‹ Histoire D'Angleterre Depuis 1760 (volume 2)Chapitre 18 sur 31 · CE0B6E3 III · texte numérisé non relu

CE0B6E3 III

xâême; par lacté sur les rebelles, qui u auroit dû avoir de durée que ceUe d'une session à l'autre; et enfin par le refus d'assurer rindépendance d^ juges et Tadministration impartiale de la justice. Ils déclarèrent en même temps qu'ils avoient la fermé intention de pour* suivre le redressement de ces griefs, et prirent Tenga* gement solennel de n'élire aux élections suivantes aucun candidat qui ne seroit pas déterminé à soutenir leurs résolutions. ïh reconnurent comme également sacré dans tous les hommes, le droit d'être eux-mêmes leurs propres juges en matière de religion, et se réjouirent, comme Irlandois, comme ehrétiens, comme protestants, de l'adoucissement des lois pénales portées contre les catholiques romains, et des heureux résultats que pro* mettoit cette mesure pour l'ianion et la prospérité de l'Irlande. Enfin ils prirent des arrangements pour les assemblées suivantes, nommèrent un comité pour les représenter dans une assemblée générale des délégués de tous les corps de volontaires à Dublin, et votèrent des remerciements à la minorité du parlement irlandois, pour la noble conduite qu'elle avoit tenue en défendant les droits commerciaux et constitutionnels du pays. « Poursuivez, lui disoient-ils ; la voix d'un peuple entier « vous y engage; et dans un état libre il faut nécessai-» « rement que la voix du peuple l'emporteC^ Nous savons « ce que nous devons à notre souverain, et nous sommes it loyaux et généreux: mais nous nous connoissons aussi « nous-mêmes, et nous sommes déterminés à être li* « bres. 9

Puisant de nouvelles espérances dans ces résolutions FeVrier et dans l'espût qui les avoit inspirées, M. Grattan pro- ®^ "**"• posa de déclarer, dans une adresse à sa majesté, que

4oO ifiSTOIRE d'aNGLETERRE.

rfrlande revendîquoit ses droits à une législature indé" pendante, malgré le droit de contrôle que s'étoit arrogé depuis long-temps le parlement britannique ; maïs cette proposition fut rejetée, aussi bien qu'une seconde dont Tobjet étoit de tranquilliser ceux qui possédoient des biens en Irlande en vertu de quelque acte du parlement britannique. Comme cette dernière mesure tendoit tout aussi bien que la première à établir que l'Angleterre n'a voit pas le droit de faire des lois pour Tlrlande, M. Yelverton donna Tidée de prendre un .terme moyen, ^ et de déclarer actes du parlement irlandois différents actes relatifs à Tlrlande, passés dans le parlement britannique. Bientôt après, le rappel du ^omte de Carlisle, créé vice-roi au mois de décembre 1 780 , mit fin à cette lutte contre l'autorité de l'Angleterre.

8 avril. L'ajournement de Pâques laissa aux nouveaux minisrelative à tres le loisir de mettre quelque ordre dans les affaires t'irlande, jg leurs départements respectifs , et de pourvoir à la

présentée * . * ^ ,

par réélection de tous ceux d entre eux qui étoient membres dans*? ° de la chambre des communes^ Le parlement ayant reparle- pris ses séances , le colonel Luttrell appela son attention brhanni- ^^^ "^^ affaires d'Irlande, déclara que les mécontenteque. ments de ce pays alloient croissant, et que les ministres desiroient de les voir s'apaiser, et demanda à M. Edeo, qui étoit membre de la chambre des communes en Irlande, et qui avoit rempli les fonctions d& premier se- ■ crétaire sous lord Carlisle, le détail circonstancié de l'état des affaires dans ce royaume.

M. Eden ne fit pas attendre sa réponse : il développa la conduifte du gouvernement et de l'opposition pendant les deux dernières années, s'étendit longuement sur la valeur, la loyauté et la popularité des volontaires, dont

GEORGES Itt. 4or

les vœux et les sentiments étoient conformes aux vœux et aux sentiments de l'Irlande entière, et soutint que prétendre s^opposer long-temps avec succès à une dé^ claration de droits si ardemment désirée, ce seroit tenter une entreprise tout aussi raisonnable que celle de faire couler la Tamise sur les hauteui^ d'Highgate. Il ne croy-oit pas, disoit-il, que les Irlandois cherchassent ja* mais à abuser des avantfiges qu^ils réclamoient; il pensoit au contraire qu'ils seroient empêchés de plrend»*e aucune mesure préjudiciable à TAngleterre, du moi^jnt où le roi, avec Favis d'un cabinet responsable, devroit sanctionner tous leurs actes. Outre la déclaration des droits , les volontaires, ou en d'autres termes l'Irlande, avoient demandé un habeas corpus j et ils l'avoient obtenu ; ils avoient aussi demandé à établir des commissions de juges (juamdiu bene se gesserint, et le parlement n'a voit pas encore statué sur leur bill. Du reste on pouvoit aisément consentir aux changements qu'ils proposoient de faire subir à Pacte concernant les rebelles; et en modifiant la loi de Poynings, on ne pouvoit manquer de satisfaire le peuple d'Irlande , sans compromettre en aucune façon le salut de la Grande-Bretagne. M. Eden proposa alors de prendre en considération un bill « pour annuler la partie de l'acte de la sixième année «( de Georges I , qui attribuoit au roi et au parlement a britannique le droit de faire des lois auxquelles l'Ir'* « lande seroit tenue de se soumettre. » Il ne desiroit pas que l'on agit avec précipitation ; mais il observoit que l'ajournement du parlement irlandois ne devant plus darer que huit jours , M. Grattan ne manqueroit pas de proposer de nouveau après ce terme une déclaration des droits ; et il trouvoit plus convenable de mon-

4oa HISTOIRE d'Angleterre.

tr^r au peuple » en allant au-deva^it de ses désirs , que TAugleterre agissoit siucèremeut avec lui» et quelle étoit jalouse de lui garantir la jouissance des droits

' qu'il avoit à une constitution indépendante et à une

liberté de commerce illimitée.

Trois membres, tous les trois natifs d'Irlande, se levèrent pour appuyer la motion de M. Eden ; lyais M. Fox tonna avec indignation contre cet empresse* ment indécent avec lequel on présentoit une motioa semblable, dans la seule vue de se rendre populaire, lorsque le nouveau ministère , à peine organisé, n'avoit eu le temps, ni de faire ses arrangements, ni de disposer des mesures bien autrement importantes que celleslà. Si la dernière administration^ disoit-il, eût déployé une partie de cette activité devenue indispensable aujourd'hui, TAngleterre ne seroit pas maintenant dans cette situation déplorable^ En faisant des concessioi» modérées, d'après des demandes raisonnables, on au^ roit prévenu ces prétentions ambitieuses, dont l'objet est de soustraire l'Irlande à la législation britannique; mais l'Angleterre se trouve actuellement réduite à céder aveuglément à une nécessité pressante. M. Fox termina son discours en sollicitant M. Eden de retirer sa motion; et oelui-ci y consentit après une discussion oii Ton reprocha aux ministres la dureté qu'ils avoient mise à rappdkr d'Irlande lord Carlisie, et à lui ôter la lientenance du riding.{\) oriental du Yorkshire ,. qu'ils ve^ noient de rendre.à lord Garmarthen.

Mess"^e ^ ^^^^ suivaut M. Fox communiqua an parieanent royal, un mcssagc de sa majesté, qui appeloit l'attension. de

(i) SttliMlivistom de «oml«.

ceorCes iii. 4^^

la chambre sur les mécontentenlenta de Tlrlande^ et sur les mesurer qu'il était convenable de prendre pour les apaiser. Il proposa ensuite une adresse en réponse au message royal, et déclara que la résolution des roi-' nistres étoit d'agir d'une manière décisive , et non de se borner à pallier le mal par des concessions temporaires , qui exposeroient leurs successeurs aux dangers d'une constitution mal affermie» Le parlement et le peuple d'Irlande, ajouta^'t-il, ne réclament pas seulement des droits et des privilèges commerciaux, ils Veulent tou-^ cher aux pouvoirs législatifs et à la royauté elle-même^ Il semit impolitique et imprudent d'adopter lés mesured précipitées de M. Eden; il faut laisser aux ministres assez de temps pour délibérer avec sagesse^ et se pro« curer des renseignements précis; ils seront fidèles à communiquer ces renseignements au parlement, et ils espèrent que dans les deux royaumes on mettra autant d'habileté que de zèle et -de dév<^uement à conduire heureusement à sa fin unâ affaire d'une si haute impor^^ tancCk L'adresse fut votée sans opposition ; et il en fut Voté une pareille dans la chambre des lords sur la pro* ]p(ositimi de lord Shelbûrae;

Les deux seor^airesnd'élat dans leur disîsours firent n âtrtl. Un grand nombre de déclarations favorables àl'Iilande^ et les présentèrent avec beaucoup de mépagements ^ de peur de blesser rorgueil des Angiois« Ils s'étudièrent à xae pas laisser entrevoir leurs intentions; cependant^ AUX observations c^e M. Fox, on put deviner que le mi^^ iiistère n'avoit pas le dessein de se prêter aux grandes concessibus proposées par M<Eden«

Une décision de la chambre des communes d'Ir- 1^,?^ j lande mit fin à cette hésitaition du cabinet britasuûqtte» tion des

4o4 HISTOIRE D*AI!lGLErEftRE.

droiUTo- M. Grattan, comiue i'avoît annoncé M. Eden, proposa

parle- ^ Une adresse à sa majesté , renfermant nne déclaration

mentir^ explicite des droits du royaume revendiqués par le

peuple et les délégués des associations volontaires! Il

Discours prononça à cette occasion un discours plein de véhé-

, remar- * * *■

quablede mence et de force, où il rappeloit la conduite de rif" Grattan. j^qJ^^ qn^ ^g injustices avoient mise dans la nécessité de prendre les armes , et qui, les armes à la main, demandoit qu'on reconnût sa liberté. « Les Irlandois, ditil, ne redoutent maintenant ni les François, ni aucun peuple, ni aucun ministre. Que Ton jette les yeux sur l'Europe, et Ton y apercevra de tous côtés Tancienne vigueur anéantie, la liberté ruinée, et les nations, conservait à peine le souvenir de leur gloire passée , défendues par des armées de mercenaires. Mais Flrlande a dédaigné de suivre le honteux exemple de tous les peuples européens; elle s'est rendue leur modèle, et s'est mise sur la même ligne que les peuples de l'antiquité. L'assemblée des délégués militaires à Dungannon a été nn grand événement, une mesure capitale, et, comme toutes les mesures de ce genre, elle a commencé par être un sujet de surprise avant d'être un objet d'admiration. » L'orateur compara ensuite cette assemblée à la première convention du parlement britannique, ou à l'assemblée des barons à Runnymead ; comme ces assemblées célèbres, celle de Dungannon avoit été sans exemple , et renfermoit en elle-même son principe. « C'en étoit fait entièrement, ajoutoit-il, de la constitution et de la liberté de l'Irlande, si l'on avoit compté sur le parlement pour les défendre : mais le peuple les a prises sous sa sauvegarde, et il saura les conserver. Les volontaires irlandois se sont unis pour le maintien des

OEOfiGES III. 4^5

lois, que les prétentions du parlement britannique menaçoient d'anéantir entièrement; ils ont soutenu les droits du parlement de leur pays contre des dépositaires infidèles qui les auroient abandonnés ; mais l'Angleterre n'a aucun sujet de les craindre; ils sont prêts à braver la mort pour elle, et pour ses valeureux habitants. Unies par la liberté comme par la fidélité à leur souverain, les deux nations doivent former une ligue constitutionnelle ; mais si la souipission à un même souverain est un gage de leur union, la liberté en est un gage encore plus assuré ; car il seroit facile à l'Irlande de trouver un roi, tandis que le peuple anglois est le aeul de tous les peuples qui puisse la faire participer aux bienfaits d'une grande-charte. C'est une charte et non un droit de conquête qui nous lie à la couronne «britannique ; aussi tout véritable Irlandois est-il prêt à s'écrier : La liberté a^ec ï Angleterre ^rncds à toutévéne^ ment la liberté (i). >»

Après quelques débats , la motion de M. Grattan fut Le parleadoptée sans division; et le parlement, en témoignage Ya^^dô[g de la reconnoissance nationale, vota à cet orateur po- ^o^e une pulaire un don de cinquante mille livres sterhng. pense!

En appi*enant la démarche de l'Irlande et sa résolu- ^®* ®*'^-

, , leur.

tion inébranlable de la soutenir à toute extrémité, les ministres ne restèrent pas long-temps indécis sur la nature et l'étendue des concessions qu'ils dévoient faire. Conduuê M. Fox, dans un comité de toute la chambre,- déve- que tient

,1^.1 . , ,1 en consé-

loppa les prétentions de ce royaume, et c^nvmt qu elles qoence le

et oient fondées sur la justice, et telles qu'avant son pa^le- „ , . . . * .1 1 . • ^^^^ ^"■

élévation au mmistere il les avoit toujours reconnues, tanniqae.

(i) Remembrancer, vol. i4> p. i8.

4o6 HISTOIRE D'ANGLETERRE.

Il remarqua qiie i'Iriande avoit mis de la modération dans ses plaintes, et qu'on ne pouvoit refuser d'avoir égard à ses demandes, quoiqu'elle eût mieux fait de les présenter autrement. Il rejeta sur le compte des anciens ministres tout ce qu'il y avoit à blâmer dans le cours dd cette affaire, et conclut en demandant « la révocation de l'acte porté la sixième année du r^gne de Georges { pour assurer la dépendance de l'Irlande, n

M. Thomas Pitt pa4a à Tappui de cette proposition, qui reçut Tes applaudissements de tous les partis. Lord Beauchamp seul témoigna qu'une simple révocation , n$ décidant rien sur la question du droit , pourroit ne pas satisfaire les Irlandois. La motion fut accueillie cepeifs dant sans division : il en fut de même dé deux autres, )a première ayant pour objet une adresse où l'on sup<s plioit sa majesté de prendre des mesures capables de rendre ferme et durable l'union subsistante entre les deux peuples ; et la seconde déclarant inséparables leurs intérêts respectifs.

17 fi)ai. Les opérations de la chambre des lords furent à peu de chose près semblables , et ne donnèrent lieu à aur cune division. Lord Loughborough cependant signala divers inconvénients que pouvoit entraîner l'étendue ^ des résolutions qu'on venoit de prendre , et recom-r manda d'attendre encore quelque temps, afin d'agir avec plus de mesure, et d'éviter une précipitation qui pourroit sembler être commandée par la crainte.

Le bill de invocation passa dans les deux chambres

j^in* au milieu d'un silence universel. L'accueil qu'il reçut

en Irlande, justifia jusqu'à un certain degré, lesprédic-^

tionsde lord Beauchamp; et M. Flood, en soutenant

(me la concession étoit insuffisante , puisqu pp n'aba^i-:

M et

GEOliCES m. 4<>?

donnoit pas en même temps le principe sur lequel étoit fondé Tacte de Georges I , enleva à M. Grattan , qui prétendoit le contraire, une portion de sa popularité ( i )• Cependant le parlement irlandois fit éclater une vive sa^ ^7 j^^^^tisfaction, et vota une adresse de remerciements et cent mille livres sterling pour être employées à une levée de vingt mille matelots au service de la flotte britan*nique.

En exécution du projet , depuis long-temps déclaré , ^ «▼ni. de restreindre Tinflùence de la court>nne ^ on reprit les ^ent ' mesures populaires présentées dans les sessions précé»- prend des dentés. Déjà, avant le renvoi de la dernière administra- qui oot tion, ons'occupoit, dans un comité, du bill pour Texclu- P^'^^^ ^^^ sion des contractants. Ce bill, après avoir été amendé et treindre renvoyé une seconde fois à un comité, passa dans la ^e^^lî chambre des communes sans rencontrer une grande op^ couronposition ; mais dans la chambre des pairs le lord^chan* Bill rêlaceiier et lord Mansfield en combattirent les principes tif ^Texpar des arguments pleins de force et de vérité. Dans le des comité lord Ashburton proposa d'adopter un amende- ^^^'^^^'î' ment qui affranchiroit des dispositions de cette loi ceux qui ne contracteroient avec le gouvernement que pour le produit de leurs propres biens ; mais la chambre des H et 27 communes rejeta cet amendement , et le bill passa tel ^ '* qu'il avoit été d'abord proposé.

On s'occupa avec une ardeur égale du bill dont l'ob- Du 8 aa jet étoit de priver les offiders du fisc du droit de voter pin^^'ia^ dans les électionls pour le parlementa' Dans la chambre tif aux des communes ce bill fut vivement, mais inutilement du fisc, combattu ; on parvint cependant à faire adopter une

(î) Remembrai^cer, vol. 14? p- 307, 3i^.

4o8 HISTOIRE D'ANGLETERRE.

clause qui affranchissoit des dispositions d'un pareil acte ceux qui tenoie^t leurs places à vie, et qui ne pouvoient consequemmeat être soumis à aucune in-

i juin, fluénçe. Dans la chambre des pairs, lord Mansfield attaqua les principes du bill, et prononça un discours éloquent et habile à Tappui de son opinion. L'évéque de Peterborough et le marquis de Rockingham liii répondirent , et celui-ci ne craignit pas de déclarer que sa situation comme premier lord du trésor seroit extrêmement difficile, si le bill n'étoit point adopté. Il dit que dans soixante-dix bourgs les officiers du fisc étoient presque entièrement les maîtres des élections; qu'environ douze mille de ces officiers nommés par la dernière administration avoient le droit de voter dans d'autres lieux , et qu'il n'emploieroit qu'à regret son influence pour les contraindre à voter contre Jeur façon particulière de voir ou l'impulsion de leur reconnoissance. Cet argument curieux qui laissoit entrevoir que, si l'on n'ôtoit aux votants la faculté de mal faire, le ministre useroi t de tout son pouvoir pour £|tteindre le même but, mit fin à la discussion , et le bill fut adopté (i).

3 ^ai. On fit un autre sacrifice à la popularité, dans le sens On biffe ^eg projets de. réforme, en biffant des registres de la

lutions chambre la résolution du 17 février 1769 , relative aux passées à électious de Middlesex., en conséquence d'une motion

J occa- ^ ' *

sion de présentée par M» Wilkes et appuyée par M. Byng, l'un

^ *de^°" ^^ l'autre représentants de ce comté. M. Fox combattit

Middle- cette proposition,. sur le principe que la chambre des

communes devoit avoir, pour l'avantage du peuple, le

privilège de rejeter de son sein les députés qu'elle jage-

(1) 34 voix contre 18. Les diiTeVentes divisions dans la chambre des communes furent dans la proportion de 7 ou 3 voix contre |.

GEOR&ES Ili. 4^9

roit indignes d'y être admis , privilège trop important pour qu'elle pût l'abandonner légèrement. A Tappui de cette doctrine , il imagina un cas extraordinaire. « Je «suppose, dit-il y que le bill pour l'exclusion des cour « tractants ait été rejeté par les lords , et que la chama bre des communes ait pris la résolution de ne souffrir « aucun contractant dans son sein ; ceux qui s^ trou- « vent maintenant en seroient exclus ; mais ils pour- « roient être réélus , et si la chambre ne faisoit valoir « alors son privilège, elle seroit obligée de recevoir ceux « qu'elle auroit déjà jugés indignes d'être admis. » Du reste il avouoit qu'il considéroit la motion comme de peu d'importance , la conduite des magistrats «de Londres ayant prouvé, que quels que fussent les privilèges de la chambre, ils nepourroient jamais prévaloir contre les volontés du peuple.

M. Dundas, quoique du même parti que M. Fox , repoussa avec chaleur la doctrine inconstitutionnelle de ce ministre , et la motion passa à une majorité considérable (i). Enorgueilli de ce dernier triomphe après tant de défaites annuelles, M. Wilkes publia une lettre où il exposoit ses conquêtes sur l'autorité , et l'intention où il étoit de lutter avec persévérance pour la cause de la liberté et pour une réforme du parlement : mais le peuple parut faire peu d'attention à cette pièce ; là question . n'étoit plus du même intérêt pour lui ; et la popularité attachée au nom «le Wilkes s'étoit successivement portée sur d'autres personnages, et sembloit être dans un état de fluctuation presque journalière.

Il fut présenté au parlement , dans le commence-

(p) ii5 voix contre 47-

4lO HISTOIRE D'ANGLETERRE.

18 fev. ment dé la session, un bill dont lobjet étoit de dépouil* peg^privi- ^^^ ^^ ^®® droits de franchise le bourg de Cricklade. Un léges au comité chargé de prononcer sur la pétition d'un candi*

cî-ick- dat malheureux, rapporta qu'il <avoit été commis dans

Jade, gg bourg d'énormes abus ; et sir Uarbord affirma que, sur deux cent quarante votants, on en avoit déjà convaincu quatre-vingt-trois de s'être laissé corrompre, et qu'il restoit encore quarante-trois accusés. Ce fut e& vain que dans la chambre des communes on s'opposa avec une grande habileté à la privation des droits de franchise. Les partisans de cette mesure développèrent les principes qu'on avoit déjà fait valoir contre les électeurs de New-Shoreham. « Quand le bill relatif à ces éleo ft teurs fat montré au comte de Chatham , dit M. Montc tagu^ le noble lord témoigna sa satisfaction de voir « le bourg de New-Shoreham en quelque sorte rejeté du ft Bengale à son ancienne place dans le comté de Sus* « sex. Pour moi, je pense que, si le bill actuel n'étoit «point accueilli, ce seroit confiner certainement le tt bourg de Cricklade dans les Indes orientales. »

3 mai. Lcs discussious élcvées dans la chambre des lords, relativement au même bill , furent d'un bien vif intérêt. Le lord-chancelier, lord Mansfield et lord Loughbo* rough, mirent une chaleur et une habileté remarquables à le combattre , et les lords Grantly et Ashbarton n'ai mirent pas moins à le soutenir. Ceux-ci eurent pour , auxiliaire, pu plutôt pour chef, le eue de Bichmond, qui , dans le cours des débats , reprocha au lord-chan^ cclier de s'opposer indistinctement à toutes les mesures qui a voient quelque règlement ou quelque amélioratiou pour objet. Lord Fortescue, développant avec plus d'étendue encore cette matière , déplora la majesté de

GEORGES III. 4l|

I#' chambre, dégradée et avilie par cette multitude de gens de loi. Ce n'étoit plus une chambre des pairs, c'étoit un simple tribunal , où les principes glorieux et impérissables de la justice et de la vérité étoient sacrifiés aux vaines chicanes et aux misérables jeux de mots de Westminster-Hall : et cette auguste assemblée , autrefois Tobjet de tant de vénération et de respect , ressembloit maintenant , par sa confusion, à une assemblée de procureurs faisant le rôle d*avocats.

Les adversaires du bill ne répondirent pas à ces at* 8 mai, taques , et persistèrent dans leur opposition ; ils produisirent même des témoins pour la soutenir, et firent parler un conseil. Le duc de Richmond laissa éclater une seconde fois son indignation contre ce qu'il appeioit la phalange des gens de loi ; attaqué par eux d'un pôté, en même temps qu'ils Tinterrompoient de l'autre, il sentit le désavantage de sa position , et demanda que le bill fiit défendu par un conseil : le bill passa peu après, une grande majorité s'étant déclarée en sa faveur à chacune des divisions ( i).

Lord Shelburne fit adopter une loi plus importante Bill qui et plus utile, et qui avoit pour objet d'obliger à résider ®,^.**6« ^ et à s'acquitter de leurs charges tous ceux qui seroient les indivire vêtus de quelque emploi dans les colonies. ms'^de "

Jusque-là toutes les réformes tentées parle ministère fonctions

^ <f , . , 1 j 1 ^ actives.

avoient ete sanctionnées par le concours du parlement, x^^g ^luba Il en restoit une que le public sentoit devoir être du «* les as^

SOCl&tlOBS

plus haut intérêt pour Ihi, par le soin qu'on avoit mis poiid. à la lui représenter comme une mesure de laquelle ^"®* ^,^^ dépendoient sa liberté et son bonheur, et par le zélé in- marches

(i) L*une ç}e ces divisions donna une majorité de 47 voix contre

4ia HISTOIRE D ANGLETERRE.

pour ob- fatigable avec lequel on avoit cherché dans toutes Ils réforme* assemblées populaires à obtenir des votes et des résoluparle- tîons en sa faveur : c'étoit une réforme à opérer dans le taire' Système représentatif de la chambre des communes. Mars et Depuis uu an un grand nombre de délégués des asso- ^T^ ciations ou des corps de pétitionnaires , qui étoient censés représenter les comtés dTfork, de Surrey, d'Hertford, d'Huntingdon , de Middlesex , d'Essex, de Kent ^de De von et de Mottingham, et la cité de Westminster, suivoient un système de mesures concertées pour contraindre le gouvernemefit à s'occuper d'une pareille réforme. Ils avoient décîlaré dans leurs résolutions que les malheurs publics provenoient de Tinsuffisance de la représentation nationale, qui devroit être augmentée de cent nouveaux membres envoyés par les comtés ; que l'acte qui déclaroit le parlement septennal étoit une violatioo des droits du peuple, détruisoit toute alliance constitutionnelle entre lui et se^ représentants, et soumettoit le parlement à une influence illégale ; et que la révocation d'un pareil acte pouvoit seule arrêter dans leurs progrès la corruption du parlement et les empiétements alarmants de la couronne. Ils donnèrent ensuite un nouveau poids à ces résolutions, par des adresses à tous ' les électeurs de la Grande-Bretagne, où ils faisoient valoir, afin de prouj^er la nécessité d'une réforme, des faits constatés par l'histoire, et des arguments fondés 3ijanv. sur le droit et la politique (i). La livery de Londres ^W^* déclara dans une assemblée qUe l'insuffisance de lareprésentation nationale, et la corruption du parlement, avoient produit la guerre, le démembrement de Vem-

(i) Remembrancer^ vol. i3, p. 193.

i>ire, et tous les autres fléaux qui désoloieut la Grande- Bretagne ; et qu'on ne pouvoit remédier efficacement à tant de maux qu'en rendant au peuple le droit de participer au gouvernement , et celui de renouveler fréquem*» ment ses représentants. Elle établit aussi un comité de correspondance. Cependant cinq membres du conseil commun protestèrent contre cette assemblée.

Ce fut M. Pitt qui soumit à la considération du par- 7 ™»>lement une cause pour laquelle s'étoient déjà prononcés ^^ p^^, avec tant d'ardeur les comités et les associations publiques. Dans un discours brillant d'éloquence et plein d'habileté, il traça à grands traits le tableau des calamités qu'a voit occasionées par le passé, et que pouvoit occasioner encore à l'avenir une représentation insuffisante. Le gouvernement, disoit-il, commandoit entièrement les élections dans certains bourgs ; dans d'autres ses trésors l'en rendoient le maître: et si son influence étoit contrebalancée dans plusieurs, c'étoit moins par les électeurs que par quelques individus puissants dont les ancêtres s'étoient arrogé le droit de disposer des élections. Quelques uns de ces bourgs, à qui il ne restoit ni richesses, ni popiilation , ni commerce, n'a voient d'importance politique que par le droit d'envoyer des représentants au parlement ; et d'autres , qui n'avoient de revenu que le prix honteux de leurs votes, ne réclamoient que le seul privilège de les vendre publiquement au plus offrant. Ceux-ci étoient les plus dangereux de tous; jamais ils ne consultoient les intérêts nationaux, au contraire ils donnoient avec empressement leurs suffrages au dernier enchérisseur. C'étoit ceux proprement qui étoient dans la juridiction du Carnate ; aussi étoit-ce un fait bien avéré que le nabab d'Ârcate nommoit sept

OU huit membres dans la chambre. On avoit signalé quelquefois les dangers qu'il y auroit à être soumis à l'influence d'une puissance étrangère ; cependant si les nababs de Tlnde jouissoient d'un si grand crédit dans les conseils nationaux, qui pouvoir empêcher qu'une puissance ennemie de l'Angleterre n'acquit une influence semblable en disposant des mêmes moyens de corruption? Différentes personnes a voient insinué que la voie la plus sûre pour étabhr Une liaison intinae entre les représentants et le peuple, c'étoit de réduire le nombre des membres envoyés par les iwirgs pourris, d'augmenter d'autant les nominations à feire par les bourgs que leur importance intéressoit au bien de l'état^ et d'abréger la durée des parleotents. Il ne se proposoit pas de considérer actueUanent l'utilité de pareilles me^ sures, il en laisseront le soin à tin comité librement nommé* Ce qui faisoit le ai^et de sa plainte étoit factie à saisir, et le jugement des plus grands politiques du royaume cpnfirmoit sa fifçon. de penser à cet égard. Telle étoit ^ntre autres l'opnion d'un personnage dcmt l'Angleterre déploroit la perte, et sur le compte duqod tous les représentants pourroient s'éxprim«r avec plus de liberté que lui. Celui-là ne se complaiso&t pas dans des projets chimériques, dans des spéculations impra' ticables f et il avoit déclaré cependant que, si l'on b6 remontoit pas aux prtndipes , si l'on n'établissoit snr des bases plus solides et plus équitables la représesitaticm nationale, seule capable de maintenir la eonstitiitioa, bi nation britannique, cpii sembloît , pins que tonte amre nation de l'univers, £a,ite pour être grande ef heareusef resteront bientôt confondue a;vec celles que leur éonrnp tion relenoit dans un esclavage honteux. L'oratenr ter«

OÈOftGËS Ui. 4'^

tuiiia 6n proposaiit « rétablissement d'un comité chargé H de faire une enquête sur 1 état de la représentation « nationale, et de présenter à la chambre le résultat d€l « ses observations sur cet objet. » L'alderman Sawbridge appuya cette proposition.

M. Thomas Pitt, s'étant levé pour la combattre , ré-» futa d avance les diverses interprétations que pour*^ roient donner à ses sentiments ceux qui ne le cot^sidé-^ roient que comme propriétaire et représentant d*01d Sarum, et montra quHl étoit inconvenant de toucher à une semblable question dans des circonstances où le gouvernement étoit déjà embarrassé de tant de projets de réforme. Des ^ns qui repaiçsoient uniquement leur esprit de théories spéculatives pouvoient seuls entre-» prendre, disoit-*il, de soutenir ce système insensé, qu'il n y avoit de nations vraiment libres que celles où \$^. citoyens n'étoient soumis à d autres lois qu a celle» qu'ils avoient consenties, soit en personne, soit par Tor^^ gane de représentants par eux nommés. L'histoire prou^ voit suffisamment que jamais un principe pareil n'avoit pu être appliqué à la constitution britannique; et Huile part on ne trouvoit rien qui s'y rapportât. Le comté de Rutland, comme comté, députoit autant de représen^ tants que le Devonshire ou l^orkshire. Dans l'origine les comtés seuls avoient été représentés; les grandes cités, les villes, les places remarquables, et même des villages peu considérables, l'avoient été par la suite ; et quoiqu^on ne pût déterminer le principe d'après lequel on avoit adopté cette mesure, on pouvoit très certainement assurer que ce n*étoit pas celui d'une représentation égale fondée sur une importance équivalente. Il ne convenoit pas, dans les circonstances actuelles, d'exa*

4l6 HISTOIRE D^ANGLETERBE.

miner si ces anciens privilèges étoient d'accord avec un principe auquel on n'avoit jamais songé. Quelque plausible, quelque populaire que ftit Tidée d'une représentation égale, elle n'en étoit pas moins extravagaate, impraticable et absurde; et l'on pou voit assurer que, s'il étoit nécessaire à un peuple pour être libre de se conformer à un principe pareil, il tf y avoit jamais eu, et il n'y auroit jamais de peuple libre.

L'objet du parlement , dès son origine, continua l'orateur, a été de balancer le pouvoir de la couronne ; 'et les membres de la chambre des communes, quoique élus de différentes manières, ont siégé comme les représen* tants de tous les sifjets. S'il «st vrai que ces membres défendent avec succès les droits du peuple contre les empiétements du pouvoir et les progrès de l'influence; s'il est vrai qu'ils soient les dépositaires fidèles du trésor public, et qu'ils fassent respecter les lois de l'état, ils remplissent alors toutes les vues de leur institution, quelque irrégularité qu'un spéculateur puisse aperce* voir dans l'organisation du parlement. Il n'est pas nécessaire en effet, pour qu'un pays soit entièrement libre, que les citoyens soient également représentés; il suffit qu'ils soient également soumis aux lois.

« Mais toute influence dans cette chambre, ajoutoit « M. Thomas Pitt, est-elle également dangereuse, égaie lement alarmante, également subversive du grand « principe que j'ai cherché à établir? Quelle étoit cette « lutte qui travailloit le royaume avant l'établissement « de la chambre basse? c'étoit une lutte entre le roi, les « barons et le clergé , non pour la liberté, mais pour la « puissance : et quel est le changement qui a accru suc- « cessivement la prépondérance de la chambre basse,

GEORGES Iir. 4>7

a depuis le temps où elle a été instituée? c est le cban- « gement survenu dans les richesses, dont la masse de* ft venant chaque jour plus grande dans cette chambre, « Ta rendue capable de s'opposer avec succès à Tin^ « fluence croissante du monarque. Depuis long*-temp8 « la chambre des lords ne peut plus être considérée « comme un contre-poids; depuis long-temps les barons « sont trop impuissants pour servir de digue aux ema piétements du souverain. Prenons garde, par une in- « novation entièrement démocratique qui nous feroit « perdre cette influence à laquelle nous devons en très « grande partie notre crédit, de nous réduire à un état a de foiblesse oix nous serions une seconde fois maîtrisés « par une influence plus grande. «

La proposition qui vient d être faite , observa le même orateur, place le parlement danst une alternative cruelle : «'il la rejette, les préjugés du temps vont le représenter comme partial et corrompu , et comme détournant ses regards des abus funestes à la liberté, de peur de se voir obUgé de confesser la nécessité d'un prompt remède ; si au contraire il laccueille, il va s'engager dans un océan sans rivage. Ce sera une enquête générale sur un objet tout-à-£ait indéterminé; ce seront des recherches à n'en plus finir sur l'état de chaque bourg en particulier; recherches capables d'alarmer ceux qui croiront devoir perdre quelque chose dans une mesure d'un objet si étendu, ou de donner aux autres des espérances que le parlement ne s'est jamais proposé de satisfaire, et qu'il ne peut ni ne doit songer à remplir. La question n'est pas ei^ effet de savoir si l'on doit travailler à tel ou tel changement en particiilier, mais si le parlement doit ouvrir comme un bureau général où il accueillera les 20. 27

Elle est rejetée.

4l8 HISTOIRE o'aNGLETERRE.

projets des rêveurs les plus insensés, et laisser rimagination du public s'égarer sur une des considérations les plus délicates et les plus importantes de Forganisation sociale. Ercomment établir alors les limites où Tenquéte devroit s'arrêter? le torrent entraineroit toutes les digues; et il seroit d^ùne absolue nécessité, ou d'abandonner le principe, ou de l'adopter dans sa plus grande étendue. En conséquence chacun devîendroit électeur; Car le droit d'être représenté, s'il est naturel et inséparable de la qualité d'homme, est un droit qui appartient à chacun. Soutenir une mesure si vague, si indéterminée , si générale que celle qui est actuellement proposée, ce seroit se comporter avec extravagance, et provoquer les désordres auxquels s'abandonnent , après une espérance déçue, les passions déchaînées de la multitude.

Durant une longue discussion , tes membres les plus distingués du parlement développèrent leur opinion sur cette matière : sir Georges Savile , M. Courtenay, M. Sheridan et M.Tox parlèrent en faveur du projet; M. Yorke, M. Rolle, M. Macdonald, M. Digby et M. Dundas, le combattirent . Ce dernier orateur en particulier prononça un discours très remarquable, et qui fit le plus grand honneur à sa droiture, à l'étendue de ses connoissanpes et à la force de son esprit. La proposition fut rejetée par l'adoption de l'ordre du jour ( i ).

La conduite que les ministres avoieot tenue dans cette affaire fut représentée au public comme insidieuse et perfide, et on les accusa d^avoir fait parade de leur zélé à soutenir cette propositioi», pendant qu ils travailloient indirectement à l'écarter* Comme une acctisation

(i) i6i voix contre i^i

Digiti-zed by VjOOQ IC

Gf:ORGE& III. 419

fiaretBt piiEUToit nuire à leur popularité, M. Pox, à «pietque temp» de là, ne né{f)i{|;ea rie» pour jufttiier sa coadoite diatts cette affaire, et déekira qu'il éioit aineèreoBeniC et in^otableaftent attaché à la réforme. Quelques vus ^e ses eeltégfMS, dît4(, et sur-tout M. Burke et M. Tkouias iTcKWDskend, «voient nuontré de réloigoe> ment pour la propositiea de M. Pitt : it n'ayort pu proposer à de pEflireib hm^nies de paiin* otf de TOter oontre leur façon de penser; mais il avoit fait tout ce qui avott diépendu de-lui, et leur aToit persuadé de ne pas prendre p«rt à la discussion (1).

X'aMeraNm Swwbridge renouvela sa tentirtive an- 17 mai. nneile pour abré^# la dorée des parlements; mais sa ^epré-^ proposition , quoique étoqwinment soutenue par M. ^^'^^^ ^^ Ktt, fut rejetée à mse majoricé considérable (^}. Lord samoUoa AiaAion préseuta aussi un bièl» à Yeftet d'empêcher la Q^f?"/^^ nrvnalité des élections , et proposa des règlements telle^ durée des ment sévères qu'il ne devoit pas être permis à un candî- ^^nu dat de potu^vedr aux frais du voyage d'us votant obligé 24 mai. de se dépliacer. Ce projet, défendu par M. Pitt, et com^ ^^ j^^^ iMtttt par M. Fox , fut retiré , tes plus importantes de ses Mahon. ciavses aysAK eve refeeees»

IJu message royal où Fon reeommsRidoit a«rx deux Mesures duambres de s'occuper d^sn plan d'éconocnie, et où cm ^|^lJ^^cmaleur annonçott que sa majesté- avoit pris- en considéra*- mie. tion un règlement surla Ifete civile, à Toccasion dnqud on leur demandent bientôt leur assistance etlfeur avis, appela l'attentiou du parlemem sur tes réformes proje- .. tées par les ministres • «^Sa majesté , ajoutoit le message, royal.

(0 ^o^««,un discours Je M. Fox (lo octobre- 178a), Remembsanrcr, vol. 14, p. 393.

(5) 1^9 Torix contre 6^1.

420 HISTOIfiB D'ANGLETERRE.

« n'a rien de caché pour son peuple, dont elle regarde « Taffection comme le plus ferme appui et la plus vé- « ritàble gloire de sa couronne et de Tempire; c'est à « cette affection qu'elle a dû constamment ses princiu pales ressources dans les circonstances les plus graves; « c'est cette affection qui fait à ses yeux la garantie la « plus inviolable cTe ses droits. »

On vota à l'unanimité une adresse de remerciements en réponse an message royal; et M. Burke, en la proposant, félicita la chambre et le royaume de ce qu'enfin é toit arrivée Tépoque heuruese où sa majesté, débarrassée de ses conseillers secrets, parloit à ses sujets avec toute l'effusion d'un cœur bienveillant et généreux. Le massage royal, ajouta*t-iI, respire une tendresse et une sollicitude paternelles, et tous les satitiments que méritent des sujets fidèles de la part d'un bon^souverain; aussi chacun doit-il bénir avec transport le joiur heureux on Je monarque , rendu à toute l'indépendance qui appartient à son rang élevé , a pris part aux sooffrances de ses sujets, et a connu et récompensé leur courage* Un message pareil est le m^illeiÉir des messages , adressé aa meilleur des peuples, de la p^rt du içeiHeiir des rois.

M. Powys, en son nom et en celti d'iin grand nombre de ses collègues , donna les plus vifs applaudissements à ce message, et avec une éloquence presqu'aussi éèlatante que celle de M, Burke son modèle , le représenta comme un témoignage noble et gracieux de la bienveillance royale, auquel le peuple alloit s'empresser de répondre par un dévouement plus absolu.

M. Fox en parla aussi avec éloge, et dans des termes

qui respiroient la confiance. « Sa majesté , dit-il , s'est

^A adressée au parlement, et avecui^e bonté sans égale a

GEOBGES HI. . 4^' .

« témoigQe le désir de partager les privations de son « peuple, et proposé de réduire la liste civile, comptant « sur TafFection de ses sujets comme sur Tappui le plus « ferme de son trône. »

Mais cependant, avec quelque complaisance que les Lapropoministres en eussent parlé d'avance , le bill dont l'objet ^^^ ^^^ étoit de diminuer les dépenses de la maison du roi ne amendée parut plus ad public révêtu de ces couleurs attrayantes *^tée°.^" que l'opposition lui avoit données , quand elle Tavoit présenté pout* «nbarrasser le gouvernement. M. Burke 6 mai. proposa dans un comité une économie annuelle de 73,368 livres sterling; mais dans la chambre on accueil- i3 «^ i4 lit froidement sa proposition , et oiit l'adjura même, à ^" * la seconde lecture du bill , de défeîidre cette mesure contre le reproche de différer essentiellement de la proposition primordiale , après qu'on avoit fait espérer au public que les réformes économiques alloient être pour lui une moisson d'or, et que rien ne seroit à l'avenir capable d'entraver sa liberté , une fois que l'influence de la couronne auroit été restreinte. M. Bbi^ke répondit qu'il n'avoit négligé de régler le budget de la maison du roi par un contrat que parcequ'une semblable mesure étoit générdement impopulaire, et qu'il n^avoit abandonné les règlements relatifs à la principauté de Galles que parcequ'une (action avoit appris au peuple à ne les considérer en quelque sorte qu'avec horreur. Quoiqu'il n'eût pas entièrement renoncé aux réductions qu'il étoit possible d'effectuer dans le département de l'artillerie , il les avoit cependant ajournées, attendu qu'à la tête de ce département se trouvoit un noble personnage dont le patriotisme et le désintéressement rendoient toute réductioo superflue ; et comme les directeurs de la banque

4aa HISTOmS ^'▲MOLETEr.RE.

i^efusoient de remplir les engagements conttâctés par la ,

monnoie» il navoit pas pu régler encore les affaires re*

latives à cette dernière. Il avoit aussi laissé subsister ks

charges de trésorier et de garde de.s cofi&es delamaisoii

du roi, parceque ceux qui enétoient revêtus portaient

des baguettes blanches » et que leur suppr^sioa aaroit

paru une atteinte à la splendeur et à la di^ilé de la coîq*

ronne; et s'il n avoit pas étendn les^ réformes aux docMs

de Cornouailles et de Lancastre^ c'étoit pareequ'on pou*

voit élever à leur é^rd les même» réclamjBtio^ns qua

1 égard de la principauté de Galles» De pareilles raisons

furent jugées si frivoles, que même le colonel Barré et

M. Powys témoi^^rent qu'ils a en étoient pas entière*

ment satisfaits^ et le bill passa silencieusement dans k

chambre , sans rencontrer d'opposition , maie aussi sans

recevoir d'applaudissements.

a mai. Un second message de sa majesté appela latteiicioa

rombîe le ^^ parlement sur le déficit de la liste civHe, qiû s'élevoit

déficit de à 996,000 livres sterling; et les communes, après avoir

civile^ voté cette somme, hypothéquèrent, pour le paiement

des intérêts, les éconoÀiies qui dévoient être le fruit dn

bill de réforme. Dans la chambre des lords on attaqua

vivement ce système, par lec^l on lioit atnsi Tune à

Tantre deux opérations distinctes et séparées, et on le

r^résenta comme une violation manifeste de la cou*-

tume établie depuis 1702 ; coutume qui ne permettent

d'adopter aucun bill réglementaire renfermant que^Qe

clause pour une concession de subsides. En vain le lord

chancelier et lord Loughborough mirent une très grande

habileté à défendre cette doctrine , la dbanduie proMHiçt

une décision contraire à leur manJèns de voir ( i ).

(1) La divisioii doniia une majorité de 44 voix eôtttte 9.

GftORGES m. 4^^

On promit encore y durant la session, quelques autres 25 juin règlements économiques , mais aucun ne fut établi. Le ^^ |^" ppoçureur-géncral , M. Renyon , présenta une motion Kcnyon. (on remarquable, dont l'objet et oit de réunir dans le trésor royal les comptes balancés qui se trou voient entre les mains de différents fonctionnaires chargés d'effectuer les paiements; il demandoit aussi dans sa proposir tion c»*igine]le que. ces fonctionnaires fussent tenus de payer les intérêts des sommes qui se trouveroient entre leurs mains. Mais M. Fox observa judicieusement que, si le gouvernement en agissoit ainsi, il se mettroit, à 1 égard des fonctionnaires qu'il employoit , dans la si^ tuation où un pupille se trouve à Tégard de ses^ tuteurs. « £n effet, dit-il, s'il est nécessaire que l'argent con- « fié aux tuteurs porte intérêt, il ne doit pas en être « de même de celui qui se trouve entre les mains des « payeurs du gouvernement : car vouloir que cet argent « porte intérêt , c'est autoriser les payeurs à le placer, « et, par conséquent, exposer le public à des pertes. » On demanda cependant ensuite l'adoption de quelques unes des mesures proposées par M. Kenyon , mais cette demande fut rejetée après une discussion assez vive, et le nouveau ministère n'obtint pas dans cette drcon* stancelamajorité (i }. On youlut aussi appeler l'attention du parlement sur la liste, des pensions , et lui faire rejeter une pension de xaille livres sterling conférée à lord Loughborough ; mais toutes ces tentatives furent vaines.

Pendant que l'administration fe'occupoit ainsi de 0°/'*^règlements domestiques pour remplir les espérances rétablis-

(i) 127 voix contre 11 6.

Jigitized

4^4 HrSTOIRB D'ANGDf:TERRC.

lement qu'elle avoit fait naître, elle travailloh avec une ardeur

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