‹ Histoire D'Angleterre Depuis 1760 (volume 2)Chapitre 15 sur 31 · ORO£S III · texte numérisé non relu

ORO£S III

. guerre ,. et attribuoit toutes les disgrâces survenues à 8 mars. Tineptie et à Tincapacité des ministres. Ensuite de cette tentative, il s'éleva une longue discussion ; mais Ton n'y produisit aucun nouvel argument, et le résultat en fut contraire aux espérances de l'opposition, le ministère ayant obtenu une majorité de dix voix ( i ).

Quelques jours après, sir Jean Rous diriges^ de nou* iS mars, velles attaques contre les ministres , et proposa de dé* clarer que, « vu les dépenses de la guerre, la perte de « treize colonies, et celle de plusieurs autres établisse- M ments , la chambre ne pouvoit accorder plus lougu temps sa confiance au ministère. » Lord North trouva à cette occasion ,. de sélés défenseurs dans la chambre ; tous les partis rendirei^t justice à ses lumières et à son intégrité , et Ion déclara que , si les malheurs publics avoient pour cause avérée la guerre avec les Américains, on ne pouvoit lui imputer ni Forigine ni les revers de cette guerre funeste. Le parlement pou voit-il oublier Tacte du timbre, et ensuite Tacte déclaratif, auquel les Américains n'avoient pas été moins sensibles? La nation entière n'avoit-elle pas revendiqué son droit de souveraineté sur les colonies? Et tout ce qu'il y avoit de grand en Angleterre n'avoit-il.pas applaudi à cette idée? Lord Chatham lui-même n'avoit-il pas déclaré que, si l'Amérique vouloit s'arroger le droit de fabriquer des bas ou des souliers , il falloit lui faire ressentir le poids de la puissance britannique? Ainsi le principe de la guerre se trouvoit renfermé dans l'acte du timbre de M. Grenville, dans l'acte déclaratif du marquis de Bocr kingham , et dans le discours prononcé par lord Cha-

(i) La demande de Tordre du jour fut accueillie à la majoritë de 2a6 voix contre ai 6.

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i66 UISTOlAft D^AITGLETERRE.

tham au sujet de ce dernier acte. La principale cause des/désastres étoit la faveur que Içs Américains révoltés avoient trouvée dans le parlement. L'opposition avoit appelé nofré armée larmée da général Washibgtdki ; elle avoit prétendu que la cause des colonies étoit belle de la liberté ; et les insurgés, encouragés par cette portion du sénat britannique qui leur prétoit son appui, avoient soutenu avec audace leur rébellion. On avoit fait de magnifiques éloges du docteur Franklin et de M. Laurens, et quelques membres s'étoient oubliés jusqu'à dire que la prison avec la société de pareils hommes leur paroissoit préférable à une liberté dont ils jouiroient conjoin-* tement avec les défenseurs de la cause britannique ( i ). Si les ministres actuels se retiroient, qui pouvôit se faire une idée du nouveau système qui seroit mis à la place du leur? leur connoissoit-on des successeurs assez parfaite* ment unis pour faire suivre une marche uniforme au gouvernement? L'undesiroit que le parlement fût septennal y un autre qu'il fÙt triennal , un troisième qu'il fèt annuel. L'un vouloit que l'on restreignit l'influence de la cour, sans porter atteinte à ladignité^àlasplendeur^ ou à la prérogative du trône ^ et un autre vouloit que Ton neutralisât cette influence , même aux dépens de la prérogative. Enfin l'on observa que lord North, soit qu'il donnât sa démission , soit qu'on lui signifiât son renvoi, présenteroit à la nation le phénomène étonnant d'un ex -ministre travaillant à soutenir le gouvernement, loih de chercher à entraver sa marche, ou à faire échouer ses mesures.

Sir Jacques Marriott contera l'assertion que nous

(i) L'orateur fdisoit allusion à tiiie expression de Bnrke dans la discui^ion relatÎTe à l'emprisonnement de M. Lanrens.

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avioQs perda-treize coloBies. EUed ne sont pas encore perdqeSy dit-il , mais elles le seront bientôt par trop de précipitation ; et cet excessif empressement que nous montrons pour la paix est seul capable de la reculer. Pourquoi, en effet, ne pas appeler à son secours, dans les affaires publiques, la même prudence qui sert dans la vie privée? et certainement quand on se propose de faire un bon marché , on se garde bien de laisser entre- ¥oir aucun désir immodéré. L'orateur s'attacha ensuite à justifier le ministère, et déclara que les observations qu'il avoit faites le forçoient à dire, comme le comte de Bristol Tavoit dit deux jours avant sa mort (i), que s'il y avoit un homme capable de présider le conseil de l'a^ mirante , c^étoit lord Sandwich. On prétend que l'honorable membre, en voulant prouver la justice delà guerre américaine, se couvrit de ridicule par les paroles suivantes : SU est nécessaire que les treize colonies soient représentées au parlement pour qu'on ait le droit de les imposer, le gouvernement jouit manifestement de ce droit , puisque les membres envoyés par le comlé de Kent représentent les provinces d'Amérique, depuis ^'il a été déclaré dans leurs chartes qu'elles faisoient partie de la seigneurie de Greenwich.

Lord North fit , avec beaucoup d^babileté, Tapologie de sa conduite ministérielle ; il ne combattit pas la motion proposée aussi vivement que celle de la semaine précédente, il ne lui échappa aucune expression de colère ou d'emportement ; au contraire il parla avec une modération remarquable, et ne dissimula en au-

(i) On doit se rappeler que le comte de Bristol étoit Tun des ad» ▼ersairet les plus déclarés de lord Sandwich. Il ttoit mort en dé« «embre 1779.

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