défense , ne comptoit pour garnison que cinq cent cinquante provinciaux; mais leur vaillant et habile commandant sut rendre inutiles tous les efforts des assaillants. Il ruina, dans uneaortie vigoureuse, tous les ouvrages qu'ils avoient déjà construits , et ensuite, par des attaques soutenues, les força d'interrompre de nouveaux ouvrages qu'ils combiençoient à élever plus loin. Cette défense périlleuse duroit ainsi depuis trois semaines, quand la garnison se trouva réduite à la plus cruelle extrémité par le manque d'eau. Dans cette conjoncture critique, le courage des assiégés fut ranimé tout-à-coup par la. nouvelle que leur donna nn intrépide royaliste, de l'arrivée de lord Rawdon, qui venoit en toute hâte pour les délivrer. De son côté s le général Greene, instruit également de la marche des Anglois , fit un dernier effort pour emporter la place
d'assaut; maison ayant pu y réussir, il se retira au-delà de la Saluda, faisant assez de diligence pour n'être pas poursuivi.
Cependant lord Rawdon n'avoit pas Tintention d'oc- Suspcneuper plus long- temps Ninety-Six; il vouloit seulement "p^ra" soustraire ies royalistes à la vengeance inhumaine et *»o««<^« implacable des Américains. Obligé de diviser son armée g^e. " en plusieurs corps pour escorter ces malheureux jusqu'à Gharlestown , il se vit inquiété par Greene, qui ne craignoit pas de se porter contre des forces ainsi dissépiinées. Mais la saison amena bientôt dé part et d'autre une suspension d'hostilités. Greene fut rejoint par les détachements de Lee, de Sumpter et de Manon, et posa son camp sur les hauteurs qui avoisinent la Santie : lord Bav^don se retira à Qrangebourg, d'où il passa peu après en Angleter^re pour rétablir sa santé.
Durant le cours des derniers désastres, le méconten- Exec»tement des Américains s'étoit porté à un plus haut point coloner que jamais. De prétendus royalistes qui avoient joint les Haynes. drapeaux de l'armée royale trahissoient en grand nom* bre leurs serments , et passoient dans les rangs de l'en- Demi. Lord Ravedon résolut de faire un exemple capable d'intimider les traitres et d'arrêter la défection. Il fit traduire à Gbarlestown , devant une cour d'enquête , le colonel Isaac Haynes, qui a voit prêté serment à son admission dans les rangs de l'armée angloise, et qu'on avoit pris les armes à la main, combattant pour la cause du congrès* Isaac fut condamné à mort comme traître. 4 a»^** Li'exéculion de cette sentence donna lieu à une proclâ- agaoùt. mation menaçante du général Greene, et à un grand nombre de discussions publiques en Angleterre ; mai&
3io HiSTOiRB. d'Angleterre.
l'on ne trouve rien dans la conduite de Bawdon qni ne
puisse être complètement justifié (i).
dïuuw- Après le départ de lord Rawdon, le colonel Stewart
Springs. prit le commandement en chef de larmée. Greene , par son habileté, son courage et ^ persévérance, avoit déjà exécuté ce qu'il regardoit comme Fobjet le plus important de la campagne, ayant recouvré les parties prin-> cipales de la Caroline du sud , et resserré les Anglois dans le territoire borné par les trois grandes rivières,
23 août, j^ Santie, la Gongarie et TEdisto ; renforcé par un corps considérable de milices et d'autres troupes, il marcha, dès que la température fut devenue moins brûlante,
8 iept. pour attaquer Farmée angloise, qui se retiroit de la Waterie sur FEutaw. Deux déserteurs vinrent porter la nouvelle de son approche au camp des Anglois; mais le colonel Stewart refusa d'ajouter foi à ce rapport, et .envoya sur la route même par laquelle s'avançoient les Américains quatre cents fourrageurs sans armes. Presque tous ces fourrageurs furent pris, et ceux qui s'échappèrent arrivèrent poursuivis par l'ennemi , et semant Falarme et l'épouvante dans les rangs de Farmée angloise. Cependant bientôt après s'engagea une action des plus meurtrières et des plus terribles; l'artillerie fut prise et reprise plusieurs fois; l'acharnement fut extrême, le carnage effroyable, et<lepart et d'autre on ne perdit pas moins de sept cents hommes, tant tués que blessés ou prisonniers. Les deux armées revendiquèrent la victoire. Les Anglois, ayant passé la nuit et le jour suivant sur le champ de bataille , se. re^ tirèrent à Monk's-Gorner, et de là ensuite, à Charles*»
(i) V<»yex les pièces relatives à cette affaire, R^membrancer, toL i3> p. 121.
CEOROES IIK ^ ill
town-Neck, pendant que le général Greene, trop foible pour attaquer cette ville, reprenoit ses premières positions sur les hauteurs voisines de la Santie. Ainsi se termina cette campagne si active de la Caroline du sud(i).
Pendant que les événements se suceédoient dans les Expëdi- Carolines , letat de ses forces ne permettoit à Clinton de ennemis tenter aucune entreprise éloignée; et même^ dès le ^^^^'^ commencement de Tannée, il avoit eu beaucoup à crain- mouih. dre pour le salut de New-York. Depuis lé jour où les ^^^ J'*"^* Anglois avoient perdu, dans une tempête, le bâtiment de guerre le Culloden, où VAmérUiue s'étoit séparée de la flotte, où le Bedjbrd avoit été désemparé, Tamiral françois se trouvoit le maître de la mer, ses vaisseaux n'ayant pas souffert de Forage; il bloquoit la rade de Portsmouth en Virginie, lorsque le général Washington, animé par le désir et l'espérance de s'emparer d'une place où Arnold s'étoit établi, lui envoya le général La ' Fayette , avec un nombreux détachement , pour pousser le siège avec vigueur. Mais la lenteur et l'incapacité, tant du général que de l'amiral françois, firent échouer les projets de Washington; et les Anglois reprirent l'offensive à l'arrivée d'un renfort de deux mille hommes que Phillips amenoit de New-York. Ce général, ayant achevé les fortifications de Portsmouth, ravagea le pays et dé- Lece^uétruisit une grande quantité de provisions , sans éprouver rai Philaucune perte, et presque sans être inquiété par l'en- y^^J\^ nemi. Après avoir rempli avec succès l'objet de son ex- Virginie.
(i) L'année d'après, en tëmoigna£;e de sa reconnoissance pour les services qu'il avoit rendus, la législature de la province fit présent au général Greene d'un domaine estimé dix mille guinées. F'oyez Remembrancer, <vol. 14) p* i4^*
3na HISTOIBE D'ANGLETERRE.
pédition , et laissé une garnisoa dans le petit fort de Mill-Point, Phillips se préparoit à retourner à New- York, conformément à ses premières instructions, quand il reçut des nouvelles.de la marche de Cornwal- 7 mai. lis , qui demandoit qu'on s'avançât jusqu'à Petersburgh pour le joindre. Il changea alors de résolutk>a et se di- 9 mai. rigea, sans perdre de temps, à la rencontre de ce général ; mais une fiévxe ms^igne le contraignit hientèt de s'ar^ réter, et l'emporta au bout de quelques jours. Arnold reprit le commandement en chef, et les deux troupes Jonrjdon effectuèrent leur jonction à Petersburgh, où Corav^rallis des trou- étoit arrivé, malgré quelques petites difficultés, avec
pe« de . , .11
Cornwal- scizc couts hoBunesct quatre pièces de GaD€>n. lis et de £)ajjs cet intervalle, le général en chef, ignorant le d'Arnold, mouvement de Cornwallis, avoit envoyé un renfort considérable à l'armée de Virginie, pour faciliter sa retraite sur Mevsr-York, où il avoit l'intention de l'employer à la défense de la ville, qu^il croyoit menacée d'iuie attaque. Ses projets ultérieurs, dans le cas où la ville ne seroit pas attaquée, étoi&at de remonter aussi haut qu'il lui seroit possible la Ghesapeak, et, par une opération concertée avec le général Haldin^and , qui commandoit dans le Canada, de séparer en deux les colonies, d'envelopper leurs armées, et de porterie mvage dans l'une ou l'autre partie , seloà que le demanderoient les circonstances. Mais lord Gornwallis, qui n'étoit pas instruit des projets que Clinton méditoit, s'étoit mis à la poursuite de La Fayette, et, après avoir passé la rivière de James, avoit détaché deux corps de troupes, sous les colonels Tarleton et Simcoe, avec ordre de détruire, sur leur route , les magasins et les provisions de l'ennemi. La Fayette, à qui il ne restoit d^auti^e ressource pour
GEORGES fll.^ 3l3
s'échapper que de joindre le général Wayne qui s^avan- Retraite çoit à sa rencontre avec un corps de troupes du Mary- tée de Laland, usa de tant de diligence dans sa retraite, qu'on Faye^^ç* n'espéra Inentôt plus pouvoir l'atteindre. Mais, d'un autre côté, les expéditions de Tarleton et de Simcoe réus- Succès da
if » 1 . 1 . I colonel
sirent aussi complètement qu oti le pouvoit désirer: le Tarleton, premier, avec sùa courage et son activité ordinaires, se porta rapidement sur Gharlotteville, dispersa l'assemblée générale de la province, et arrêta un grand nombre de députés, entre lesquels se trouvoit un membre du congrès; peu s'en fallut même que M. Jefferson, président de la province, ne tombât entre ses mains : il détruisit, soit durant sa marche, soit après son arrivée dans la ville, plusieurs fourgons chargés d'habillements et de vivres, un millier de ftisils, quatre cents barils de poudre à canon, et une quantité considérable de tabac et d'objets d'équipement.
Le colonel Simcoene fut pas tnotns heureux: Fennemi, «^ du cocommandé par le baron de Stuben, s'étoit retiré derrière simcoe. la Pluvanna. Simcoe , en jetant adroitement l'alarme dans soa camp, lai fit abandonner ses magasins, et envoya, pour les détruire, un petit corps de soldats, sous les ordres des officiers Stevenscm et Wolsey; ce détachement passa lé rivière en canot, et s'acquitta de cette compnissioB sans obstacle.
Dans sa marche victorieuse contre La Fayette, l'armée Constcranglbise avoit fait éprouver à l'ennemi des pertes im- j"/^^^*^menées en provisions de toute espèce, et laissé sur son ricaius. passage une longue trace de dévastation et de ruines. En ce moment la détresse des Américains étoit extrême ; toutes leurs entreprises languissoient par le défaut d'enthousiasme et de confiance, leur papîer-monnoie
3l4 HISTOIRE D^ÀNGLETERRE.
étoit si déprécié que personne ne vouloit plus le recevoir, et cependant la désolation de la Virginie , province que la guerre avoit épargnée jusqu'alors , mettoit le comble au désespoir universel. Des dépêches interceptées apprirent que le congrès sentoit toute son impuissance de .soutenir encore long-temps les hostilités ; et les prisonniers ne taisoient point que lopinion générale étoit que, si TAngleterre pouvoit empêcher jusqu'à la fin de
* Tautomne la flotte et Tarmée françoises de coopérer avec
les Américains, le congrès et le peuple abandonneroient Talliance des François, et s'uniroient par des liens indissolubles et sincères avec la mère-patrie (i). Dans cet état de choses, les armées britanniques n'avoient pas besoin de former de nouvelles tentatives : en se tenant avec soin sur la défensive, et ne laissant remporter par Tennemi aucun avantage considérable, elles auroient j . !e réduire au désespoir, et lui faire abandonner une entreprise qui n'auroit plus offert aucune chance de succès.
L'ennemi Les généraux françois et américains aentoient vive-
^dessein ™®^* combicu il Icur étoit nécessaire de tenter quelque d'atta- expédition éclatante pour ranimer un peu le courage de
^"yoijT'^" ^®^^ parti; aussi à l'arrivée de M. de Barras, qui avoit amené une escadre, le général Washington, dans une
21 mai. entrevue qu'il eut avec cet ofBcier et Bochambeau, proposa de diriger une attaque sur New-Tork : il pensoit que cette entreprise étoit la seule qui méritât de les occuper, n'ayant pas encore eu connoissance des progrès de Cornwallis en Virginie.
Un courrier, intercepté dans le Jersey, appritàClintou
(i) Tarleton's Gampaigns, p. 297.
GEORGES III. 3l5
les desseins formés par rennèmi : ce général fit partir Jmn. immédiatement des dépêches pour hâter le retour des rappeire détachements de Virginie; il n'enjoignit pas cependant «es .t>oaà Gomwallis de les renvoyer sur-le-champ , s'il étoit en- ^irgini», gagé dans quelque mouvement qui les lui rendit nécessaires, ou si y de concert avec les royalistes, il vouloit tenter de faire une diversion puissante par une expédition dans les parties hautes de la Ghesapeak, et sur les bords de la Susquehanna. Mais Comwallis, à qui ce dernier plan ne parut pas exécutable, se décida à renvoyer les troupes qu'on lui demandoit, et, en conséquence des dépêches de Clinton, repassa la rivière de 3o julo. James et se retira à Portsmouth.
Gomme les troupes angloises étoient sur le point de 6 juillet, s'embarquer, La Fayette, dont le corps venoit de se join- u* con-^ dre à celui du général Wayne, se présenta dans Tin- tre- ordre tention d'inquiéter leur arrière-garde ; mais, au lieu de walli»." rempoi^er l'avantage qu'il s'étoit promis, il fut attaqué lui-même, et la nuit seule préserva son armée d'une ii juillet, défaite totale. L'embarquement des troupes n'avoit pu encore avoir lieu, quand on reçut de nouveUes dépêches de Glinton; le général en chef y témoignoit son mécontentement de ce qu'on avoit abandonné l'isthme de Williamsburgh , mandoit à Gornwallis de reprendre cette position, et de se fortifier à Old-Point-Comfort, le meilleur port de mer qu'il pût trouver sur toute la côte , et lelaissoit le maître d'occuperou d'évacuer York-Town, et de retenir, s'il le jugeoit à propos , les troupes qu'il lui avoit demandées auparavant.
Gornwallis, pour suivre ce qu'il pensoit être l'esprit j[g ^^ *" des instructions de Glinton , évacua Old-Point-Gomfort V^^^% ^
. 1 . York-
#t Portsmouth, où u ne croyoït pas que les vaisseaux Xown.
3l6 HISTOIAB D'ANGLETERRE.
Dm''' au fussent à Fabri d'une attaqne, et fortifia les villes de 32 août Gloucestcr et d'York-Town.
6 juillet.
L*ennemi Cependant le général Washington, ayant joint son "ncW^^ armée à la troupe que commandoit Bochambean, se
York, montra plusieurs fois en force derant WewTork , parois- ^aoûL ^^^ décidé à tenter une attaque dès que de Grasse y
pourroit coopérer. Mais, à l'arrivée de cet amiral, les
Arrivée P*^®^ ayant trouvé dangereux de passer h barre, l'at-
dtt comte tdque fut abandonnée , et Farmée combinée , après quel-
Gras^se V^^ feintes démonstrations pour cacher sa marche,
traversa rapidement le Jersey, et se porta sur Philadef-
f4lie.
3o août. Quoique Ton sût depuis long-temps que le comte de Arrivée Grasse avoit formé la résolution de se porter sur les
de stf
Samuel mers d'Amérique, on n'imaginoit pas qu'il emploieroit ^**^* à cette expédition toutes ses forces , et négligeroit de convoyer les flottes marchandes. Sir Samuel Hood ne s'avança donc à sa poursuite qu'avec quatorze bâtiments de haut4)ord; aussi, lorsqu'il eut joint ses forces à celles 3o août. ^® 1 amiral Graves, qui prit le commandement en saqualité de plus ancien, l'escadre angloise ne comptoit encore que dix -neuf vaisseaux de ligne, pendant que l'amiral françois en commandoit vingt-huit. Sur les avis qu'il feçut de La Fayette, de Grasse joignit aux troupes de ce général les forces de terre qu'il amenoit des Antilles ; il fit bloquer ensuite l'entrée de la rivière d'York par quatre vaisseaux de ligue et plusieurs frégates , et avec le reste de sa flotte jeta l'ancre dans la baie de Lynhaven.
5 sept. L'amiral Graves arriva sur ces entrefaites , et bien- Engage- tôt s'engagea une action partielle, où de part et d'autre
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on eut beaucoup à souffrir : cependant il ne se fit au- ment parcune prise; mais le bâtiment anglqis le Terrible fut ^jesdeux* tellement maltraité, que , ne pouvant plus résister à la flottes. lame , on le brûla par ordre de Famiral. Les deux flottes se tinrent encore en vue Tune de l'autre pendant quelques jours; mais les François n*osant se hasarder à une attaqué , malgré leur supériorité numérique et Tavantage du vent , Famiral anglois revint dans la baie de Chesapeak, où il trouVa le comte de Barras avec son lo août. escadre et un convoi de quatorze bâtiments chargés de grosse artillerie et de munitions de guerre. Ayant jugé la position de cette escadre inattaquable , il remit à la voile, et rentra pour se radouber à Nevtr-York.
Le général Arnold étoit revenu à New-York aussitôt Exp^diaprès l'arrivée de Gornvirallis en Virginie. CHnton, vou- ^^^^^i^ ^ lant diviser l'attention des Américains, envoya ce gé- contre néral dans le Connecticut pour attaquer Nevir-London. London.' Quoique trompé dans le rapport qu'on lui avoit fait de l'état des fortifications de cette ville, Arnold l'emporta d'assaut, ainsi qu'un fort a^elé Grisvfold; il y trouva cinquante pièces de canon et une quantité immense d'effets de guerre, et brûla douze vaisseaux dans le port: les flammes de ces vaisseaux s'étant communiquées à la ville, elle fut en grande partie consumée.
Les généraux de l'armée combinée , ne s'étant pas L'ennemi laissé divertir par cette tentative du projet d'assiéger ^Yo^Jj^* ComvsraUis , se concertèrent sur la manière dont ils Town. conduiroient l'attaque, dans un conseil de guerre tenu à bord de la Ville de Paris ^ vaisseau amiral du comte 14 sept. de Grasse. En conséquence des résolutions adoptées, les troupes furent débarquées dans le voisinage de Wil- 25 sept.
3i8 aiSTOIRK t>*A]fCL£TSltlie.
liamsburgh, où elles se joignirent à celles de La Fayette et de M. de Saint-Simon; de là elles allèrent camper devant la ville même d'York-To^rn.
18 sepû Lord Cornwallis ne chercha pas à arrêter Tennemi jiorsquil s'approchoit de la ville , quoique La Fayette, s^étant avancé seulement à la tête de deux mille hom* mes, lui eût fourni une occasion favorable de i'atta* quer. Il parolt qu'il comptoit beaucoup sur les secours '■'' de New- York, que Clinton lui avoit fait espérer pour le 5 octobre. Aussi, au grand étonnement de Washing-% ton, il se retira dans Fintérieur de la plac^ et en abandonna tous les ouvrages extérieurs. L'ennemi les occupa sans obstacle , et forma en même temps le blocus du poste de Gloucester(i).
ôetgoct. Cependant le terme étoit passé, et les secours de New- York n'arrivoient point. L'ennemi poussoit avec activité les travaux du siège, établissait de nombreuses^ batteries, et entretenoit sans relâche un feu terrible qui ruinoit les fortifications incomplètes de la ville, démontoit FartiUerie des Anglois, et leur faisoit éprou-^ ver de grandes pertes. La garnison se montroit infati-> gable, mais elle avoit particulièrement à souffrir du feu de deux redoutes élevées à 3oo verbes des rem-^ ^ 14 oct. pai'ts. Washington, pour exciter Témulation de Farmée L'ennemi alliée, avoit fait attaquer en même temps ces redoutes,
emporte * *
deuxre- Tunc par un détachement françojs , et l'autre par un
dtuwaut corpsaméricain,et ces troupes les avoient emportées
d'assaut : il étpit ensuite parvenu, à force d'industrie,
à les faire joindre avec les autres ouvrages des assié-^
. géants. Enfin les fortifications de la ville n'offrirent
(x) Voyez les lettres que Washington écriToit à ce sujet au congrès, datées du mois d'octobre.
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bientôt plus que des ruines ; et , malgré quelques sorties vigoureuses des lieutenants-colonels Lake et Aber* crombie, au moyen desquelles on réussit à retarder un peu les progrès de Tennemi , lord ComwalHs resta convaincu que la place ne pouvoit être défendue plus long-temps. Ce général forma alors le projet de s'é- Lord chapper, en transportant son armée pendant la nuit i^s^ente de Tautre côté de la rivière ; mais à peine une partie "utile, des troupes avoit débarqué, qu*unp tempête affreuse vacner* s'éleva, et rendit le passage impraticable; et ce ne fut ^^^^' qu'avec des difficultés extrêmes que les soldats déjà déposés sur Fautre rive parvinrent à regagner la place au point du jour.
f Dans cette extrémité , lord GomwaUis capitula. Il 19 oet. rendit toute son armée prisonnière de guerre au gêné- tde^*" rai Washington, commandant des forces combinées, et livra au comte de Grasse Us vaisseaux qui se trouvoient dans le port, les troupes de terre étant de cette manière déclarées prisonnières des États-Unis, et celles de mer du roi de France. La garnison obtint les mêmes conditions que Clinton avoit accordées lorsqu'il s'étoit emparé de Charlestown ; chacun put conserver ce qui lui appartenoit, et les officiers restèrent libres, après avoir donné leur parole de ne pas porter les armes avant d'avoir été échangés. Le dixième article de la capitulation (i) fut celui que Ton censura davantage, comme abandonnant les royalistes à la merci de leurs persé-
(i) Cet article ëtoit conçu en ces termes : « Les naturels ou habitants du pays qui se trouvent maintenant à York-Town et à Gloucester, ne pourront être punis pour avoir joint Tarmëe angloise. n La réponse fut: « On ne peut accepter cet article, parceque les affaires sur lesquelles il décide Sont du ressort de l'autorité civile. «
3lO HISTOIRE D^ANOLBTERRË.
cutèurs, qui detoient si souvent montrés barbareâ; mais y en justification , Ton allégua que le commandant anglois avoit pourvu à leur sûreté d'une autre manière, en obtenant qu'il lui serôit permis de transporter à New* York, sur le sloop de guerre le BonetUiy autant de soldats que pourroit en contenir ce bâtiment , pourvu qu'il dût eu tenir compte au premier échange qui auroit lieu. Par cet édiiange on assuroit le salut des roya*listes y et lennemi feignit de ne le pas remarquer (i}. Au moment où la place capitula, la garnison, qui comp toit dnq mille neuf cent cinquante hommes , étoit ré« duite à quatre mille sept cents hommes effectifs, tandis que le nombre des assiégeants s'élevoit à dix-neuf mille. Les vainqueurs trouvèrent dans la ville un train considérable d'artillerie , et une grande quantité d'armes et de munitions de toute espèce, et dans le port une frégate, deux bâtiments de vingt canonsr, et un grand nombre de transports et autres vaisseaux. ' Clinton Dès qull cut appris que Tarmée des alliés poussoit le fait de siéfçe d'York-Towu avec vigueur, Clinton fit tous les
vains ef. p . . i . ^
forts pour preparauts en son pouvoir pour secourir au plus tôt CcMiile secou- ^aiiig. Maîs sir Samuel Hood l'avoit induit en erreur
rir.
sur les forces relatives des deux escadres. Pouvoil-on penser en effet que Famiral françois n'auroit laissé dans les Antilles aucun vaisseau pour protéger le commerce, ou que Bodney seroit parti avec trois bâtiments pour rSurope^ et auroit affoibli sa flotte de plusieurs autres
(i) Cet expécUent ne satisfit pas les royalistes américains, le terme punis, dont on s'étoit servi dans le diuème article, paroissant «mpor*ter une idée de culpabilité quelconque, et reconnoitre par conséquent dans les vainqueurs le droit de poursuivre les Américains quy se montr«roient fidèles à leur souverain légitime.
GEORGES III* 3a I
vaisseaux, sans être sûr de la supériorité de ses forces, et malgré des ordres positifs du gouverneoient qui lui eojoigooient de surveiller et de contrarier les opérations du comte de Grasse. Clinton ne fut détrompé de son erreur qu'après rengagement du 5 septembre; jusque-là il avoit eu rai^n de croire qu'on ne pourroit attaquer Cornwallis, tant que la jQotte angloise domineroit dans la Chesapeak^ Sachant que l'intention primitive des alliés étoit de former le siège de New-Toric, il avoit considéré comme une feinte leurs premiers efforts contre York*Town; cependant il n avoit rien négligé pour in- a; août, struire Comwallis de toutes les nouvelles qu'il recevoit» et en contrémandant le rappel des troupes, il lui avoit envoyé tous les soldats qui n'étoient pas nécessaires à la défense de New-Tork, Staten-Island et Long-Island. Quand il sut à n'en pouvoir douter qu^ York-Town étoit réellement menacé, il mit toute la diligence possible à faire partir un détachement de sept mille hommes ; mais l'état des vaisseaux, qu'on étoit occupé à radouber, retarda rembarquement de ces troupes jusqu'au 19 octobre , le jour même où l'armée angloise capitula : en sorte qu'à son arrivée dans la Ghesapeak, Clinton apprit la reddition de la place, et vit échouer tous les plans qu'il avoit concertés avec l'amiral, pour s'ouvrir un passage à travers la flotte françoise , et pénétrer dans la rivière de James. Le capitaine Elphinstone, qui étoit allé' sur VExperiment reconnoitre la position de l'ennemi, avoit jugé cette manœuvre praticable; et l'intention du général anglois étoit de débarquer ses troupes sur le bord de la rivière, et de marcller contre les alliés, pendant que le commandant de la garnison feroit une sortie vigoureuse, et viendroit se joindre à lui. Les conditions
3a^ HISTOIRE D'ANGLETERRE.
auxqudles CornwaUis avoit capitale deTtnrent ie m' jet d une longue suite de discussions : à son arrivée à New-York, œ ^néral se plaignit dû mépris ^pie, dans quelques circonstances, on avoit psru avoir p<mr ses services, et de la négligence que^ dans d'autres, le général en chef avoit mise à lui eiivoyer de^renfbrtls. il cEft que son projet de réduire ia Virginie avoit été approuvé par les ministres et vu favorablement par le roi, mais que dÎDton s'y était toujours opposé; et- daD6 ses dépêches sur la reddition d'Ytirk-^Towii , il •aecnsa oe ^ néral d'avoir retardé le départ des secours qu'il lui avoit positivement annoncés pour le 5 octobre.
Câinton répondit que Tinvasion de la Vir^nie, la plus belliqueuse des provinces américaines, avoit été eïitreprise au imlieu de circonstances défavorables ; qu'ii étoit inconvenant qu^un officier inférieur eût cherché à faire approuver cette invasion par l«s ministres, sans l'avea de son supérieur, et que l'expédition entière avoit été t^onduite avec beaucoup de témérité (i). Il rappela que ies ondres formels qu'il avoit donnés à son départ de la Caroline du sud, étoient de veiller, par-dessus toute autre chose, à la conservation de cette province et à la sûreté de Charies-Town ; il montra que ces deux objets avoient été entièrement perdus de vue, lorsque Gom* walKs s'étoit avancé à ta poursuite de Greene, à travers la Caroline du nord, et sur-tout lorsquHl s'étoit poité de Ift sur la Virginie, et assura que jamais il iie s^étoit
(i) On pense que Gomwalli^ ne s'adressa âirectement aux miaistres que pour obtenir plus, tôt une réponse , poreeqii^il i»*i^oroil pas que Clinton avoit demande sa 4l^mission , et qu'il eràt^oit que cette circonstance n'occasionàt des longueurs. On sait que la démis^ sion de Clinton ne fut pas acceptée. Voyez une lettre de lord Georges Germaine, du 7 juillet 1781, dan^ Sir Henry Clinton^s Narrative, p. '^
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proposé de s'étabKr daatis cette xlémière province, convaincu que les expéditioiis qu'il avoit dirigées cotitrte elle, en portant à son comblie la détresse des- Américains , lés auroient bientôt déterminés à la paix , ^ Vûtmée angloise avoit su se préserver de tout échec tm p^eu considérable. Il releva en putre plusieurs erreurs dans le mode de défense de Cornwallis ; il Faccusa de s'être loffert pour aînsidtre à lat^aque de& Américains ien un temps où ils n'avôient d'atitre projet epxe^ «l^antàq^er New- York, et de s'être montré peu judicieux en occupant York-Town et Gloucester. Il le blâma aussi de n'avoir pas défendu les approches de la ville, d'avoir permis à La Fayette de s'avancer tranquillement jusqu'à Williamsburgh, avec deux mille hommes qu'il auroit pu aisément faire prisonniers ou tailler en pièces , avant l'arrivée d'aucun secours, et d'avoir négligé tous les moyens faciles qu'il avoit de s'échapper ; et il déclara qu'il n'avoit promis de lui envoyer des secours au 5 octobre, que dans le cas où la flotte se trouveroiten état d'appareiller à cette époque , et qu'il lui avoit enjoint en même temps de prendre toutes les mesures en son pouvoir pour sauver au moins une partie de l'armée, dans le cas où il prévoiroit que les renforts n'arriveroient pas assez tôt.
Les Américains et leurs alliés exaltèrent cette victoire bien au-delà de son importance réelle. Le congrès vot^, pour la célébrer, des remerciements à l'armée et des réjouissances publiques. Son parti abattu parut se relever avec une nouvelle vigueur, et l'on oublia toutes les défaites passées. Les résolutions que prit dès ce mo» ment la Grande-Bretagne justifièrent ces démonstrations d'une joie inconsidérée* Cependant la perte de
3a4 HISTOIAfi D'ANGLETERRE,
quatre mille hommes efïectifs , qui composoient Tarmée de Gornwallis, quoique affligeante pour tous les sujets fidèles, auroit pu être fecilement réparée si la nation eût voulu proportionner ses efforts aux ressources qui lui restoient encore (i).
(i) Nous avons puisé pour ces détails dans les journaux du temps, dans les brochures publiées par les £;énéraux Gorttwallis et Clinton, dans Tarleton's Gampaiçns , etc. , et nous mroo» en outre reçu sa grand nombra d« ranseignemeots particuliers.